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OEA/Ser.G
CP/doc.3567/02
3 avril 2002
Original: anglais
PREMIER RAPPORT INTÉRIMAIRE
RELATIF À LA MISE EN ŒUVRE DE LA RÉSOLUTION CP/RES. 806 (1303/02)
ADOPTÉE PAR LE
CONSEIL PERMANENT SUR LA SITUATION EN HAÏTI
PREMIER RAPPORT INTÉRIMAIRE
RELATIF À LA MISE EN ŒUVRE DE LA
RÉSOLUTION CP/RES. 806 (1303/02)
ADOPTÉE PAR LE CONSEIL PERMANENT SUR LA SITUATION EN HAÏTI
INTRODUCTION
Le Conseil permanent
de l’Organisation des États Américains s’est réuni le 16 janvier 2002 en
session extraordinaire pour examiner la question concernant la détérioration de
la situation de la sécurité et le cycle de violence en Haïti, à la suite d’une
attaque armée contre le Palais national à Port-au-Prince survenue dans les premières heures du 17
décembre 2001.
Les États membres ont
exprimé de profondes préoccupations au sujet de l’effondrement de la loi et de
l’ordre dans le pays et ils ont réaffirmé expressément, catégoriquement et
unanimement que la négociation était la seule voie permettant d’aboutir à une
solution pacifique de la crise découlant des élections législatives,
municipales et locales peu concluantes de mai 2000.
Le Conseil permanent a
adopté la résolution CP/RES. 806 (1303/02) intitulée: “La situation en Haïti” qui accordait un nouveau mandat au Secrétaire général de
l’Organisation. La résolution a pour
objet de créer des conditions propices pour les négociations. Les passages
essentiels de celle-ci prescrivent ce qui suit:
§
La réalisation
d’une enquête approfondie, indépendante sur les événements liés au 17 décembre 2001;
§
L’octroi de
réparations aux organisations et individus qui ont subi des dommages comme résultat
direct des actes de violence perpétrés à cette
date;
§
L’établissement
d’une Mission de l’OEA en vue de renforcer la démocratie en Haïti.
Le Secrétaire général et le Secrétaire général adjoint
de l’ OEA ont oeuvré de concert avec
les États membres, et notamment avec la CARICOM et le Groupe d’amis d’Haïti pour l’exécution du mandat du Conseil
permanent. Ils ont également obtenu un concours financier crucial et des
assurances de soutien de nombre de ces États, Observateurs permanents,
organisations internationales et
institutions financières multinationales.
Le présent rapport est présenté en exécution d’une
disposition de la Résolution CP/RES. 806 prescrivant au Secrétaire général de
remettre un rapport intérimaire au Conseil permanent sur la mise en œuvre de
la résolution.
CONSULTATIONS AU SIÈGE
À la suite de l’adoption par le Conseil permanent de
la Résolution 806, le Secrétaire général et le
Secrétaire général adjoint de l’OEA ont entamé des négociations avec les
représentants du Groupe d’amis, l’
Ambassadeur d’Haïti auprès de l’OEA et le Président Aristide au sujet de
l’application des dispositions de la résolution. À ce propos, le Secrétariat
général de l’OEA a invité des représentants de la Convergence démocratique à se
rendre à Washington du 31 janvier au 1er février 2002, aux fins de s’entretenir avec des responsables de
l’OEA. La délégation de la Convergence
démocratique se composait de Victor Benoit, Paul Denis et José Nicolas,
lesquels se sont réunis avec le Secrétaire général, le Secrétaire général
adjoint et le Secrétaire exécutif de la
Commission interaméricaine des droits de l’homme.
La délégation s’est déclarée particulièrement
préoccupée par la montée de la violence et la détérioration générale des
conditions de sécurité dans le pays. Elle a fait état des dommages causés à la
propriété et autres préjudices subis par les dirigeants de l’opposition à la
suite des actes de violence perpétrés le 17 décembre 2001 et dans les jours
suivants.
Les membres de la délégation ont été informés des
délibérations auxquelles cette question a donné lieu au sein du Conseil
permanent de l’Organisation et des
dispositions de la Résolution 806 susceptibles de créer une dynamique qui
déboucherait sur une solution positive de la crise, à savoir:
§
Il incombait au
premier chef au Gouvernement d’Haïti de mener une enquête indépendante
impartiale, objective et ouverte tout en respectant la souveraineté et les
institutions haïtiennes.
§
Le versement de
réparations à toutes les victimes, y compris les familles des policiers qui ont perdu la vie dans l’attaque contre
le Palais national.
§
La reprise
des négociations en vue d’aboutir à une
solution de la crise par consentement mutuel.
§
La mise en place
de la Mission spéciale en vue de contribuer à renforcer la démocratie et
les institutions démocratiques d’Haïti.
On a fait valoir à la délégation que l’OEA ne
cherchait pas à susciter de nouveaux problèmes ni à exercer des pressions par le biais de l’enquête ou de la Mission
spéciale, mais qu’elle visait plutôt à aider l’Etat haïtien à s’acquitter de
ses obligations.
Le Secrétariat a tenu
des consultations simultanément au siège avec l’Ambassadeur d’Haïti auprès de
l’OEA, Raymond Valcin, au sujet des dispositions relatives à la constitution
d’une Commission d’enquête, d’un Conseil sur les réparations, et au sujet des
questions administratives et politiques
liées à la mise en place de la Mission spéciale en Haïti.
LES CHEFS DE GOUVERNEMENT DE LA CARICOM
La CARICOM, dont le
États membres sont profondément affectés par la crise haïtienne, a envoyé une
Mission spéciale en Haïti, du 28 au 31 janvier 2002, dirigée par Son Excellence Monsieur. Julian R. Hunte,
Ministre des affaires extérieures de
Sainte-Lucie. La visite avait
pour objet d’évaluer la situation et de
faire rapport sur ses conclusions à la Treizième réunion intersessions de la Conférence des Chefs de gouvernement
de la CARICOM.
À cette réunion, tenue
au Belize du 4 au 5 février 2002, les dirigeants ont pris connaissance du
rapport de la Mission spéciale et ont adopté notamment les initiatives
ci-dessous:
§
Demander
l’établissement d’une Commission d’enquête internationale indépendante sur les événements du 17 décembre 2001;
§
Exhorter la
communauté internationale à débloquer les fonds destinés à Haïti à la lumière
de l’évaluation par la CARICOM de la dynamique politique dans ce pays;
§
Entériner les
dispositions de la résolution CP/RES. 806,
invitant la Commission interaméricaine des droits de l’homme à effectuer
une visite sur le terrain en Haïti;
§
Inviter les
partis politiques d’Haïti à renouer les négociations et à signer un accord
visant à mettre fin à l’impasse politique.
Le Secrétaire général Gaviria a participé au Sommet de
la CARICOM et des pays d’Amérique centrale qui a fait suite à la Conférence des
Chefs de gouvernement de la CARICOM le 5 février 2002, et en invoquant
les dispositions du paragraphe 8 de la résolution 806, a saisi l’occasion pour
se concerter avec les dirigeants de la
CARICOM sur la situation en
Haïti.
PROPOSITION DE MISSION
La résolution CP/RES.
806 (1303/02) du 16 janvier 2002, a chargé le
Secrétaire général:
D’épauler
le Gouvernement d’Haïti dans son intérêt et sa volonté de travailler
conjointement avec la communauté internationale pour trouver une solution à la
présente crise politique en établissant une Mission de l’OEA en vertu des
dispositions de la résolution AG/RES.
1831 (XXX-O1/01) de l’Assemblée générale de l’OEA, laquelle accomplira sa tâche
dans l’esprit de la Charte de l’OEA et de la Charte démocratique
interaméricaine.
Le 12 février 2002, le Secrétaire
général a présenté au Groupe d’amis un document intitulé Mission spéciale de l’OEA pour le renforcement de la démocratie en
Haïti. Ce document décrit la
démarche initialement envisagée par le Secrétariat général de l’OEA au sujet du
mandat et des activités de la Mission spéciale. Il ne s’agissait pas d’une démarche exhaustive conçue pour
répondre à la gamme complète des besoins et intérêts multiples d’Haïti mais elle constitue le point de
départ de l’appel lancé par le Secrétaire général en vue du financement de la
Mission.
Le document énonce les
antécédents et les suites des efforts déployés par l’OEA pour résoudre, par le
dialogue et la négociation, la crise politique actuelle en Haïti. Le document prévoit un effectif de 15 cadres
techniques et un personnel de soutien approprié pour administrer les programmes
comportant quatre éléments - Sécurité, Justice, Droits de la personne et
conduite des affaires publiques. Les
buts et objectifs de chaque composante sont énoncés aux pages 16 à 20 du
document jointes en Annexe 1 au présent rapport.
POURSUITE DES CONSULTATIONS AVEC LA CARICOM
Le Secrétaire général
adjoint a quitté Washington D.C. le 23 février 2002 pour se rendre en Haïti. Il
était accompagné de son chef de cabinet, Sandra Honoré et de son Conseiller Denneth Modeste. Ce
même soir, ils se sont réunis à Miami avec une délégation de la CARICOM
composée de l’Honorable Julian R. Hunte, Ministre des affaires étrangères de
Sainte-Lucie, de M. Edwin Carrington, Secrétaire général de la CARICOM et de Mme
Charmaine Atkinson-Jordan, en vue de poursuivre les consultations et la
collaboration avec Haïti.
L’Ambassadeur Einaudi
a fait savoir à la CARICOM que l’objective de cette visite en Haïti n’était pas
de reprendre les négociations politiques, mais de négocier un accord cadre avec les autorités haïtiennes au sujet de la
Mission spéciale et d’obtenir un accord sur les attributions de la Commission
d’enquête et une Commission sur les réparations. Il a ajouté qu’en adoptant
cette approche, il commencerait le processus visant à créer un climat propre à
la tenue de négociations.
La délégation de la
CARICOM a été d’avis que la politique de la communauté internationale vis-à-vis
d’Haïti était inconsistante et contre-productive lorsqu’elle retenait l’aide;
néanmoins, la délégation a été d’accord avec l’OEA qu’une enquête sur les
incidents du 17 décembre était indispensable. La délégation de la CARICOM a mis
l’accent sur le caractère international et indépendant de la Commission
d’enquête.
Les deux délégations
ont fait une analyse des activités à mener pendant les prochains mois et ont
mis au point un calendrier appelé à servir de point de référence. L’accent a
été mis sur l’enquête, le déploiement de la Mission spéciale et la reprise des
négociations.
VISITE EN
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Suite aux
consultations menées avec la CARICOM, le Secrétaire général adjoint s’est rendu
en République dominicaine (qui partage l’île d’Hispaniola avec Haïti), où il
devait prononcer, le 26 mars 2002, une conférence à la Pontifica Universidad
Católica Madre y Maestra sur la
“Charte démocratique interaméricaine et le rôle de l’Organisation des Etats
Américains dans le règlement des conflits politiques”.
Le Secrétaire général
adjoint a saisi l’occasion de sa présence en République dominicaine pour être
mis au courant par le Président Hipólito Mejía, le Vice-président Milagros
Ortiz Bosch et le Ministre des affaires étrangères Hugo Tolentino, des initiatives bilatérales en cours entre les
deux gouvernements. Il a aussi discuté avec les dirigeants dominicains des
travaux entrepris par l’Organisation, conformément à la résolution 806. Le
Secrétaire général adjoint a pu vérifier parmi les dirigeants de la République
dominicaine un appui déterminé à la résolution sur la crise haïtienne, ainsi
qu’une ferme disposition à épauler les efforts déployés par l’OEA en ce qui
concerne la République voisine.
COLLABORATION AVEC LE