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Présent
et
avenir
de
la
Cidip
Les Matieres du Ressort de la Cidip |
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LES MATIERES DU RESSORT
DE LA CIDIP
(Observations formulées par Diego
P. Fernández Arroyo, invité spécial de l’OEA)*
Une
fois défini le “problème de base et fondamental” et accepté
le principe de la continuité de la CIDIP et proposé un mécanisme
général pour la détermination des points à traiter, il convient
d’identifier les questions qu’il pourrait être intéressant de
réglementer à l’échelle interaméricaine. À mon avis, il y aurait
trois groupes de questions prioritaires:
A.
Celui des questions de caractère “patrimonial”
1.
Les questions de caractère “patrimonial” (en
général, mais
pas exclusivement) commerciales témoignent de l’impact des nouveaux
paramètres créés par les phénomènes liés à la mondialisation
et à l’intégration régionale et sous-régionale. Les deux points
qui ont le plus retenu l’attention de la CIDIP-VI (garanties
mobilières et documentation uniforme pour le transport) et celui
qui a eu le plus fort impact sur la CIDIP-V (contrats) s’inscrivent
dans ce cadre. D’une façon
générale, je pense qu’avec l’avènement de la
ZLEA, ces
questions prendront beaucoup plus d’importance, dans la mesure
où les questions de droit privé liées à l’intégration économique
régionale nécessiteront un flux adéquat de règlements et que
nul ne peut mieux convenir à cet égard que celui de la CIDIP
(ou de l’organe qui la remplacera pour l’améliorer).
D’ailleurs,
rien n’empêche de réviser ou de compléter certaines conventions
interaméricaines adoptées par la CIDIP, pour tenir compte de
l’évolution de la scène internationale et de l’expérience acquise
depuis lors. La convention sur les contrats de la CIDIP-V (connue
sous le nom de “Convention de Mexico”) a laissé de côté certaines
questions très importantes qui, sans être strictement
commerciales,
apparaissent de plus en plus à l’échelle internationale par
suite de la mondialisation des marchés, comme les contrats conclus
par les consommateurs, les contrats individuels de travail,
etc. Il paraît en outre évident que pour ces questions comme
pour d’autres, il devient indispensable de disposer de normes
concrètes (normes directes et non pas les classiques “normes
de conflit”) de protection pour les parties au contrat qui son
notoirement “faibles”. Songeons par exemple aux droits du travail
et aux droits sociaux des travailleurs frontaliers et des travailleurs
des entreprises d’exportation “maquiladoras” de la frontière
nord du Mexique, situation qui se répète dans d’autres endroits
de la région. À
cet égard, la CIDIP pourrait définir un seuil “minimum” de protection
que les États membres ou les systèmes d’intégration sous-régionaux
pourrait ou non dépasser.
Outre
ces questions, il existe une multitude de thèmes, commerciaux
ou non, d’une grande importance, dont la réglementation par
la CIDIP pourrait représenter un progrès important pour les
Amériques. Pour n’en mentionner qu’une parmi les questions strictement
commerciales, on peut tenir compte des problèmes de la faillite
internationale ou, si l’on préfère, des problèmes de DIPr que
peut entraîner la faillite. Hors de ce contexte, il faudrait
songer à l’éventuelle élaboration d’une réglementation pour
d’autres aspects de la responsabilité extracontractuelle, en
dehors de celui de la pollution transfrontière traité dans la
CIDIP VI.
B.
Celui des questions liées aux mineurs et à la famille
2.
Comme vous le savez, la CIDIP a effectué un travail très
important sur ces questions. Toutefois, l’actualité semble montrer
que pour certaines des conventions adoptées, il y aurait lieu
de procéder à une actualisation et à des améliorations, au moyen
du mécanisme jugé le plus approprié (protocole additionnel,
nouvelle convention, etc.) Par exemple, La Convention sur la
restitution internationale des mineurs de la CIDIP IV pourrait
être complétée par l’approbation de règles de procédure établissant
une procédure spécifique concrète (avec délais, recours,
effets,
etc.) afin de permettre la restitution du mineur.
Mais en plus de cela, il y a des questions qui peuvent
nécessiter une réglementation et qui n’ont pas encore été abordées
par la CIDIP, comme les effets du mariage, la séparation judiciaire
et le divorce, la protection des mineurs en général, ou les
couples non mariés. Il
faut tenir compte de toutes ces questions qui peuvent être traitées
du point de vue de tous les aspects du DIPr, c’est-à-dire pas
seulement selon l’approche traditionnelle des questions du droit
applicable (“conflit de lois” dans la terminologie
classique)
mais aussi du point de vue, beaucoup plus important et utile
à mon avis, des questions de “procédure” (juridiction et reconnaissance)
et de coopération.
C.
Celui des questions liées à la coopération juridique
internationale
Je
veux parler ici de la coopération entre autorités judiciaires
et administratives, au sens le plus large, c’est-à-dire y compris
la reconnaissance et l’exécution de décisions et la juridiction
internationale pour les questions de droit privé. C’est l’autre
groupe de questions sur lesquelles la CIDIP devrait avoir une
influence à l’avenir. Premièrement, il y a une large marge de
manœuvre dans l’élaboration de règles de compétence, de reconnaissance
et de coopération, dans les questions que la CIDIP a traitées
exclusivement du point du vue du droit applicable.
Deuxièmement,
il y a des questions où il peut être compliqué de se mettre
d’accord sur les règles de droit applicables (conflictuelles
ou de fond), mais où il peut être plus facile d’établir des
règles de juridiction internationale satisfaisantes pour tous
(par exemple, en ce qui concerne les “parties faibles” à un
contrat mentionnées précédemment, ou certains domaines de responsabilité
extracontractuelle). Troisièmement,
la Convention sur l’efficacité territoriale de la CIDIP II s’est
révélée très peu satisfaisante; à mon avis, le moment est venu
d’élaborer un système de reconnaissance et d’exécution de décisions
judiciaires matériellement le plus large possible. En
particulier,
il est difficile d’imaginer une zone de libre échange comme
celle de la ZLEA où ne soit pas garantie la libre circulation
de résolutions judiciaires — c’est-à-dire leur reconnaissance
sans difficulté — du moins, de celles qui ont un contenu patrimonial.
Les idées ébauchées ici sont développées dans ma
contribution au Liber Amicorum Jürgen Samtleben,
récemment paru.
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