12/5/2008
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Action contre les mines antipersonnel

 

Rapports

 

VINGT-SEPTIEME SESSION ORDINAIRE

1er juin 1997
Lima (Pérou)

OEA/Ser.P
AG/doc.3465/97
25 avril 1997
Original: espagnol

RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL SUR L'APPUI
AU PROGRAMME DE DEMINAGE EN AMERIQUE CENTRALE

(Point 51 de l'ordre du jour)

En 1996, pendant la vingt-sixième Session ordinaire de l'Assemblée générale réunie à Panama, les Etats membres de l'Organisation ont adopté la résolution AG/RES. 1413 (XXVI-O/96) par laquelle ils ont décidé d'appeler une nouvelle fois les Etats membres, les Observateurs permanents près l'OEA, ainsi que la communauté internationale, à continuer de prêter leur coopération et leur appui financier à l'Organisation des Etats Américains et aux pays centraméricains dans le cadre des efforts accomplis pour achever leurs programmes de déminage; de prier le Secrétaire général de continuer à fournir, dans la mesure du possible, l'appui nécessaires aux pays centraméricains pour qu'ils puissent leurs programme de déminage et pour assurer la coordination, la supervision et l'administration de ces programmes. Ils ont aussi demandé au Secrétaire général de soumettre un rapport sur l'application de cette résolution à la vingt-septième Session ordinaire de l'Assemblée générale.

Le Programme d'assistance au déminage en Amérique centrale (PADCA) a été lancé en 1991, suite à une requête d'assistance soumise par les pays de la région touchés par les mines antipersonnel. Depuis mai 1995, il incombe à l'Unité pour la promotion de la démocratie (UPD) du Secrétariat général de l'OEA, d'assurer la coordination et la supervision du programme. Au nombre de ces responsabilités, figure d'un côté celle de veiller à ce que toutes les composantes de Programme (système d'évacuation et de soins médicaux d'urgence, équipement, nourriture, frais, assurances, etc.) soient disponibles dans le lieu indiqué et accessibles avant la mise en route des opérations de déminage proprement dit. D'autre part, il appartient aussi à l'UPD de rechercher les fonds requis auprès de la communauté internationale pour l'exécution du Programme, de les gérer de manière souple et rationnelle, conformément aux normes de l'Organisation et aux engagements pris avec les donneurs et de soumettre des rapports périodiques sur l'utilisation qui en aura été faite.

Il revient à l'Organisation interaméricaine de défense (JID) de choisir et de constituer l'équipe internationale d'experts en déminage, de prêter des services consultatifs et d'assurer la supervision technique de l'équipement et de l'entraînement des pelotons de sapeurs ainsi que les opérations de déminage proprement dites, de veiller à la logistique, de vérifier et de certifier que sont appliquées le méthodes les plus adéquates et les plus sûres. L'équipe internationale d'experts militaires (vingt environ) se trouve stationnée dans la ville de Danlí, Honduras, à 140 kms. de Tegucigalpa, siège et base centrale de coordination technique de la Mission internationale d'assistance pour l'enlèvement des mines en Amérique centrale (MARMINCA). C'est de là que sont répartis et supervisés les experts militaires qui aident et supervisent les opérations de déminage au Honduras, au Nicaragua et au Costa Rica.

Le Programme compte avec l'appui du Brésil, de la Colombie, des Etats-Unis et du Venezuela qui apportent leurs contributions en fait d'experts militaires en déminage, en sus d'équipement de protection, de détection et de destruction, sans coûts pour le PADCA. El Salvador et l'Argentine (Casques blancs) prêtent aussi leur collaboration.

Pour la mise en route du PADCA, ont été reçues des contributions de pays observateurs et donneurs comme l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Angleterre, le Japon et la Suède.

Pour leur part, les pays concernés ont effectué une contribution extrêmement importante à chacun des projets en envoyant des sapeurs nationaux qui accomplissent une tâche longue et ardue de déminage. En fonction de leur disponibilité, ils apportent aussi des contributions en ressources matérielles et financières et mettent à profit leurs connaissances et leur expérience du terrain.

Les efforts de coordination et de collaboration ont été déployés sous des formes diverses avec les Gouvernements nicaraguayen, hondurien et costaricien, sans qu'ait jamais été perdue de vue la volonté de les aider à acquérir des capacités nationales durables pour le déminage de leurs territoires. Dans ce contexte, l'UPD a participé à plusieurs réunions et forums sur le problème de déminage, pour faire connaître les progrès du programme et ses besoins financiers. C'est ainsi qu'en mai 1996, sur la demande des pays touchés, il a été organisé au siège à l'intention des représentants des pays donneurs éventuels. En juin, il s'est tenu une conférence régionale sur les mines terrestres sous le patronage de la Croix-Rouge à Managua, et en août, se sont déroulées des conférences au Honduras et au Nicaragua conjointement avec les représentants de la communauté internationale. En septembre, il s'est tenu une table ronde internationale sur "Le problème des mines terrestres dans la perspective de la politique du développement", qui a été patronnée par la Fondation allemande pour le développement international. En octobre de la même année, sur l'invitation du Gouvernement canadien, il s'est déroulé à Ottawa une réunion internationale sous la rubrique: "Les mines terrestres dans le continent: le rôle de l'OEA. En avril et en novembre 1996 et en janvier 1997, au cours de réunions officieuses, des exposés sur les avancées du programme devant la Commission sur la sécurité continentale.

Durant 1996, les projets de déminage au Costa Rica, au Honduras et au Nicaragua se sont poursuivis avec succès, et des modules opérationnels de six mois chacun ont été mis en place. Ces modules permettent un examen périodique et la définition des objectifs du projet dans le temps et dans l'espace, ainsi que l'adaptation des ressources existantes aux besoins spécifiques de chaque pays, ce qui contribue à la coordination, à la gestion et à la recherche de financement auprès de la communauté internationale. Le stade d'avancement du programme dans chaque pays est décrit ci-après:

Costa Rica. Les préparatifs, l'équipement et la formation pour le module I ont commencé en mai 1996 le long de la frontière avec le Nicaragua entre les agglomérations de Chiles et Boca de San Carlos. En réponse à une requête du Gouvernement costaricien tendant à l'augmentation de la force de son corps de génie, le personnel international a formé une équipe additionnelle de vingt techniciens pour arriver à un montant global de 44 sapeurs costariciens qui travaillent sous la supervision de trois membres de l'équipe internationale. Les opérations menées de déminage au titre du module I ont commencé en octobre 1996 et il est prévu qu'elles se poursuivront avec quatre autres modules pour une période approximative de deux ans.

Honduras. Les opérations de déminage au Honduras qui ont débuté en septembre 1995 se sont poursuivies sans interruption et ont employé une compagnie de 120 officiers de génie et 13 superviseurs internationaux venus de la Colombie, du Brésil, du Venezuela et des Etats-Unis. En dépit de conditions climatiques difficiles, de la végétation, du terrain et de l'absence de dossiers indiquant la localisation précise des champs de mines, la mission a remporté un succès considérable. Au titre du module I, 150 km linéaires de frontière avec le Nicaragua ont été déminés, ce qui a permis la remise en état de 350 hectares de terres agricoles. Plus de 1 100 mines terrestres dans la zone ont été détruites, ainsi que d'autres types de matériels de guerre et de munitions inactives liés au conflit qui s'est produit dans la zone. Au cours d'une cérémonie officielle tenue le 23 mai 1996 à Jamastrán Brigade 110, à laquelle le Président du Honduras, M. Carlos Roberto Reina, a participé, les officiels honduriens ont officiellement remis les zones déminées aux autorités locales. Chaque module comprenait une campagne intensive de sensibilisation et d'éducation visant à alerter la population aux dangers des mines antipersonnel.

Il est prévu que si le volume actuel de collaboration internationale continue, les opérations de déminage au Honduras seront achevées d'ici à la fin de 1998.

Nicaragua. En mai 1996, à la demande du Gouvernement du Nicaragua, la présence internationale qui, en raison de l'épuisement des ressources, avait dû suspendre ses activités en 1993, les a reprises. Au titre du module I, les membres de l'équipe OEA/OID ont supervisé une troisième inspection du périmètre de la centrale hydroélectrique centraméricaine, près de Jinotega, pour valider et certifier les résultats du déminage conduit par l'Armée nicaraguayenne. Cette validation était nécessaire pour la mise en route d'une étude de faisabilité de l'agrandissement de la centrale avec l'appui de la communauté internationale. Le module I a également servi de modèle pour l'élaboration des plans du Nicaragua concernant l'exécution des projets de déminage au titre des modules II, III, IV et V. Ces modules seront financés par des contributions de la Suède et des Etats-Unis. En mars 1997, le module II a débuté ses travaux avec le déminage des tours de haute tension, des ponts, des stations relais électriques et des agglomérations de la zone de Juigalpa. 76 sapeurs ont reçu l'équipement requis et bénéficié de la formation pertinente. Bien qu'il y ait encore 90 000 mines au Nicaragua, les opérations visant à les enlever seront, selon les prévisions, achevées d'ici à l'an 2000.

Guatemala. Le projet de déminage au Guatemala est un élargissement du programme d'assistance de l'OEA. En 1992, le Gouvernement guatémaltèque a demandé que l'OEA inclue le Guatemala dans son programme, mais la mise en oeuvre de cette proposition fut conditionnée à la conclusion des accords de paix. A la suite de la signature de ces accords et des visites techniques de l'OEA/OID, notamment la plus récente visite en novembre 1996, un "Projet de déminage" a été mis au point et soumis pour examen au Gouvernement guatémaltèque et à des donneurs éventuels.

La proposition faite ayant reçu l'assentiment du Gouvernement, il a été planifié une visite technique au Guatemala au début d'avril 1997 en vue de la programmation détaillée des activités visant la mise en route du programme de déminage dans ce pays.

 

 
 

 

 


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