RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL SUR L'APPUI
AU PROGRAMME DE DEMINAGE EN AMERIQUE CENTRALE
(Point 51 de l'ordre du jour)
En 1996, pendant la vingt-sixième Session ordinaire de l'Assemblée
générale réunie à Panama, les Etats membres de l'Organisation ont adopté la
résolution AG/RES. 1413 (XXVI-O/96) par laquelle ils ont décidé d'appeler une nouvelle
fois les Etats membres, les Observateurs permanents près l'OEA, ainsi que la communauté
internationale, à continuer de prêter leur coopération et leur appui financier à
l'Organisation des Etats Américains et aux pays centraméricains dans le cadre des
efforts accomplis pour achever leurs programmes de déminage; de prier le Secrétaire
général de continuer à fournir, dans la mesure du possible, l'appui nécessaires aux
pays centraméricains pour qu'ils puissent leurs programme de déminage et pour assurer la
coordination, la supervision et l'administration de ces programmes. Ils ont aussi demandé
au Secrétaire général de soumettre un rapport sur l'application de cette résolution à
la vingt-septième Session ordinaire de l'Assemblée générale.
Le Programme d'assistance au déminage en Amérique centrale (PADCA) a
été lancé en 1991, suite à une requête d'assistance soumise par les pays de la
région touchés par les mines antipersonnel. Depuis mai 1995, il incombe à l'Unité pour
la promotion de la démocratie (UPD) du Secrétariat général de l'OEA, d'assurer la
coordination et la supervision du programme. Au nombre de ces responsabilités, figure
d'un côté celle de veiller à ce que toutes les composantes de Programme (système
d'évacuation et de soins médicaux d'urgence, équipement, nourriture, frais, assurances,
etc.) soient disponibles dans le lieu indiqué et accessibles avant la mise en route des
opérations de déminage proprement dit. D'autre part, il appartient aussi à l'UPD de
rechercher les fonds requis auprès de la communauté internationale pour l'exécution du
Programme, de les gérer de manière souple et rationnelle, conformément aux normes de
l'Organisation et aux engagements pris avec les donneurs et de soumettre des rapports
périodiques sur l'utilisation qui en aura été faite.
Il revient à l'Organisation interaméricaine de défense (JID) de
choisir et de constituer l'équipe internationale d'experts en déminage, de prêter des
services consultatifs et d'assurer la supervision technique de l'équipement et de
l'entraînement des pelotons de sapeurs ainsi que les opérations de déminage proprement
dites, de veiller à la logistique, de vérifier et de certifier que sont appliquées le
méthodes les plus adéquates et les plus sûres. L'équipe internationale d'experts
militaires (vingt environ) se trouve stationnée dans la ville de Danlí, Honduras, à 140
kms. de Tegucigalpa, siège et base centrale de coordination technique de la Mission
internationale d'assistance pour l'enlèvement des mines en Amérique centrale (MARMINCA).
C'est de là que sont répartis et supervisés les experts militaires qui aident et
supervisent les opérations de déminage au Honduras, au Nicaragua et au Costa Rica.
Le Programme compte avec l'appui du Brésil, de la Colombie, des
Etats-Unis et du Venezuela qui apportent leurs contributions en fait d'experts militaires
en déminage, en sus d'équipement de protection, de détection et de destruction, sans
coûts pour le PADCA. El Salvador et l'Argentine (Casques blancs) prêtent aussi leur
collaboration.
Pour la mise en route du PADCA, ont été reçues des contributions de
pays observateurs et donneurs comme l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Angleterre, le
Japon et la Suède.
Pour leur part, les pays concernés ont effectué une contribution
extrêmement importante à chacun des projets en envoyant des sapeurs nationaux qui
accomplissent une tâche longue et ardue de déminage. En fonction de leur disponibilité,
ils apportent aussi des contributions en ressources matérielles et financières et
mettent à profit leurs connaissances et leur expérience du terrain.
Les efforts de coordination et de collaboration ont été déployés
sous des formes diverses avec les Gouvernements nicaraguayen, hondurien et costaricien,
sans qu'ait jamais été perdue de vue la volonté de les aider à acquérir des
capacités nationales durables pour le déminage de leurs territoires. Dans ce contexte,
l'UPD a participé à plusieurs réunions et forums sur le problème de déminage, pour
faire connaître les progrès du programme et ses besoins financiers. C'est ainsi qu'en
mai 1996, sur la demande des pays touchés, il a été organisé au siège à l'intention
des représentants des pays donneurs éventuels. En juin, il s'est tenu une conférence
régionale sur les mines terrestres sous le patronage de la Croix-Rouge à Managua, et en
août, se sont déroulées des conférences au Honduras et au Nicaragua conjointement avec
les représentants de la communauté internationale. En septembre, il s'est tenu une table
ronde internationale sur "Le problème des mines terrestres dans la perspective de la
politique du développement", qui a été patronnée par la Fondation allemande pour
le développement international. En octobre de la même année, sur l'invitation du
Gouvernement canadien, il s'est déroulé à Ottawa une réunion internationale sous la
rubrique: "Les mines terrestres dans le continent: le rôle de l'OEA. En avril et en
novembre 1996 et en janvier 1997, au cours de réunions officieuses, des exposés sur les
avancées du programme devant la Commission sur la sécurité continentale.
Durant 1996, les projets de déminage au Costa Rica, au Honduras et au
Nicaragua se sont poursuivis avec succès, et des modules opérationnels de six mois
chacun ont été mis en place. Ces modules permettent un examen périodique et la
définition des objectifs du projet dans le temps et dans l'espace, ainsi que l'adaptation
des ressources existantes aux besoins spécifiques de chaque pays, ce qui contribue à la
coordination, à la gestion et à la recherche de financement auprès de la communauté
internationale. Le stade d'avancement du programme dans chaque pays est décrit ci-après:
Costa Rica. Les préparatifs, l'équipement et la formation pour
le module I ont commencé en mai 1996 le long de la frontière avec le Nicaragua entre les
agglomérations de Chiles et Boca de San Carlos. En réponse à une requête du
Gouvernement costaricien tendant à l'augmentation de la force de son corps de génie, le
personnel international a formé une équipe additionnelle de vingt techniciens pour
arriver à un montant global de 44 sapeurs costariciens qui travaillent sous la
supervision de trois membres de l'équipe internationale. Les opérations menées de
déminage au titre du module I ont commencé en octobre 1996 et il est prévu qu'elles se
poursuivront avec quatre autres modules pour une période approximative de deux ans.
Honduras. Les opérations de déminage au Honduras qui ont
débuté en septembre 1995 se sont poursuivies sans interruption et ont employé une
compagnie de 120 officiers de génie et 13 superviseurs internationaux venus de la
Colombie, du Brésil, du Venezuela et des Etats-Unis. En dépit de conditions climatiques
difficiles, de la végétation, du terrain et de l'absence de dossiers indiquant la
localisation précise des champs de mines, la mission a remporté un succès
considérable. Au titre du module I, 150 km linéaires de frontière avec le Nicaragua ont
été déminés, ce qui a permis la remise en état de 350 hectares de terres agricoles.
Plus de 1 100 mines terrestres dans la zone ont été détruites, ainsi que d'autres types
de matériels de guerre et de munitions inactives liés au conflit qui s'est produit dans
la zone. Au cours d'une cérémonie officielle tenue le 23 mai 1996 à Jamastrán Brigade
110, à laquelle le Président du Honduras, M. Carlos Roberto Reina, a participé, les
officiels honduriens ont officiellement remis les zones déminées aux autorités locales.
Chaque module comprenait une campagne intensive de sensibilisation et d'éducation visant
à alerter la population aux dangers des mines antipersonnel.
Il est prévu que si le volume actuel de collaboration internationale
continue, les opérations de déminage au Honduras seront achevées d'ici à la fin de
1998.
Nicaragua. En mai 1996, à la demande du Gouvernement du
Nicaragua, la présence internationale qui, en raison de l'épuisement des ressources,
avait dû suspendre ses activités en 1993, les a reprises. Au titre du module I, les
membres de l'équipe OEA/OID ont supervisé une troisième inspection du périmètre de la
centrale hydroélectrique centraméricaine, près de Jinotega, pour valider et certifier
les résultats du déminage conduit par l'Armée nicaraguayenne. Cette validation était
nécessaire pour la mise en route d'une étude de faisabilité de l'agrandissement de la
centrale avec l'appui de la communauté internationale. Le module I a également servi de
modèle pour l'élaboration des plans du Nicaragua concernant l'exécution des projets de
déminage au titre des modules II, III, IV et V. Ces modules seront financés par des
contributions de la Suède et des Etats-Unis. En mars 1997, le module II a débuté ses
travaux avec le déminage des tours de haute tension, des ponts, des stations relais
électriques et des agglomérations de la zone de Juigalpa. 76 sapeurs ont reçu
l'équipement requis et bénéficié de la formation pertinente. Bien qu'il y ait encore
90 000 mines au Nicaragua, les opérations visant à les enlever seront, selon les
prévisions, achevées d'ici à l'an 2000.
Guatemala. Le projet de déminage au Guatemala est un
élargissement du programme d'assistance de l'OEA. En 1992, le Gouvernement
guatémaltèque a demandé que l'OEA inclue le Guatemala dans son programme, mais la mise
en oeuvre de cette proposition fut conditionnée à la conclusion des accords de paix. A
la suite de la signature de ces accords et des visites techniques de l'OEA/OID, notamment
la plus récente visite en novembre 1996, un "Projet de déminage" a été mis
au point et soumis pour examen au Gouvernement guatémaltèque et à des donneurs
éventuels.
La proposition faite ayant reçu l'assentiment du Gouvernement, il a
été planifié une visite technique au Guatemala au début d'avril 1997 en vue de la
programmation détaillée des activités visant la mise en route du programme de déminage
dans ce pays.