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OEA/Ser.G
CP/doc.3683/03
22 janvier 2003
Original: anglais/français
DEUXIÈME RAPPORT DU SECRÉTAIRE
GÉNÉRAL À L’INTENTION
DU
CONSEIL PERMANENT SUR LA MISE EN ŒUVRE DE LA
RÉSOLUTION
CP/RES. 822 “APPUI AU RENFORCEMENT
DE LA
DÉMOCRATIE EN HAÏTI”
4 novembre 2002 – 4 janvier 2003
ORGANISATION
DES ÉTATS AMÉRICAINS
Washington,
D. C.
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT
Washington, D.C., le 21 janvier
2003
Excellence,
En
exécution du paragraphe 14 du dispositif de la résolution CP/RES. 822 “Appui au
renforcement de la démocratie en Haïti” et suite au rapport verbal que j’ai
présenté au Conseil permanent le 16 courant, j’ai l’honneur de vous transmettre
le “Deuxième rapport du Secrétaire général à l’intention du Conseil permanent
sur la mise en œuvre de la résolution CP/RES. 822” et de vous demander d’avoir
l’obligeance de faire parvenir ce rapport aux membres du Conseil.
Je
vous prie d’agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération
Luigi
R. Einaudi
Secrétaire
général adjoint
chargé
du Secrétariat général
Son Excellence M. Arturo Romeo DUARTE ORTIZ
Ambassadeur, Représentant permanent du Guatemala
près l’OEA
Président du Conseil permanent
Washington, D.C.
TABLE DES MATIÈRES
Page
Lettre
de transmission................................................................................................................. iii
Formation
du Conseil électoral provisoire 2
Développements
politiques........................................................................................................... 3
Climat
en matière de sécurité....................................................................................................... 5
Rôle de
la Police......................................................................................................................... 7
Désarmement............................................................................................................................. 7
Réparations................................................................................................................................. 7
Poursuites
judiciaires relative aux événements du 17 décembre...................................................... 8
Délits à
motivation politique.......................................................................................................... 8
Développements
en matière des droits de l’homme........................................................................ 9
La
communauté internationale...................................................................................................... 9
La
Mission spéciale................................................................................................................... 10
Conclusion................................................................................................................................ 11
Annexes................................................................................................................................... 13
Annexe I Termes de référence pour l’assistance
technique dispersée par la Mission spéciale de l’OEA au Gouvernement d’Haïti,
le 15 novembre................................... 15
Annexe II Déclaration du Président Aristide sur
le désarmement, l’impunité, les permis de ports d’armes, la limitation aux
armes de poing établie pour les fonctionnaires municipaux, etc., en date du
14 novembre 2002................................................................. 27
Annexe III. Déclaration de plusieurs institutions
haïtiennes à propos de la situation en Haïti:
a. Déclaration de Vertières, en date du 17 novembre 2002............... 31
b. Déclaration du secteur privé des affaires. “Non à
l’intolérable” en date du 23 novembre 2002 33
c. Communiqué de presse de la Conférence
épiscopale d’Haïti, en date du 29 novembre 2002 37
d. Déclaration de la Fédération
protestante...................................... 41
e. Communiqué du Sommet des forces
politiques de l’opposition, en date du 15 décembre 2002 45
f. Déclaration conjointe de 184
institutions, associations et organisations, en date du 26 décembre 2002 49
g. Communiqué des forces politiques de
l’opposition........................ 57
RÉSUMÉ ET INTRODUCTION
Ce deuxième rapport du Secrétaire
général est présenté au Conseil permanent, en exécution du paragraphe 14 de la
résolution CP/822 du 4 septembre 2002. Il porte sur la période s’étendant du 4
novembre 2002 au 3 janvier 2003.
Si, le 4 septembre 2002, les perspectives de
progrès dans le domaine politique et électoral étaient devenues prometteuses
depuis peu et si, le 4 novembre, ces perspectives restaient favorables, nous devons dire que, à la date du 4 janvier
2003, la situation a dégénéré. Les différences se sont creusées, les positions
se sont durcies, la polarisation s’est accentuée et intensifiée. Les problèmes
de sécurité et ceux liés aux droits de la personne suscitent de plus en plus
d’inquiétudes. La tension sociale a augmenté. Le panorama économique et
financier est sinistre et les souffrances de la population haïtienne ont
atteint un degré manifestement inacceptable. La possibilité d’organiser des
élections démocratiques en 2003, conformément aux dispositions de la résolution
822, a considérablement diminué.
L’espoir, qui subsistait encore
le 4 novembre, que le délai de courte durée demandé par les organisations de la
société civile permettrait aux parties de trouver un moyen d’avancer vers la
formation d’un Conseil électoral provisoire, ne s’est pas concrétisé. Comme l’a
dit le Secrétaire général adjoint au Conseil permanent, le 9 décembre:
“Monsieur le président, je
regrette profondément de devoir dire que depuis le 4 septembre, le Gouvernement
haïtien n’a pas déployé les efforts suffisants pour convaincre les institutions
concernées de désigner leurs représentants. La résolution 822 n’exige pas que
toutes les obligations qu’elle contient aient été satisfaites avant le mois de
novembre. Mais l’accomplissement de progrès significatifs est essentiel, les
paroles ne suffisent pas.
… Dans l’intervalle, certains
secteurs ont profité de l’inaction du Gouvernement pour changer de cap, passant
de la formation du CEP en tant que préalable des élections à la mobilisation de
la population pour renverser le Gouvernement…”
Un mois plus tard, la déclaration
du Secrétaire général adjoint est toujours valable dans son intégralité. [1]/
L’incapacité à former le CEP en
temps opportun s’est avérée coûteuse, car la focalisation sur le CEP et la
préparation des élections en 2003 pendant la période couverte par ce rapport
ont été reléguées au second plan par la rapide progression de la contestation
politique, avec des voix parmi les opposants du Président qui réclament le
départ de celui-ci auxquelles répondent de ferventes expressions de soutien des
partisans de la Fanmi Lavalas et des “organisations populaires” en faveur d’un
mandat présidentiel complet (c’est-à-dire jusqu’en février 2006). Cette
polarisation a amené des actes de violence et des morts. Les voix de la
modération, qui appuient le centre démocratique sur la base de la résolution
822, ont éprouvé de plus en plus de difficultés à se faire entendre.
Il est évident, et ce n’est pas
surprenant, que le mécontentement et la frustration ont augmenté dans tous les
secteurs de la population, qu’ils soient en faveur du Gouvernement ou de
l’opposition ou qu’ils soient normalement apolitiques – étant donné la crise
prolongée qui touche tous les aspects de la vie en Haïti. Nous devons espérer
que cette énergie pourra continuer à être canaliser dans des directions
positives, en particulier vers la tenue d’élections démocratiques, ce qui aplanira
les obstacles à la reprise du développement politique,
économique et social du pays.
La communauté internationale,
qu’il s’agisse des États membres de l’OEA ou des Observateurs permanents, tout
en exprimant leur soutien moral à la Mission spéciale, ont versé, depuis le 4
septembre, des contributions qui s’élèvent à près de EU$ 1.025.000 (EU$1
million provient du Gouvernement des États-Unis, $20.000 du Gouvernement du
Brésil et $5.000 du Saint-Siège) pour le travail, considérablement étendu, que
réalise la Mission en Haïti[2]/. Cependant, dans la
demande officielle que le Secrétaire général a adressé aux États membres et aux
Observateurs permanents en novembre 2002 et qui a été distribuée par la suite
sous la cote CP/doc. 3680/02, il indiquait que le montant net des besoins
initiaux de la Mission spéciale était de l’ordre de 12 millions de dollars et
que les besoins concernant les élections et la sécurité, qui n’ont pas encore
été évalués complètement, majoreront considérablement ce chiffre. En fait, à la
date du 4 janvier, des sommes qui avaient été proposées auparavant ne nous sont
pas encore parvenues. Dans le même temps, plusieurs États ont demandé avec
insistance à la Mission de jouer un rôle plus actif et de fournir un soutien
rapide et substantiel dans le domaine de la sécurité ainsi que dans d’autres
domaines. Mais il faut savoir que, conformément au régime financier de l’OEA,
aucun engagement ne peut être pris, pas même ceux concernant les contrats du
personnel, avant que les fonds nécessaires n’aient été reçus par l’OEA.
Le paragraphe 11 de la résolution
822 donne le feu vert politique aux institutions financières internationales et
les autorise à renforcer leurs actions en Haïti, en fonction des ressources
techniques et financières dont elles disposent. Ce processus est en cours et un
certain nombre de visites et de discussions ont eu lieu, mais pendant la
période que couvre le présent rapport, elles n’ont débouché sur rien de concret
pour une série de raisons, aussi bien haïtiennes qu’internationales.
FORMATION DU CONSEIL ÉLECTORAL
PROVISOIRE (CEP)
La formation du CEP est cruciale
pour la tenue des élections en Haïti. Aux termes de la résolution 822, ce
Conseil devait être composé de personnes désignées par neuf institutions
sélectionnées d’un commun accord au cours des négociations politiques qui se
sont déroulées avant l’été 2002. Les développements antérieurs figurent dans le
premier rapport.
Fin octobre 2002, cinq des
institutions (la Conférence épiscopale d’Haïti, la Fédération protestante
d’Haïti, l’Église épiscopale d’Haïti, la Commission Justice et Paix et la
Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti) ont adressé une requête au
Président afin qu’il demande à l’OEA, par le truchement de la Mission spéciale,
une assistance technique propre à assurer la sécurité des élections et à mettre
en œuvre les mesures de désarmement. Par une lettre, en date du 29 octobre,
adressée au Chef de la Mission spéciale, le Premier Ministre a demandé une
assistance technique à l’OEA dans les domaines suivants : la
professionnalisation de la Police, la justice, les droits de la personne, la
bonne gouvernance, les élections (y compris la sécurité des élections) et le
désarmement. Le Chef de la Mission spéciale a accepté de fournir une assistance
technique à Haïti dans tous ces domaines.
Le 4 novembre, date butoir
établie par la résolution 822 pour la formation du CEP, les cinq institutions
susmentionnées ont fait savoir dans une lettre adressée au Président qu’elles
avaient choisi leurs représentants et ont réaffirmé leur engagement envers
le processus électoral. Ces institutions
ont indiqué que, parmi les domaines pour lesquels le Premier Ministre avait
demandé une assistance technique, elles étaient particulièrement intéressées
par la professionnalisation de la Police, la sécurité des élections et le
désarmement. Elles ont demandé quinze jours supplémentaires (à compter du
4 novembre) pour préparer les termes de référence dans ces trois domaines
et tenir des consultations à ce sujet avec les partis politiques et des
institutions de la société civile
Le 15 novembre, les termes de
référence dans le domaine des élections, de la sécurité des élections, de la
professionnalisation de la Police et du désarmement, établis conjointement par
la Mission spéciale et le Gouvernement d’Haïti,
ont été approuvés officiellement par le Chef de la Mission spéciale et
le Premier Ministre. Ces documents ont été remis aux cinq institutions et aux
partis politiques, puis ils ont été rendus publics par le Gouvernement. Une
copie de ces documents figure à l’Annexe 1. Dans le même temps, le Président a
fait une déclaration (Annexe 2) qui rappelait à toutes les institutions de
l’État leurs responsabilités dans le désarmement et dans la lutte contre
l’impunité et à tous les citoyens et aux compagnies de sécurité privées les
lois et les limitations relatives au port d’armes. Il remémorait aux
parlementaires et aux élus locaux que, pour assurer leur sécurité personnelle,
il n’avait droit qu’à des armes de poing.
Deux jours après les événements
du 17 novembre qui ont donné naissance à la Déclaration de Vertières (voir plus
loin), soit le 19 novembre, les cinq entités ont de nouveau adressé une lettre
au Président de la République où elles lui ont fait savoir que, sur la base de
sa récente Déclaration et de la signature des termes de références par la
Mission spéciale et par le Premier Ministre, elles avaient décidé de présenter
le nom de leurs représentants au CEP. Cependant, les entités ont établi comme
condition à remplir pour que leurs représentants prêtent serment que la
question des réparations soit réglée et elles y ont ajouté un certain nombre
d’éléments dont le degré d’accomplissement pourrait avoir une incidence sur la
continuation de la participation de leurs représentants au CEP, notamment les
poursuites contre les personnes impliquées dans les actes violents du 17
décembre 2001 et la mise en œuvre des termes de référence (en particulier ceux
concernant la sécurité).
Par une lettre en date du 6
décembre, le Premier Ministre a communiqué à la Mission spéciale les noms des
représentants du Gouvernement qui seraient membres des commissions mixtes dans
les quatre domaines mentionnés ci-dessus. Mais, à cette date, la formation du
CEP avait été ouvertement mise sur la
touche par les événements politiques, notamment les manifestations de rues
contre le Président. Les cinq entités n’ont plus manifesté publiquement leurs
intentions. C’est pourquoi il est bon de passer aux développements qui se sont
produits sur la scène politique.
DÉVELOPPEMENTS
POLITIQUES
Début novembre, une compagne bien orchestrée ayant
pour objectif de forcer le Président à démissionner a commencé. Le 17 novembre,
des dizaines de milliers de personnes ont marché depuis Le Cap-Haïtien (la
deuxième ville d’Haïti) jusqu’à Vertières, qui se trouve à proximité (c’est
l’endroit où a eu lieu, en 1803, la bataille décisive de la guerre pour
l’indépendance d’Haïti). Ils ont émis la DÉCLARATION DE VERTIÈRES
(Annexe 3(a))[3]/ qui lance un appel à
l’unité de tous les secteurs démocratiques, demande de surseoir à la formation
du CEP et une mobilisation générale pour le départ du pouvoir du Président Jean
Bertrand Aristide. La déclaration et le nombre de personnes ayant participé au
rassemblement ont stimulé les forces de l’opposition qui sont descendues dans
la rue pour des protestations de masse dans différentes régions du pays les
semaines suivantes.
Le 22 novembre, les membres d’une “organisation
populaire” qui milite en faveur du Gouvernement a pratiquement paralysé la
capitale haïtienne, en plaçant dans toute la ville, aux points stratégiques,
des barricades enflammées sans que la Police n’intervienne. Ces incidents et
les coups de feu tirés contre des étudiants le 20 novembre (voir la section sur
le climat en matière de sécurité ), ont provoqué de fortes réactions en Haïti
et au niveau international. La Mission spéciale a émis un communiqué le 25
novembre. Le secteur privé a réagi en publiant une déclaration rédigée en
termes bien sentis, intitulée “NON À L’INTOLÉRABLE”, dans laquelle il
déplore ce qu’il appelle l’initiative intolérable et inacceptable “de bloquer
le pays et la vie nationale par l’instauration d’un climat de terreur”. Le
document, qui figure à l’Annexe 3 (b), donnait la liste de ses griefs et demandait au Gouvernement
de corriger la situation.
Alarmée par la détérioration du climat de sécurité
dans le pays, l’Église catholique a émis un “Communiqué des évêques d’Haïti au
peuple haïtien et à la communauté internationale”, le 29 novembre (Annexe
3 (c)). Ce document critique le recours à la violence, les représailles et
l’agression réciproque en tant qu’instruments du discours politique et lance un
appel au dialogue et à la consultation pour régler les différends. Il est
significatif que le document mentionnait, comme thème de discussion, la durée
du mandat présidentiel. Le même jour, la Fédération protestante a, elle aussi,
émit une déclaration où elle déplorait la tournure des événements et lançait un
appel à la réflexion, au compromis et à la coopération. Elle se trouve à
l’Annexe 3 (d).
Les démonstrations aussi bien en faveur que contre
le Gouvernement ont continué dans plusieurs régions du pays pendant toute la
première semaine de décembre. Les groupes de l’opposition ont convoqué une
manifestation massive à Port-au-Prince, le 3 décembre, date du premier
anniversaire de l’assassinat du journaliste Brignol Lindor, à Petit-Goâve.
Mais, les groupes pro-lavalas ont dispersé les manifestants en les attaquant
dès leur arrivée sur les lieux avec des fouets, des bâtons et des pierres. La
présence de la Police a été décrite comme peu effective. Les porte-parole de
l’opposition ont signalé que quelques 52 personnes avaient été blessées;
l’opposition a convoqué une grève de 24 heures, le 4 décembre, qui a reçu
l’appui de la Chambre de commerce et d’industrie. S’il est vrai que la plupart
de grosses entreprises n’ont pas travaillé,
les transports en commun ont circulé, le secteur informel et de
nombreuses écoles sont restés ouverts pendant la grève.
La deuxième semaine de décembre, les
manifestations ont continué dans d’autres régions du pays. Le 15 décembre, une
alliance composée de la Convergence démocratique, d’autres partis politiques et
d’un certain nombre de personnalités politiques a émis une résolution intitulé “SOMMET
DES FORCES POLITIQUES DE L’OPPOSITION”. Ce document qui figure à l’Annexe 3
(e) demande le départ sans violence du Président et propose un mécanisme pour
l’instauration d’un gouvernement de transition avec un programme en quatre
points propre “à assurer la stabilité politique d’Haïti et garantir le retour
effectif à l’ordre constitutionnel”.
Le 17 décembre, la Convergence démocratique a
commémoré le premier anniversaire des événements du 17 décembre 2001 avec une
manifestation qui s’est tenue au siège de cette entité, à Port-au-Prince. Une
foule estimée, selon des sources diverses, entre 200 et 1 000 personnes y a
assisté. Les dirigeants ont accusé le Gouvernement et ont réclamé à nouveau le
départ du Président.
Du 21 décembre au 8 janvier, le Gouvernement a
ordonné une trêve des manifestations pendant toute la période des fêtes. Il
faut signaler que la pénurie des carburants de toute nature (déclenchée par la
diminution dramatique des importations vénézuéliennes traditionnelles) a causé
de graves inconvénients. L’augmentation considérable des prix décrétée par le
Gouvernement après la reprise des importations a contribué, elle aussi, à
l’agitation, qui s’est poursuivie en janvier.
Cent quatre-vingt-quatre institutions,
associations et organisations de la société civile ont émis une déclaration
conjointe le 26 décembre 2002 (Annexe 3 (f)). Elles lancent un appel pour la
discussion d’un contrat social et établissent sept conditions à mettre en place
avant de s’engager dans le processus électoral: (a) la liberté d’association,
de réunion et d’expression; (b) le démantèlement et le désarmement des groupes
armés; (c) la mise en mouvement de l’action publique contre les assassins de
Jean Dominique et de Brignol Lindor; (d) la libération de tous les prisonniers politiques
et de tous ceux ayant bénéficié d’une décision de justice en leur faveur; (e)
la cessation des déclarations publiques suscitant la haine et la violence; (f)
la sécurité des journalistes et des autres citoyens qui ont reçu des menaces;
et (g) la mise en exécution des termes de référence établis par la Mission
spéciale de l’OEA et le Gouvernement. Ces institutions ont fixé au 15 janvier
le délai accordé au Gouvernement pour satisfaire ou commencer à satisfaire
leurs demandes.
Le 1er janvier, le “SOMMET DES
FORCES POLITIQUES DE L’OPPOSITION” a émis une deuxième déclaration (Annexe
3 (g)) dans laquelle ces forces politiques affirment que le Président Aristide
est le principal obstacle à l’établissement d’une république démocratique en
Haïti. Elles proclament également dans cette déclaration qu’elles ne
reconnaîtront aucun acte ou engagement du Gouvernement du Président Aristide
qui, à leur yeux, violerait la constitution ou les lois haïtiennes, porterait
atteinte à l’intérêt suprême de la nation ou du peuple haïtiens et créerait des
obligations pour Haïti sur la scène internationale ou devant le peuple haïtien.
CLIMAT EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ
Le climat de sécurité s’est détérioré pendant la
période couverte par ce rapport, sous l’impulsion des actions contre le
Gouvernement et des réactions des groupes sympathisants du Gouvernement. Le
Premier Ministre, face à l’accroissement de la violence, a lancé un
avertissement à la population, la mettant en garde contre les provocations qui
pourraient déboucher sur une guerre civile. Le Président et l’OEA ont lancé des
appels au calme pendant la dernière semaine de novembre, de même que l’Église
catholique et la Fédération protestante.
Le 20 novembre, la Police a ouvert le feu sur des
étudiants de Petit-Goâve, blessant 9 d’entre eux. Le blocage de Port-au-Prince,
le 22 novembre, mentionné plus haut, et les actes de violence perpétrés contre
les manifestants de l’opposition le 3 décembre nous ont fait constaté, avec une
inquiétude croissante, que les libertés de mouvement et d’expression étaient
menacées.
Pendant la journée de protestations et de
contre-protestations du 28 novembre, dans des circonstances qui ne sont pas
encore très claires, le juge de paix de Belladère, Christophe Lozama, membre de
la Fanmi Lavalas, a été tué par balle à Lascahobas. La Fanmi Lavalas a accusé
les partisans de l’opposition de l’assassinat de Lozama et la communauté
internationale de ne pas accorder l’attention qu’il méritait à cet assassinat.
Le 10 décembre, une douzaine d’hommes masqués, lourdement armés, ont attaqué le
commissariat de police de Lascahobas, se sont saisis des armes des policiers et
ont libéré quatre détenus, dont deux seraient impliqués, semble-t-il, dans
l’assassinat du juge de paix, le 28 novembre.
Les attaquants ont également tué quatre personnes, dont deux étaient des
militants connus de la Fanmi Lavalas, et brûlé une voiture de police avant de
s’enfuir vers la République dominicaine. Un rapport préliminaire d’une
organisation des droits de l’homme déclare qu’il n’y avait pas de policiers au
commissariat au moment de l’attaque.
Le siège du parti Mouvement pour le développement
national (MDN) et des entrepôts voisins ont été incendiés le 7 décembre. La
Police a confirmé qu’il s’agissait d’un incendie criminel. Le dirigeant du
parti, Hubert de Ronceray, a accusé les sympathisants de la Fanmi Lavalas, qui,
a-t-il dit, avaient menacé de réduire les locaux en cendre. En revanche, les
premiers rapports de police laissent entendre que ce sont des membres du MDN
qui sont soupçonnés d’être les auteurs du délit. Le sénateur Dany Toussaint a
dénoncé une tentative d’assassinat contre lui, à Pétionville, cette nuit-là. Il
en a attribué la responsabilité au Secrétaire d’État à la sécurité publique et
à la Police nationale, affirmant que les policiers qui lui servaient de gardes
du corps avaient été mutés le jour de l’attentat.
Le 20 décembre, le Ministre de la communication a
publié une déclaration annonçant que cinquante anciens militaires, lourdement
armés, avaient hissé le drapeau duvaliériste et terrorisaient la population à
Pernale, sur le Plateau central. Ces hommes étaient accusés d’avoir perpétré
l’attaque du 10 décembre à Lascahobas. Bien que les dirigeants de l’opposition
se soient montrés sceptiques à propos de l’existence de ce groupe, Radio
Métropole a interviewé des membres présumés de la bande qui proclamaient que
leur but était de forcer le Président Aristide à démissionner et de rétablir
l’armée. Le 21 décembre, une unité spécialisée de la Police nationale a pris le
village d’assaut à coups de grenades. Quatre hommes ont été arrêtés et dix
maisons ont partiellement brûlé.
Il faut dire quelques mots sur l’évolution de la
situation aux Gonaïves. Nous rappellerons que Les Gonaïves est la ville où
s’est produite, le 2 août, une évasion
massive de détenus lorsque des partisans d’Amiot Métayer (accusé par la
Commission d’enquête de l’OEA d’implication dans les incidents du 17 décembre
2001) ont pris d’assaut la prison et l’ont libéré en même temps que 158 autres
détenus, dont Jean Tatoune, autre dirigeant local d’une “organisation populaire”
musclée. Depuis sa libération, Métayer semble circuler tout-à-fait ouvertement
aux alentours des Gonaïves. Lui et ses partisans (la dénommée “armée cannibale”)
exercent un contrôle de fait sur la plus grande partie de la ville, harcèlent
la Police nationale, empêchent les marches organisées par les groupes de la
société civile et intimident les journalistes. En fait, la Déléguée du
Gouvernement, sur son insistance, a donné sa démission et le Président a nommé
rapidement une autre personne pour la remplacer. Le 26 novembre, des heurts se
sont produits aux Gonaïves entre des sympathisants pro et anti-gouvernementaux
qui se sont soldés par plusieurs blessés par balles. Le même jour, des membres
de la Mission de l’OEA, qui se trouvaient dans un véhicule banalisé, ont essuyé
des coups de feu de la part d’individus non identifiés qui fouillaient les
véhicules à la recherche d’armes dans une zone généralement contrôlée par des
groupes anti-gouvernementaux. Personne n’a été blessé. La déclaration de la
Mission à propos de l’incident est postée sur le site web de l’OEA. Pendant le
week-end du 29 novembre au 1er décembre, la presse locale a fait
état de l’assassinat, aux Gonaïves, d’un membre de l’“armée cannibale”, présumé
appartenir au groupe de Jean Tatoune, qui soutient actuellement l’opposition.
Cet assassinat a déclenché des actes de vengeance de la part de l’“armée
cannibale” qui se sont soldés par au moins trois morts et une vingtaine de maisons
incendiées. Les porte-paroles du
Gouvernement ont fait savoir clairement que la Police nationale ne serait pas
envoyée pour contrôler la situation aux Gonaïves, alléguant la force des
organisations locales lourdement armées et la crainte qu’un bain de sang ne se
produise. Certains ont exprimé leur scepticisme quant aux motifs du
Gouvernement.
LE RÔLE DE LA POLICE NATIONALE
Le rôle de la police nationale a été inégal. À
certaines occasions, par exemple lors de la manifestation de l’opposition, le 17
novembre, au Cap, la Police a reçu visiblement les ordres qu’il fallait et elle
s’est comportée avec efficacité et de manière exemplaire. Malheureusement, dans
d’autres cas, comme à Petit-Goâve, le 20 novembre et à Port-au-Prince le 22
novembre (voir ci-dessus), son comportement a été soit activement inadéquat
soit inexcusablement passif. Apparemment elle n’a reçu aucun ordre concernant
le rétablissement de l’ordre aux Gonaïves. Il faut admettre que c’est une
situation complexe, il n’en demeure pas moins que la « Ville de
l’Indépendance » (c’est là qu’a été proclamée l’indépendance d’Haïti), qui
est un port, pas très éloigné de la capitale, n’a pas, tout simplement, de gouvernance normale. Il existe également
un problème important sur le Plateau central et dans la région avoisinant la
frontière dominicaine. À ce que l’on prétend, des problèmes de drogue seraient
mêlés aux incidents de Lascahobas et des Gonaïves.
Il est clair que la Police nationale ne dispose
pas de policiers en nombre suffisant, même si l’affectation, au deuxième
trimestre 2003, des recrues de la 14ème
promotion dont la formation vient juste de se terminer, sera d’un grand
secours. À cet égard, il est urgent de former à nouveau et de perfectionner les
compétences professionnelles des cadres de la Police nationale et la Mission
est prête à fournir une assistance technique dans ce domaine, si les ressources
le lui permettent. La Police nationale doit être dotée d’un règlement intérieur
clair et transparent (c’est-à-dire diffusé au public) pour tout ce qui concerne
l’ordre public, y compris les manifestations et les blocages des rues.
LE DÉSARMEMENT
Dans son rapport du 4 novembre sur la mise en
œuvre de la résolution 822, le Gouvernement a mentionné la saisie d’un certain
nombre d’armes. La Mission de l’OEA a proposé de vérifier ces armes et soit de
les détruire soit de s’en défaire publiquement d’une autre manière, par
exemple, en les transférant officiellement à la Police nationale. Les
discussions à ce sujet continuent.
Le rapport préparé par la Mission de l’OEA sur le
séminaire consacré au désarmement qui s’est tenu pendant la période couverte
par le rapport précédent est terminé et en cours d’impression en vue de sa
distribution au public et de son utilisation par la Commission mixte Gouvernement-Mission
sur le désarmement.
LES RÉPARATIONS
Il est extrêmement regrettable que plus d’un an
après que ces violations graves des droits de la personne aient été commises,
cette affaire n’est toujours pas réglée. La Mission spéciale et d’autres
organismes ont vivement recommandé, à maintes reprises, au Gouvernement de
mettre la dernière main à tous les aspects concernant cette question, y compris
les réparations en faveur des victimes qui ne sont pas membres d’un parti
politique, dont les réclamations, pour beaucoup d’entre elles, n’ont pas encore
été examinées vraiment. Ces derniers temps, c’est vrai, le Gouvernement a été
plus diligent dans ses négociations avec les partis politiques. Cependant, à la
fin de la période couverte par ce rapport, un accord n’était toujours pas
intervenu avec l’OPL ni avec le MOCHRENHA. Le Gouvernement haïtien doit en
finir avec les affaires qui concernent les partis politiques de la Convergence
démocratique et mettre au point, rapidement, un mécanisme afin de régler
objectivement le problème avec toutes les autres victimes, individuelles ou
institutionnelles.
POURSUITES JUDICIAIRES RELATIVES AUX ÉVÉNEMENTS DU 17 DÉCEMBRE
Dans l’ensemble, dans le pays tout entier,
l’enquête sur ces incidents est entachée de vices de forme et les lacunes
graves et les retards sont nombreux. Aucune inculpation définitive n’a encore
été prononcée jusqu’à présent. Selon les informations dont dispose la Mission,
six personnes ont été appréhendées depuis le début de l’enquête judiciaire, dont
deux après le 4 novembre, toutes dans la juridiction de Port-au-Prince, y
compris deux conseillers municipaux de la Fanmi Lavalas, poursuivis pour
l’incendie criminel du siège de l’Alliance pour la libération et l’avancement
d’Haïti (ALAH), et de la résidence du principal dirigeant de ce parti
politique, Reynold Georges. Dans le rapport de la Commission d’enquête, plus de
vingt individus ont été désignées par les victimes, les témoins et d’autres
sources en rapport avec les actes de violence du 17 décembre, dans tout le
pays. Quelques-un à peine ont été interrogés par les différents juges
d’instruction du pays. La plupart d’entre eux, dit-on, sont soit des membres de
la Fanmi Lavalas soit des fonctionnaires du Gouvernement.
En outre, aucune enquête judiciaire n’a été
ouverte sur le rôle apparemment passif des forces de police pendant les
événements du 17 décembre 2001, lequel va à l’encontre de son devoir de
« protection» de la sécurité publique. Aucun membre de la Police nationale
haïtienne n’a été poursuivi, accusé ou destitué, bien qu’un important rapport
interne ait été préparé par l’Inspecteur général. On n’a pas dit non plus au
public comment serait renforcée la PNH
afin de mieux remplir sa mission à l’avenir.
LES CRIMES À MOTIVATION POLITIQUE
Les affaires relatives aux assassinats de Jean
Dominique et de Jean-Claude Louissaint piétinent, sans avoir été éclaircies.
Bien que le juge chargé de l’enquête, Bernard St-Vil ait prévu de terminer
l’instruction de ces affaires avant la fin de l’année 2002, selon le premier
rapport du Gouvernement sur la mise en œuvre de la résolution 822, la Mission
spéciale a été incapable de certifier que des progrès avaient été réalisés
pendant la période couverte par ce rapport.
Comme il a été dit dans le rapport précédent, les
représentants de Brignol Lindor ont fait appel contre le rapport d’accusation
du juge d’instruction. Selon les informations communiquées à la Mission
spéciale par les avocats de Lindor, la cour d’appel a fixé l’audition de
l’affaire au 16 janvier 2003. Il s’agit d’un développement positif, même s’il
peut s’écouler un temps considérable avant que l’appel. ne soit tranché.
Toutefois sur les dix personnes contre lesquelles des accusations avaient été
portées, deux seulement ont été appréhendées à ce jour. Qui plus est, le 25
décembre, Michèle Montas, Directrice de Radio Haïti Inter et épouse de Jean
Dominique, le journaliste assassiné, a été attaquée par des hommes armés non
identifiés à son domicile qui ont tiré sur elle ; elle n’a pas été blessée,
mais son garde du corps, Maxime Séide a été tué. La Mission spéciale l’a
rencontrée le 26 décembre et a publié un communiqué le lendemain (voir le site
web de l’OEA).
Enfin, la Mission n’a aucune preuve concrète que,
depuis l’adoption de la résolution 822, une action ait été intentée à propos
des affaires passées de violations graves des droits de la personne mentionnées
sur une liste transmise au Ministère de la justice, le 17 juin 2002.
DÉVELOPPEMENT EN MATIÈRE DE DROITS DE L’HOMME
Il est certainement clair à présent que la
situation en matière de droits de l’homme s’est dégradée au cours de la période
couverte par ce rapport (voir également la section “Climat en matière de
sécurité”).
L’exécution sommaire de trois jeunes gens d’une
même famille, le 8 décembre, à Carrefour, dans l’agglomération de
Port-au-Prince, perpétrée apparemment par la police locale, suite à une
querelle motivée par la jalousie, met en lumière la détérioration radicale de
la discipline et du respect des droits au sein des forces de police. Les
assassinats de Gérard Kawholy, homme d’affaire très en vue, le 6 décembre, et
d’Eric Pierre, étudiant en médecine, dans les premiers jours de janvier,
suscitent de nombreuses questions.
Outre l’assassinat du garde du corps de la
journaliste radiophonique, Michèle Montas, mentionné ci-dessus, d’autres
attaques ont été commises contre la presse, et entre autres, l’incendie
criminel de Radio Étincelle, perpétrée par des partisans du Gouvernement, le 17
novembre, aux Gonaïves et les menaces proférées contre sept journalistes des
Gonaïves, qui ont dû se mettre à couvert. On a rapporté également que des
forces pro-gouvernementales étaient impliquées dans les menaces proférées
contre Radio Maxima, au Cap, et dans l’attaque perpétrée contre cette station.
Par ailleurs, des journalistes des chaînes de télévision pro-gouvernementales
Télévision Nationale d’Haïti et Télé Timoun ont été malmenés par des
manifestants de l’opposition en décembre.
Dans le même temps, les avocats de Rosemond Jean,
dirigeant de la coordination des victimes de la crise des coopératives, ont été
incapables d’obtenir une audition à propos de la demande d’habeas corpus formée
en faveur de leur client, qui est toujours en prison, tout comme l’ancien président, le général Prosper Avril,
malgré le fait que, le 22 octobre, la Cour d’appel ait ordonné sa libération.
Le problème des disparitions continue à être préoccupant.
La Commission interaméricaine des droits de
l’homme a été saisie de plusieurs autres affaires concernant des mesures
conservatoires requises par des Haïtiens conformément au Système interaméricain
des droits de l’homme. Ces affaires étaient en cours d’examen à la fin de la
période couverte par ce rapport.
LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
À plusieurs reprises, des voix au sein du
Gouvernement ont accusé la communauté internationale de maintenir les “sanctions”
contre Haïti et de manquer à ses engagements de prendre des mesures concrètes
pour normaliser les relations d’Haïti avec la communauté des donateurs,
conformément aux résolutions de l’OEA.
Le 9 décembre 2003, la Banque Mondiale a convoqué une réunion du Groupe
de contact sur Haïti, qui a rassemblé les bailleurs de fonds s‘intéressant à
Haïti afin d’examiner la situation économique et politique du pays. Ils se sont
dits prêts à aider Haïti à résoudre ses difficultés mais qu’il était
nécessaire, pour qu’ils puissent prendre des engagements concrets, que la
partie haïtienne prenne des décisions capitales. Les bailleurs de fonds ont
également convenu qu’il fallait continuer à mettre en application la résolution
822 de l’Organisation des États Américains, adoptée en septembre 2002, afin de
remettre Haïti sur la voie d’élections fiables en 2003.
La communauté internationale a souligné une fois
de plus le type de mesures concrètes qui
doivent être prises pour mettre en œuvre les résolutions 806 et 822. Outre le règlement des réparations, ces
mesures, qui pourraient faciliter la sortie de la crise, sont: (a)
l’arrestation des personnes impliquées dans les actes de violence du 17
décembre 2001; (b) les mesures concernant le désarmement, par exemple des
groupes armés; (c) la mise en œuvre des termes de référence établis
conjointement par la Mission de l’OEA et le Gouvernement; et (d) la poursuite
des enquêtes relatives aux assassinats à motivation politique. La conclusion
d’un accord avec les institutions financières internationales inspirerait
confiance dans les pouvoirs publics, réduirait la forte instabilité de
l’économie et, de ce fait, contribuerait à la sortie de la crise.
Le Groupe des amis du Secrétaire général pour
Haïti, et en particulier ceux de Port-au-Prince, ont continué à tenir des
réunions régulières afin de se consulter sur l’évolution de la situation et
dispenser des conseils et de l’assistance à la Mission spéciale.
LA MISSION SPÉCIALE
La Mission spéciale a eu des entretiens, à
plusieurs reprises, avec le Président Aristide, le Premier Ministre, Yvon
Neptune, le Ministre des affaires étrangères, Joseph Philippe Antonio, le
Ministre de la Justice, Calixte Delatour, le Secrétaire d’État à la sécurité
publique, Jean Gérard Dubreuil et avec le Directeur de la Police nationale,
entre autres, pour discuter de la mise en œuvre des résolutions et promouvoir
leur mise en application. Après une longue réunion avec le Président, le 16
décembre, où elle a procédé à un échange de vues sur la nécessité urgente que
le Gouvernement entreprenne des actions, conformément à ses obligations aux
termes de la résolution 822, visant à faciliter la formation du CEP, une petite
commission mixte a été créée pour examiner les actions à engager de toute
urgence et la manière de « dynamiser » ces efforts. Le groupe a tenu
plusieurs réunions et a procédé à des échanges de vues au cours des deux
semaines suivantes, mais le gouvernement n’a exécuté aucune action concrète
pendant la période couverte par ce rapport.
La Mission a continué à tenir des réunions avec
diverses entités dans le but d’obtenir qu’elles désignent des représentants au
CEP, avec des partis politiques, avec les églises et avec la société civile
afin de faire avancer le processus prévu aux termes de la résolution 822, en
particulier la tenue d’élections crédibles en 2003.
La Mission a élaboré, en collaboration avec le
Gouvernement, les termes de référence dans le domaine des élections, de la
sécurité des élections, de la professionnalisation de la police et du
désarmement. La mise en œuvre de ces termes de référence a été ralentie par la
focalisation croissante accordée par le Gouvernement et par la Mission aux
autres problèmes politiques et de sécurité pendant la période couverte par ce
rapport, ainsi que par la nécessité de fonds additionnels. Des progrès
satisfaisants ont été réalisés en ce qui concerne la préparation, avec la
collaboration du Gouvernement, des termes de référence concernant les autres
domaines de compétence de la Mission. Leur élaboration devrait se terminer au
début de l’année 2003. Il a été convenu que les travaux relatifs aux élections
et aux questions connexes, spécialement la sécurité, auraient la priorité.
Au mois de décembre, la Mission a souscrit avec le
Ministre de la justice les accords concernant la formation des greffiers et des
magistrats. Elle sera donnée à l’École de la Magistrature, avec l’assistance
financière et technique du Gouvernement français. La Mission a redoublé sa
participation à la formation de la 14ème promotion de la Police
nationale, à l’Académie de la police, notamment en matière de droits de
l’homme ; cette promotion, qui compte près de 850 recrues, obtiendra ses
diplômes au début du printemps et pourra renforcer la Police dans diverses
zones prioritaires.
La Mission a poursuivi ses travaux avec le public,
répondant à de nombreuses demandes d’information et d’assistance, y compris au
sujet de problèmes liés aux droits de la personne. Elle s’est rendue à
plusieurs reprises dans le Nord du pays, notamment pour participer à des
séminaires consacrés aux droits de la personne. Le Chef de la Mission a
également répondu à l’intérêt considérable que la presse accorde aux opinions de
l’OEA et au travail que réalise la Mission en Haïti.
CONCLUSION
Le peuple haïtien a besoin qu’on lui donne la
possibilité de satisfaire ses aspirations dans un climat de paix et de
sécurité. Pour maintenir l’ordre public tout en respectant le droit constitutionnel
de liberté d’opinion, toutes les parties ont intérêt à adhérer à quelques
principes fondamentaux pour éviter de nouveaux actes de violence: (a) toutes
les manifestations des sympathisants ou des opposants du Gouvernement, y
compris les marches, doivent se dérouler dans le calme et dans le respect de la
loi; (b) il ne doit y avoir ni représailles, ni intimidations, ni actes
d’agression ou de violence contre des citoyens qui exercent leurs droits
consacrés par la constitution; (c) il ne faut pas se servir de barricades ou de
pneus enflammés pour entraver le déroulement normal de la vie des citoyens; et
(d) il faut condamner systématiquement la violence, quelle qu’en soit
l’origine, aussi bien en privé qu’en public.
La situation, aujourd’hui, en Haïti, comparée à
celle qui prévalait pendant les négociations visant à résoudre la crise
consécutive aux élections de mai 2000, conduites sous l’égide de l’OEA, est plus polarisée et plus complexe.
L’opposition au Gouvernement a une base beaucoup plus large, elle est plus
diverse et décidée à réaliser un objectif maximaliste: le départ du Président.
Les demandes sont aussi diverses que l’est l’opposition et il est difficile de
vérifier le degré ou l’étendue de son appui aux initiatives ou le degré de son
engagement envers les initiatives. L’impasse politique actuelle a suscité une
telle polarisation que, à moins que les éléments modérés ne reprennent le
contrôle de la situation, un conflit armé pourrait éclater.
Le Président considère que ses opposants parlent
de démocratie mais n’ont aucune obligation envers ses implications. Il soutient
qu’il parle au nom de la majorité de la population et qu’il a l’appui de
celle-ci. Il récuse ses opposants qu’il qualifie de minorité constituée
d’éléments disparates qui s’efforce d’obtenir, par des négociations et des
manifestations de masse, ce qui leur a échappé aux élections. Il affirme que ou
bien leurs inquiétudes ne sont pas sincères ou bien la solution cherchée est
sans proportion avec leurs griefs présumés : leur but véritable est de
saper sa présidence. Le problème est que l’incapacité du Président à tenir ses
engagements est utilisée pour justifier les mobilisations contre lui ou pour
s’abstenir de participer au processus.
Pour l’opposition, sous ses formes diverses,
on ne peut pas croire le Président: il veut simplement continuer les
préparatifs en vue des élections, sans appliquer intégralement la résolution
822, afin d’assurer à la Fanmi Lavalas, selon eux, une « victoire »
semblable à celle remportée en mai 2001. À l’inverse de l’automne dernier, les
groupes de l’opposition affirment que, bien qu’ils maintiennent leur engagement
envers les élections conformément aux bases établies par la résolution 822, ils
ne sont plus disposés à participer à des élections sous le Président Aristide.
Ils argumentent que le soutien de la population s’incline en leur faveur et ils
fustigent le Gouvernement et ses partisans d’utiliser des menaces et pire
encore d’intimer toute personne qui émet une opinion indépendante. Ils prévoient
de poursuivre leurs mobilisations de diverses manières. Et ils aimeraient que
la communauté internationale soutienne les buts indiqués dans leurs deux
communiqués, en particulier la démission anticipée du Président Aristide.
La société civile est devenue plus active
depuis l’adoption de la résolution 822 qui lui a donné la possibilité de faire
entendre sa voix en choisissant des représentants au CEP. Les cinq institutions
qui avaient l’intention de proposer leurs candidats ont adressé une lettre conjointe
en date du 19 novembre (voir plus haut, à la section sur le CEP) mais n’ont
plus continué dans cette direction, publiquement, depuis lors. Cependant, comme
nous l’avons indiqué, d’autres secteurs de la société civile, sous la direction
de l’Initiative de la société civile (ISC) ont tenu un grand nombre de réunions
et ont publié le communiqué du 26 décembre, mentionné plus haut, où ces
secteurs fixent au 15 janvier la date butoir accordée au Gouvernement pour
qu’il apporte des réponses à leurs demandes et pour qu’eux-mêmes décident, sur
cette base, comment ils vont agir en ce qui concerne les élections et d’autres
questions.
Pour sa part, la communauté internationale doit
s’acquitter des obligations auxquelles elle s’est engagée, c’est-à-dire fournir
les ressources nécessaires à l’exécution des tâches confiées à la Mission
spéciale et à la réalisation des autres dispositions de la résolution 822.
TERMS OF
REFERENCE FOR TECHNICAL ASSISTANCE FROM THE OAS PECIALMISSION TO THE GOVERNMENT
OF
TERMES DE REFERENCE RELATIFS AU
DESARMEMENT
1. Contexte et justifications
Les
résolutions 806 et 822 de l’Organisation des États Américains des 15 janvier et
4 septembre 2002 accordent un mandat à l’OEA pour appuyer le Gouvernement
d’Haïti dans sa campagne de désarmement.
Par
lettre en date du 29 octobre 2002, Monsieur Yvon NEPTUNE, Premier Ministre, a
officiellement demandé au profit du Gouvernement l’assistance technique de la
Mission Spéciale de l’OEA en Haïti, en ce qui concerne…’’ le
Désarmement’’.
2. Objectif
Intégrer,
dans un cadre global d’actions gouvernementales, le plan national et le
programme national de désarmement existants de la PNH, en les renforçant tant
au niveau de leurs implications que de leur mise en œuvre.
3. Actions à entreprendre et Support de la
Mission Spéciale de l’OEA
A. Actions
·
Création et mise en place d’un dispositif Gouvernemental,
dénommé Comité National de Désarmement, chargé de gérer le processus de
désarmement;
·
Création d’un Conseil Consultatif, composé, entre autres,
de représentants des partis politiques, de la société civile et des églises,
chargé d’observer le déroulement du processus et de produire toutes
recommandations jugées opportunes;
·
Renforcement de la campagne de sensibilisation dans les
médias;
·
Organisation d’une campagne nationale pour la
conscientisation de la population autour du thème du désarmement;
·
Recrutement de personnes ressources au niveau national et
international;
·
Études des expériences vécues et réussies dans d’autres
pays tels le Salvador, le Brésil, etc…;
·
Cérémonie publique marquant la destruction d’armes
illégales confisquées ou saisies par la Police dans le cadre des opérations
policières et qui ne sont pas requises pour des poursuites judiciaires;
·
Identification de détenteurs et de cache d’armes à
travers le pays;
·
Réalisation de fouilles, de perquisitions et autres
opérations en vue de contrôler et de récupérer lesdites armes;
·
Collecte des armes non autorisées détenues par des élus
(maires, parlementaires) et des hauts fonctionnaires de l’Etat; régularisation
de leur armement;
·
Renforcement des capacités de la Police Nationale d’Haïti
pour ramasser, sécuriser les armes non autorisées et les détruire le cas échéant;
·
Adaptation, diffusion et application du cadre législatif
réglementant l’acquisition et la vente, la détention, le port d’armes dans le
pays;
·
Institution d’une période de grâce pendant un temps
déterminé en faveur de toute personne
qui remettra volontairement toute arme détenue illégalement.
·
Considération de la mise sur pied d’un projet pilote
devant faire partie intégrante du plan national de désarmement.
B.- Support
La
Mission Spéciale de l’OEA s’engage à
fournir son assistance à la réalisation
de l’objectif visé.
4. Dispositions Spéciales: Appui aux
Communautés pour réduire la violence armée
Il
est nécessaire de mettre en œuvre des initiatives réalistes et concrètes
destinées à fournir aux Communautés défavorisées du pays les moyens nécessaires
pour réduire les causes et les conséquences de l’insécurité liées à la violence
et au manque d’opportunités socio-économiques.
Ces
mesures d’accompagnement au processus de désarmement sont, entre autres:
a. La sensibilisation et la mobilisation
de la société et des groupes communautaires pour améliorer la compréhension du
problème, identifier les besoins et développer une stratégie participative et
communautaire d’intervention et de prévention.
b. La mise en application d’activités
socio-économiques et de développement pour offrir des alternatives positives à
la violence armée et augmenter la capacité à encadrer les groupes marginalisés
de la société.
c. La remise volontaire des armes par les
individus et les collectivités pour renforcer les liens entre la sécurité et le
développement, et affirmer le désir de ces communautés de conjurer la question
de la violence armée en Haïti.
5. Suivi
a. Il est créé un Comité Conjoint chargé
de veiller à la réalisation des présents termes de référence. Le Comité
pourrait si nécessaire, solliciter l’intervention d’autres experts.
b. Ce Comité est composé de représentants
respectivement désignés par le Président de la République, le Premier Ministre
et la Mission Spéciale de l’OEA. Afin
d’appuyer son travail, il pourrait, si le besoin se fait sentir, créer un
comité technique et mettre en place des sous-comités dans les départements et
les communes.
TERMES DE REFERENCE RELATIFS A LA
SECURITE DES ELECTIONS
1. Contexte et justifications
Les
résolutions 806 et 822 de l’OEA des 15 janvier et 4 septembre 2002 ont
déterminé que la Mission Spéciale de l’OEA visant à renforcer la Démocratie en
Haïti devait fournir une assistance au Gouvernement de la République d’Haïti en
matière, entre autres, de mise en place de mécanismes et de procédures
destinées à assurer la sécurité de tous les partis politiques, leurs membres et
candidats, dans la perspective de la création d’un climat propice à la tenue de futures élections dans le pays.
Pour cela, l’élaboration d’un plan de sécurité et la création d’un climat de
sécurité pour les élections de 2003 ont été recommandées par l’OEA.
Par lettre en date du 29 octobre
2002, M. Yvon NÉPTUNE, Premier Ministre, a officiellement demandé au profit du
Gouvernement l’assistance de la Mission Spéciale de l’OEA en Haïti, en ce qui
concerne:’’… les élections, y compris la sécurité des élections…’’
2. Objectifs
§
Aider à créer un environnement sécuritaire propice au bon
déroulement du processus électoral;
§
Aider à élaborer le plan national de sécurité des Élections;
§
Accompagner le C.E.P, la PNH et les autres autorités
haïtiennes dans la mise en œuvre du plan national de sécurité
3. Actions à entreprendre et Support de la
Mission Spéciale de l’OEA
A. ACTIONS
§
Mise en place par la PNH d’un dispositif de sécurité à
l’effet d’assurer la protection :
§
Des agents, des locaux et des membres du CEP, dès la
constitution de ce dernier;
§
De la commission de Garanties Électorales dès sa
création;
§
De l’ensemble des partis politiques, des candidats, des
locaux, des résidences, bureaux d’inscription et de vote, etc.. dès le
lancement du processus électoral;
§
Amélioration de la capacité opérationnelle de la PNH pour
assurer dans de bonnes conditions la sécurité du processus électoral, (voir
termes de référence relatif à la professionnalisation de la PNH);
§
Mise en œuvre par la PNH d’un programme de formation de
ses personnels en matière de protection et de respect des partis politiques,
des libertés publiques et individuelles, dans le cadre du processus électoral;
§
Renforcement du Bureau du Secrétaire d’Etat à la Sécurité
Publique dans le cadre d’un contrôle plus rigoureux des agences de sécurité;
§
Facilitation du rôle du CEP dans la surveillance de
l’action de la PNH, en relation avec le processus électoral;
§
Elaboration du Plan National de Sécurité des Elections.
B. SUPPORT DE L’OEA
Travaillant
en partenariat avec la Contrepartie Haïtienne, la Mission Spéciale est en
mesure de fournir une assistance constituée par la mise en place de personnels
internationaux d’appui.
Ceux-ci seront chargés d’assister
le C.E.P. dans sa mission d’observation que la PNH s’acquitte de ses fonctions
avec impartialité, neutralité et équité et fournir aussi à la PNH un appui dans
la préparation du Plan National de Sécurité des Elections.
Dans le cadre du bon déroulement
du processus électoral, les personnels internationaux mis en place par la
Mission Spéciale seront les Conseillers Techniques de leurs homologues
haïtiens. Ils fourniront à ces derniers conseils et assistance en matière de sécurité
du processus électoral, concrètement sur le terrain. Ils devront aussi aider à
superviser l’application effective du plan national de sécurité.
Experts en matière de sécurité,
ils pourront accompagner la PNH dans l’élaboration du Programme de formation
qui sera mis en œuvre dès le lancement du processus électoral pour l’ensemble
des policiers.
○
Un Conseiller Technique sera affectée au C.E.P. et à la
Commission des Garanties Electorales;
○
Deux (2) à la Direction Centrale de la Police
Administrative de la PNH dont:
➢ Un (1) en charge de
l’assistance à la rédaction du Plan de Sécurité des Elections et de
l’établissement des besoins prioritaires de la PNH;
➢ Et l’autre en charge de
l’assistance à la planification pour les élections (cartes, listes des BIV, BV,
partis politiques, candidats, documents divers, etc.)
À l’échelon des Directions Départementales et dans le
cadre de l’aide à l’élaboration du plan national de sécurité des élections et à
la supervision de son application effective, un dispositif de 100 policiers est
prévu. Ceux-ci seront munis d’armes de poing et mis en place pendant 4 mois.
Ils disposeront de leur propre logistique avec moyens de transport routiers et
aériens, ordinateurs, équipements de bureaux etc.
4. Suivi
a. Il est créé un Comité Conjoint chargé de veiller à la
réalisation des présents termes de référence;
b. Ce Comité conjoint est composé de représentants
respectivement désignés par le Président de la République, le Premier Ministre
et la Mission Spéciale de l’OEA.
TERMES DE REFERENCE RELATIFS A LA
PROFESSIONNALISATION
DE LA POLICE NATIONALE D’HAITI
1. Contexte et justifications
Les
résolutions 806 et 822 de l’OEA des 15 janvier et 4 septembre 2002 ont
déterminé que la Mission Spéciale de l’OEA visant à renforcer la Démocratie en
Haïti devait fournir une assistance technique et financière au Gouvernement de
la République d’Haïti en matière, entre autres, de renforcement du
développement institutionnel et “de la professionnalisation de la Police
Nationale d’Haïti” dont les effectifs devraient être en harmonie avec les
besoins de sécurité du Pays.
Par
lettre en date du 29 octobre 2002, Monsieur Yvon NEPTUNE, Premier Ministre, a
officiellement demandé au profit du Gouvernement l’assistance de la Mission
Spéciale de l’OEA en Haïti, en ce qui concerne: “….. la professionnalisation de
la Police ….:”.
2. Objectif
Renforcer
la professionnalisation et la capacité opérationnelle de la PNH pour qu’elle
puisse répondre efficacement aux besoins de sécurité du pays.
3. Actions à entreprendre et Support de la
Mission Spéciale de l’OEA
A. ACTIONS
·
Amélioration des conditions de recrutement;
·
Formation d’un millier de policiers par an ;
·
Recyclage de l’ensemble des cadres et policiers en
service dans la PNH;
·
Elaboration et application d’un plan de carrière du
personnel policier et du personnel administratif
·
Renforcement de la capacité de gestion et
d’administration des ressources de la PNH;
·
Renforcement de la Direction de l’Ecole de la Formation
Permanente (DEFP);
·
Mise en place des bases en vue de la création de
l’Académie de police;
·
Renforcement en quantité et en qualité de la chaîne de
commandement et amélioration qualitative du commandement;
·
Création de la Police des frontières, avec le
renforcement de la Coopération Haïtiano-Dominicaine;
·
Création d’autres unités et services importants pour la
sécurité et le bon fonctionnement de l’institution policière, notamment
Mutuelle, embryon de Police de l’Air, Service médico-social, etc…;
·
Coopération avec la CARICOM dans le cadre de la lutte régionale
contre le trafic des stupéfiants et la circulation des armes en situation
illégale;
·
Renforcement du dispositif opérationnel en vue de
développer et de consolider un climat de sécurité; plus grande visibilité de la PNH sur le
terrain;
·
Rapprochement police et population et mise en place
d’actions de police communautaire;
·
Renforcement et déconcentration de l’Inspection
Générale :
-
Poursuite de la lutte interne contre les violations des
droits humains par le personnel de la PNH;
-
Renforcement du respect du code de déontologie;
-
Lutte contre la
corruption.
B. Support
Travaillant
en partenariat avec la Contrepartie Haïtienne, la Mission Spéciale est en
mesure de fournir en fonction des besoins une assistance constituée par la mise
en place de personnels internationaux d’appui.
Il
s’agit de conseillers techniques de niveau approprié qui seront chargés
d’encadrer le commandement de la PNH dans le processus de professionnalisation
de l’institution.
En
fonction des besoins, des conseillers techniques peuvent être placés aux
échelons suivants:
-
Direction Générale;
-
Inspection Générale;
-
Direction Centrale de l’Administration et des Services
Généraux (DCASG);
-
Direction du Personnel;
-
Direction de la Logistique;
-
Académie de Police;
-
Neuf (9) Directions Départementales.
D’autres ressources, nationales, seront
recrutées, en fonction des besoins et de la disponibilité budgétaire.
4. Suivi
a. Dès l’adoption de ces termes de
référence, il est créé un Comité
Conjoint chargé de veiller à la réalisation des présents termes de référence.
b. Ce Comité Conjoint est composé de
représentants respectivement désignés par le Président de la République, le
Premier Ministre et la Mission Spéciale.
TERMES
DE REFERENCE RELATIFS AUX ELECTIONS
1. Contexte et justification
La
Résolution 822 du 4 septembre 2002 insiste sur l’importance de tenir des
élections dans le courant de 2003 à une date à être choisie par le Conseil
Électoral Provisoire. Elle ajoute que le CEP doit établir une Commission de
Garanties Électorales; et indique une série de pistes à poursuivre afin de
faciliter la tenue d’élections ‘’ libres, équitables et techniquement
réalisables’’.
Par
lettre en date du 29 octobre 2002, M. Yvon Neptune, Premier Ministre, a
officiellement demandé au profit du Gouvernement l’assistance technique de la
Mission Spéciale de l’OÉA en Haïti, en ce qui concerne : les ‘’Élections…’’.
2. Objectif
Faciliter
la tenue d’élections législatives et locales libres, équitables et
techniquement réalisables - à une date en 2003 qui sera fixée par le Conseil
Électoral Provisoire (CEP) - auxquelles tous les partis politiques peuvent
participer librement et en toute sécurité.
3. Actions à entreprendre et Support de la
Mission Spéciale de l’OEA
A. Actions
a. Tenir une cérémonie de prestation de
serment, conformément aux prescrits de la Constitution (en présence du
Président de la République). Au cours de leurs interventions, les membres du
CEP affirment leur volonté de coopérer de façon collégiale et professionnelle,
sur la base de la Constitution d’Haïti et de la Résolution 822, avec l’appui
technique et financier du Gouvernement d’Haïti et de la Communauté
Internationale.
b. Fournir au CEP, avec l’appui technique
et financier de la Communauté Internationale tout le support nécessaire lui
permettant de remplir efficacement sa mission.
(Embauche de personnel compétent et suffisant, salaires, acquisition de
matériels etc…)
c. Assurer par des mesures concrètes, en
coopération avec le Comité conjoint sur la Sécurité des Élections, la sécurité du CEP, leurs conseillers et leur personnel,
y compris ceux de la CGÉ, partout dans le pays.
d. Faciliter l’assistance technique et
financière de la Communauté Internationale, y compris des visites d’équipes
visant à aider à préparer les aspects techniques des élections.
e. Fournir l’appui et l’assistance
¨conventionnels¨aux missions d’observateurs nationaux et internationaux.
f. Assurer partout dans le pays par des
mesures appropriées la protection des droits des partis politiques, de leurs
membres et de leur personnel, des candidats, de tout citoyen se livrant à des
activités politiques dans le respect de la loi. Cette protection s’étend aussi
au droit à la liberté d’expression, au droit de tenir des réunions politiques
et de manifester, toujours dans le respect de la loi.
g. Prendre des mesures pour assurer les
droits et libertés de la Presse, ainsi que la neutralité des médias d’État.
h. Encourager le dialogue entre tous les
acteurs de la scène politique haïtienne, afin de promouvoir un consensus
national et un climat propice à la tenue de bonnes élections en 2003.
B. Support
Travaillant en partenariat avec le Gouvernement d’Haïti et autres
concernés, la Mission Spéciale est en mesure de fournir une assistance
constituée par la mise en place de personnels internationaux d’appui.
Ceux-ci seront chargés
entre autres :
·
D’aider le Gouvernement dans le cadre de son appui au
processus électoral;
·
De faciliter le travail du C.E.P. dans sa mission
d’organiser des élections législatives et locales en Haïti au cours de l’année
2003 (tout en respectant son indépendance);
·
D’organiser une visite en Haïti d’une équipe
internationale pour une période d’environ deux semaines afin de discuter du
processus électoral avec le Gouvernement et le CEP et de déterminer les besoins
en assistance technique, en observation électorale et en sécurité;
·
D’assister la C.G.É. dans l’accomplissement de ses
tâches;
·
De préparer l’arrivée d’un nombre suffisant (environ 200)
d’observateurs internationaux afin d’augmenter la confiance de l’électorat et
asseoir ainsi la crédibilité du processus électorale;
·
De préparer des séances de formation pour les
observateurs nationaux et internationaux sur les lois haïtiennes et sur les
méthodes d’observation électorale y inclus la nécessité d’objectivité et de neutralité dans l’observation des
élections;
·
De faciliter et de supporter le travail des observateurs
nationaux et internationaux;
·
D’appuyer un programme d’éducation civique en vue des
élections;
·
Et de faciliter les contributions de la Communauté
Internationale.
4. Suivi
a. Il est créé un Comité Conjoint chargé de veiller à la
réalisation des présents termes de référence
b. Ce Comité Conjoint est composé de représentants
respectivement désignés par le Président de la République, le Premier Ministre
et la Mission Spéciale.
ION OF PRESIDENT JEAN BERTRAND ARISTIDE
REGARDING DISARMAMENT, IMPUNITY, GUN
LICENCES, LIMIT OF
HANDGUNS FOR PARLIAMENTARIANS AND LOVCAL OFFICIALS AND LIMITAIONSANNEX III (a)
DECLARATION OF VERTIERES,
DECLARATION OF
THE PRIVATE SECTOR, “NON A L’INTOLERABLE,
DECLARATION
DU SECTEUR PRIVE DES AFFAIRES
NON A L’INTOLERABLE !
Le
Secteur privé des affaires, à l’unisson, élève aujourd’hui sa voix indignée
pour dire au pouvoir Lavalas, que le pays ne peut plus, ne veut plus supporter
l’intolérable et l’inacceptable.
Le Secteur privé ne peut plus, ne veut plus accepter que des groupes d’individus se réclamant du parti
lavalas et agissant sous la haute protection d’autorités étatiques et de la
police, prennent l’initiative de bloquer
le pays et la vie nationale par l’instauration d’un climat de terreur, comme ce
fut le cas ce 22 novembre 2002.
Alors
qu’ils utilisent la violence armée, comme relatée par la presse et l’ensemble
des citoyens témoins de leurs forfaits, ces groupes de bandits appuyés
publiquement par des officiels du
pouvoir, se croient permis d’insulter la conscience nationale en présentant
leur action criminelle orchestrée, planifiée et mise en œuvre avec les taxes
des contribuables et les équipements de l’Etat, comme une action
« pacifique et spontanée » entreprise par la population.
Aussi,
·
suite à cette nouvelle journée de violence du 22 novembre
2002 et à la complicité tantôt passive,
tantôt active de la police nationale ;
·
suite aux exactions récentes commises par des membres
d’organisations populaires lavalassiennes contre de simples fonctionnaires de
l’Administration et des services publics, contre des membres de la presse, des
médias et le secteur des affaires au Cap-Haïtien en raison de leur
participation à la marche pacifique du 17 novembre dernier organisée par
l’Initiative Citoyenne ;
·
suite au comportement brutal de la Police qui a ouvert le
feu contre des lycéens qui manifestaient pacifiquement à Petit-Goâve ;
·
suite aux affronts à toute forme d’éthique publique
et de justice, qui continue à se manifester dans notre pays, notamment dans les
cas de « l’Armée cannibale » aux Gonaïves, du groupe « Domi nan
bwa » à Petit-Goâve et de
« Bale wouze » à St-Marc;
·
suite à l’exécution spectaculaire et scandaleuse d’un
blessé en pleine salle d’urgence de l’hopital de l’ Université d’Etat
d’Haiti ;
·
suite aux persécutions et au maintien arbitraire de
citoyens en détention ;
·
suite aux intimidations de journalistes et de médias,
notamment au Cap-Haitien et aux Gonaives ;
·
suite aux tracasseries politiques sous forme de
répression fiscale exécutée par la DGI, la Douane, le Conatel contre des
entreprises et des citoyens qui entendent exercer librement leurs droits
fondamentaux garantis par la Constitution ;
·
suite à la vaste escroquerie tolérée et non réprimée des
coopératives financières ;
·
suite aux excès de dépenses publiques du gouvernement
engendrant un déficit budgétaire insoutenable ayant des incidences négatives
sur le taux de change, le coût de la vie et l’économie
nationale.
Le Secteur privé des
Affaires dans toutes ses composantes, insulté et bafoué, dit NON, mille fois
NON, à cet état de choses qui ne peut et ne doit plus continuer.
Se référant aux
Résolutions 806 & 822 de l’OEA et aux situations qui les ont engendrées,
les associations du Secteur Privé interprètent la journée du 22 novembre 2002 comme un retour à l’état d’esprit qui
avait déclenché les événements
inqualifiables du 17 décembre 2001. Toute récidive de tels actes mettra
définitivement en danger l’avenir de la nation.
En conséquence, le Secteur
privé décide d’intensifier sans délai la concertation avec les secteurs organisés du pays, en vue de prendre
les dispositions qui s’imposent.
Dans l’intervalle, les associations
patronales exigent du pouvoir exécutif l’arrestation d’ Amiot Metayer et des
autres évadés du 2 Août 2002, défi permanent à la justice; l’arrestation
de Paul Raymond et de René Civil qui, en plus de graves antécédents, ont
revendiqué publiquement les violences et la paralysie de la capitale le 22
novembre dernier.
De plus, les associations
patronales demandent la révocation immédiate des fonctionnaires qui ont brillé
par leur excès de zèle et ont failli à leur responsabilité.
De l'attitude du pouvoir,
dépendra celle des autres partenaires engagés dans le processus initié par la
Résolution 822 de l'Organisation des Etats Américains (OEA).
Les
organisations du secteur privé suivent attentivement l'évolution de la
situation nationale qui déterminera leur position future.
Le
secteur privé invite tous les secteurs à
respecter les règles du jeu dans l'exercice de leurs droits constitutionnels,
sans provocation ni démesure.
En
dernier lieu, les associations patronales rappellent à la Police Nationale son
devoir de neutralité dans sa mission constitutionnelle de « protéger et
servir » la nation.
Port-au-Prince, le 23 novembre 2002
Pour authentification
Association des Industries d’Haïti (ADIH)
_____________________________________________
Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH)
____________________________________
Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED)
_________________________________
Liste des Institutions du Secteur Privé endossant la Déclaration du 23
novembre 2002
Association des Assureurs d’Haïti (AAH)
Association des Agences de Voyages (ASHAV))
Association des Entrepreneurs de l’Artibonite (AEA)
Association des Industries d’Haïti (ADIH)
Association Maritime Haïtienne(AMARH)
Association Nationale des Distributeurs de Produits Pétroliers (ANADIPP)
Association Nationale des Exportateurs de Mangues (ANEM)
Association Nationale des Medias Haïtiens (ANMH)
Association Touristique d’Haïti (ATH)
Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH)
Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Marc et du Bas-Artibonite
(CCISTBA)
Chambre de Commerce, d’Industrie & des Professions du Nord (CCIPN)
Chambre de Commerce, d’Industrie et des Professions du Sud (CCIPS)
Chambre de Commerce, d’Industrie & des Professions du Sud-Est (CCIPSE)
Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie (CFHCI)
Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED)
Fondation Nouvelle Haïti
(FNH)
Haitian-American Chamber
of Commerce (HAMCHAM)
PRESS RELEASE OF
THE EPISCOPAL CONFERENCE, 29 NOBEMBER, 2002
CONFÉRENCE ÉPISCOPALE
D’HAÏTI
CEH
56, Angle Rues Piquant et Lamarre, B.P. 1572,
Port-au-Prince, Haïti / Tél. : 222-5194 / 222-4855 / Fax : 223-5318
E-Mail : ceh56@hotmail.com
COMMUNIQUE
DES ÉVÊQUES D’HAÏTI
AU PEUPLE HAÏTIEN ET A LA
COMMUNAUTE INTERNATIONALE
Chers
compatriotes, haïtiens et haïtiennes vivant ici et à l’étranger, et vous tous
amis d’Haïti,
1. Les nouvelles qui nous parviennent des
quatre coins du pays, ces derniers jours, sont très alarmantes. Elles ne
cessent de nous interpeller, nous Evêques de l’Eglise Catholique d’Haïti et de
nous plonger dans la prière et la réflexion.
2. Nous voyons le peuple, exaspéré par une
crise qui a trop duré, sortir de ses gonds. La colère monte. La grogne
augmente. On est à deux pas d’un affrontement armé. On voit se profiler à
l’horizon le spectre hideux de la guerre civile et fratricide.
3. Pourtant notre histoire, récente et
lointaine, nous apprend que les régimes politiques, terminant sur des scènes de
violence, de déchoukage et de représailles, n’ont fait que freiner l’avancement
du pays et contribuer à son maintien sous tutelle étrangère.
4. Chers compatriotes, nous vivons des
temps de dures épreuves, mais loin de nous laisser aller au désespoir, si nous
savons nous unir pour y faire face, nous en sortirons aguerris et plus forts,
et nous verrons se lever pour nous une nouvelle lumière. Que voulons-nous en
effet, pour notre chère Haïti qu’au fond nous aimons tous passionnément ?
Ne nous considérons-nous pas toujours issus d’ancêtres communs dont nous sommes
si fiers, partageant un même sort et un même sol et empreints de valeurs
sociales et culturelles qui nous donnent notre identité ?
Donc nous avons tout pour chercher
en tout et partout la voie de l’unité, du dialogue et de la concertation.
5. Néanmoins hélas ! à quoi
pouvons-nous comparer la situation actuelle du pays ? Tout nous donne
l’impression d’assister au naufrage imminent d’un navire. Ce spectacle
impressionnant déclenche diverses attitudes.
6. Tout d’abord c’est l’effroi et
l’aigreur de ceux qui sont aux postes de commande. Par suite de fausses
manœuvres, ils se sentent trahis, incompris et non secourus. Ils ne
maîtrisent plus le bateau et les flots
montent furieux. Ils se cramponnent au timon, advienne que pourra, tandis que
le vaisseau menace de couler à pic dans l’abîme.
7. Ensuite, c’est la volonté manifeste, de
ceux là qui, étant à bord, constatent, non sans satisfaction, la difficulté de
l’équipage et appellent de tous leurs vœux l’effondrement de leurs efforts. Il
y a aussi à bord des extrémistes opportunistes, toutes tendances confondues,
qui choisissent délibérément le chemin de la violence et de la terreur, ou pour
maintenir en place l’équipage en difficulté ou pour lui retirer le timon. Ils
affichent cette tendance malgré la prévision
des pertes incalculables en vies humaines et en biens matériels, et les
contre-coups néfastes sur l’ensemble du vaisseau qui est déjà en péril.
8. Enfin, il y a ceux qui sont sur le
rivage en toute sécurité et hors de tout danger. Ils sont tous spectateurs.
Certains regardent passifs, indifférents. D’autres jettent par-ci par-là des
bouées de sauvetage et parviennent même à grimper à bord produisant aide et
conseils.
9. Face à ce drame, voici ce que nous vous
disons, chers compatriotes, nous Pasteurs de l’Eglise, qui nous trouvons, nous
aussi, à bord du bateau.
Le navire en passe de couler, c’est
la nation avec ses biens et ses institutions. Unissons-nous tous à l’intérieur
du vaisseau, non pour le détruire, mais pour le sauver. Il est souvent dit que
les Haïtiens ne peuvent s’unir que pour détruire ou abattre l’ennemi commun et
non pour construire et dialoguer avec un opposant. Serrons-nous les coudes pour
relever le défi historique. Nous allons nous unir cette fois-ci pour faire
œuvre de construction. Nous sommes tous à bord du même bateau. Il s’agit
d’arriver à bon port sains et saufs. Entre nous la dialectique du dialogue doit
remplacer la dialectique des armes. La recherche du bien commun par tous et
pour tous fera qu’il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu, ni gagnant, ni perdant.
Si vous cherchez un vainqueur, ciblez le peuple tout entier, un gagnant,
arrêtez-vous sur l’ensemble de la nation.
Quant à nous, nous n’avons d’autres
préoccupations que le bien du peuple. Ce que nous souhaitons, comme vient de le
souligner le Saint Père en s’adressant au nouvel Ambassadeur d’Haïti, près le
Saint Siège, c’est que soit pris en compte le cri des pauvres.
10. Ceux-là qui sont au timon des affaires
et tous les partisans du régime actuel, nous les exhortons à fixer leur regard
non pas sur un homme mais sur la nation. Le pouvoir est un service pour le plus
grand bien du plus grand nombre. Dans la conjoncture, aujourd’hui comme hier,
est-il opportun de s’interroger, savoir : renoncer volontairement au
pouvoir pour le plus grand bien de la nation, ou bien écourter
magnanimement la durée du pouvoir pour appeler à des élections générales
anticipées ? Ou bien serait-il encore possible d’opérer des réformes en
profondeur capables de rendre le pouvoir crédible et de rétablir la confiance.
Tout est à envisager et rien à exclure pour le bien supérieur de la nation.
Vous êtes au rendez-vous de l’histoire. Soyez à la hauteur de votre mission.
Nous prions pour qu’il vous soit donné d’en haut le don de la sagesse et du
discernement.
11. Quant à ceux qui sont dans l’opposition
et qui attendent l’écroulement du régime actuel, nous leur demandons s’ils ont
fait tout ce qu’ils auraient pu et même dû faire pour éviter qu’on en soit là.
Mettre le capitaine du vaisseau en échec c’est quand même exposer tous ceux qui
sont à bord aux conséquences malheureuses d’interminables accidents de
parcours. Tout le monde en pâtit encore. Le jour oú ceux qui détiennent le
gouvernail le remettent, et nous souhaitons que cela se fasse dans les meilleures
conditions, sous forme de passation constitutionnelle et non de déchoukage, ce
jour-là, les opposants sauront reconnaître, valoriser et préserver toutes les
bonnes initiatives déjà réalisées.
Qu’ils travaillent à consolider les
institutions et, dans le cadre et le respect du jeu démocratique, à formuler
projet de société, concept de gouvernance ou autres choses semblables.
En parlant d’institution à
préserver, nous voulons attirer l’attention de l’opposition sur le CEP. C’est
une des institutions indépendantes prévues par la Constitution et dont la
nation ne peut se passer. Nous croyons pour notre part que le CEP, même et
surtout à l’heure présente, est une nécessité. Nous souhaitons que les
conditions pour sa constitution puissent être bientôt réunies. Le CEP serait
quand même une balise pour le vaisseau en détresse.
12. Enfin, ceux qui sont sur le rivage, qui
veulent participer au sauvetage et arrivent même jusqu’à bord à la rescousse du
navire en danger, c’est la communauté internationale. Nous reconnaissons ses
efforts dignes et louables, le pays lui en saura gré. Nous lui demandons de se
montrer persévérante et patiente, car son accompagnement apportera, à la
longue, d’excellents résultats. Cependant nous tenons à lui dire, dans la
conjoncture actuelle, de ne pas chercher à substituer ses intentions et ses
impératifs aux initiatives citoyennes.
13. Chers compatriotes, haïtiens et
haïtiennes d’ici et de l’étranger, nous Pasteurs de l’Eglise, solidaires de vos
souffrances et de votre espérance, nous prions le Seigneur, le Dieu de la Vie,
par l’intercession de Marie, Mère des douleurs et Etoile de l’Espérance, de
nous donner la grâce, en ce temps de l’Avent, de sortir de ce long tunnel,
grandis, plus unis entre nous, prêts à construire ensemble une Société nouvelle
plus juste, plus prospère et plus fraternelle à laquelle nous aspirons et pour
laquelle nous luttons.
Donné au
Siège de la Conférence Episcopale d’Haïti, le 29 novembre 2002
___________________________ ________________________
+ Mgr Hubert CONSTANT OMI + Mgr Guire POULARD
Evêque de Fort-Liberté Evêque de Jacmel
Président
de la CEH (empêché). Vice-Président de la CEH.
_________________________
___________________________
+ Mgr Louis KEBREAU SDB + Mgr François W. LIGONDE
Evêque de Hinche Archevêque de Port-au-Prince.
Secrétaire
Général de la CEH.
__________________________
_______________________
+
Mgr François GAYOT SMM + Mgr Willy ROMELUS
Archevêque du Cap-Haïtien. Evêque de Jérémie.
___________________________ _____________________________
+ Mgr Frantz COLIMON SMM + Mgr Emmanuel CONSTANT
Evêque de Port-de-Paix. Evêque des Gonaïves .
__________________________ _______________________________
+ Mgr
Alix VERRIER + Mgr Joseph Serge MIOT
Evêque des Cayes. Archevêque
Coadjuteur
______________________
Administrateur Apostolique
«Sede Plena» de Port-au-Prince.
______________________________ ______________________________
+ Mgr
Joseph LAFONTANT
+ Mgr Pierre Antoine PAULO OMI
Evêque Auxiliaire de Port-au-Prince.
Evêque Coadjuteur de Port-de-Paix.
____________________________
+ Mgr Yves Marie PEAN CSC
Evêque Coadjuteur des
Gonaïves.
PROTESTANT DECLARATION,
JOINT DECLARATION
OF 184 INSTITUTIONS, ASSOCIATIONS AND ORGANIZATIONS,
PRESS RELEASE No. 1
JOINT DECLARATION
OF 184 INSTITUTIONS, ASSOCIATIONS AND ORGANIZATIONS
OF 12 VITAL SECTORS OF HAITIAN SOCIETY
Having engaged into a process of inter-sector
consultations on the country’s situation, the Institutions, Associations and
Organizations subscribing the foregoing press release, have decided as follows:
A.
to work on an
unitary and consensual basis towards the elaboration of the foundations of a new
social pact that will contribute to the rebirth of Haïti as a Nation, and
towards the improvement of the living conditions of all Haitians, and more
particularly of the neediest;
B.
to inform the
Nation, the Government, the OAS, CARICOM, and friend countries of Haïti and the
European Union of their common position as regards the seven (7) essential
conditions to be implemented prior to engaging into any credible and democratic
electoral process in Haïti, which conditions involve:
1.
The concrete and
sustained demonstration that all citizens, regardless of their political
tendencies, can express their opinions through peaceful public meetings.
2.
The dismantling
and disarmament of the various well-known armed criminal gangs that are
spreading terror throughout the country, namely in Gonaïves, Saint-Marc,
Petit-Goâve, Port-au-Prince, and Plateau Central, as well as the dismissal and
prosecution of policemen and other public authorities involved therewith.
3.
The prosecution
of individuals who were clearly identified as heading these armed gangs, who
roam the country freely, namely those designated in OAS’s Investigation
Committee’s Report on the events of
4.
The release from
prison of all citizens arrested illegally because of their political
commitment, and of all those having benefited by a decision of Justice.
5.
The cessation of
heinous and violent declarations made by the principal government officials and
their partisans, or by any other sector whatsoever.
6.
The adoption by
the authorities of concrete dispositions that will allow all journalists,
students and other citizens who are harassed and terrorized by armed gang
members to resume their work in full security, and without being pursued,
namely in Gonaïves, Petit-Goâve, Cap-Haitien and Port-au-Prince.
7.
The immediate
implementation of international cooperative agreements on security issues, as
foreseen by the terms of reference subscribed between the Authorities and the
International Community.
The subscribing Institutions and
Associations hope, at last, that all these demands will be met, or at least
that the beginning of their satisfaction be clearly obtained by January 15,
2003, and they also hope consequently, that, along with the Haitian People,
they shall draw the compelling conclusions, depending on the circumstances.
In conclusion:
-
Considering the
abject misery and hunger, which are consuming the majority of the Haitian People
in an intolerable context of insecurity, unemployment and corruption;
-
Considering the
generalized injustice and impunity that are undermining our national
Institutions and their incapacity to bring an appropriate solution to the
crisis;
-
Considering the
patent blocking noted in the implementation of Resolutions 806 and 822 voted by
the OAS in its attempt to contribute to the solution of the crisis, which
Resolutions were subscribed by the Government of Haïti.
-
Considering the
various cries of all the sectors of national life, and among others, those of
the Episcopal Conference of Haïti and the Protestant Federation of Haïti.
The Institutions and Organizations endorsing the
foregoing common statement undertake to remain united and mobilized in the
furtherance of their consultations with a larger number of organizations
throughout the nine Departments of the country, in order to bring an
appropriate and collective answer that is likely to save the Nation from the
perils it is facing. We hereby call upon
our compatriots to overcome the fear that is gnawing us all, so that we can
clearly, but peacefully express ourselves, without violence and with a spirit
of tolerance.
Port-au-Prince, Haïti,
December 26, 2002.
For authentication (one
institution by sector):
_____________________________________ ________________________________
For the Labor Union Movement For the Private Business Sector
Organisation Générale Independante des Travailleurs Chambre de Commerce et d’Industries Haitiens (OGITH) d’Haïti (CCIH)
_____________________________________ __________________________________
For the Farmers’ Sector For the Civic Sector
Mouvman Peyizan Papay (MPP) Initiative
de la Société Civile
_____________________________________ _________________________________
For the Socio-Professional Sector For the Teachers’
Sector
Fédération des Barreaux
d’Haïti Confederation
Nationale des Éducateurs Haitiens (CNEH)
_____________________________________
___________________________________
For the Media and Press Sector For the Students’ Sector
Groupe de Réflexion et d’Action
pour la Liberté de Fédération des
Étudiants Universitaires la Presse Haïtiens
_______________________________________ ___________________________________
For the Intellectuals’
Sector For
the Sector of Writers and Artists
One Association One
Association
________________________________________ __________________________________
For the Urban Grassroot Organizations For the Women’s
Association Sector
Vision des Organisations pour le
Développement Mouvement
des Femmes Haitiennes pour
et la Démocratie pour
l’Éducation (Moufhed)
________________________________________
For the Human Rights
Sector
Comité des Avocats pour le Respect des Libertés
Individuelles (CARLI)
_____________________________________
Haitian Medical Doctors
Association (AMH)
THE LIST OF ALL THE INSTITUTIONS, ASSOCIATIONS AND PERSONALITIES ADHERING TO THIS DECLARATION FOLLOWS HEREAFTER:
SECOND STATEMENT
OF THE
http://scm.oas.org/pdfs/2003/annex_III_g.pdf
CP10716F03
[1]. Tous
les documents sur ce sujet, y compris les communiqués de presse et les
déclarations du Secrétaire général, du Secrétaire général adjoint et de la
Mission spéciale peuvent être consultés sur le site web de l’OEA.
[2]. Au
moment où ce rapport est préparé, mais en dehors de la période sur laquelle il
porte, le gouvernement du Canada a annoncé une contribution de 2 millions de
dollars canadiens destinée à la Mission spéciale.
[3]. Les
déclarations récentes émises par diverses entités haïtiennes à propos de la
situation actuelle du pays constituent l’Annexe 3, de (a) à (g). Elles sont
présentées dans la langue originale - le français - et n’ont pas été traduites
dans les autres langues.