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OEA/Ser.G
CP/doc.3671/02
26 novembre 2002
Original: français/anglais
PREMIER
RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADRESSÉ AU CONSEIL PERMANENT SUR LA MISE EN ŒUVRE DE LA RÉSOLUTION
CP/RES.
822 (1331/02)
4
septembre – 4 novembre 2002
ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS
Washington,
D.C.
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT
le 26 novembre 2002
Monsieur le Président,
En
vertu du paragraphe 14 de la résolution CP/RES. 822 (1331/02), “Appui au renforcement de la
démocratie en Haïti”, j’ai l’honneur de vous faire
parvenir sous ce couvert une copie du “Premier Rapport du Secrétaire général adressé au
Conseil permanent sur la mise en œuvre de la résolution CP/RES. 822 (1331/02)”. Je vous saurais gré de bien vouloir faire
distribuer ce rapport aux membres du Conseil.
Je
vous prie d’accepter, Monsieur le Président, les assurances de ma très haute
considération.
Luigi
Einaudi
Secrétaire
général adjoint
En
charge du Secrétariat général
Son Excellence
Monsieur Dennis Antoine
Ambassadeur, Représentant permanent de la Grenade
Président du Conseil permanent de l’Organisation des États
Américains
Washington, D.C.
TABLE
DES MATIÈRES
LETTRE
DE TRANSMISSION DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT................................ iii
GÉNÉRALITÉS......................................................................................................................... 1
OBLIGATIONS/ENGAGEMENTS DU GOUVERNEMENT D’HAÏTI....................................... 3
OBLIGATIONS DE L’OEA....................................................................................................... 9
OBLIGATIONS DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE AU SENS
LARGE................ 13
CONCLUSION............................................................................................................................ ...... 14
ANNEXES
ANNEXE A: Lettre
en date du 29 octobre adressée par le Premier Ministre à la Mission spéciale,
et réponse de la Mission datée du 31 octobre, concernant la fourniture
d’assistance technique à Haïti dans tous les domaines couverts par le mandat de
la Mission spéciale.................................. 15
ANNEXE B: Lettre
datée du 4 novembre adressée par le
Ministre des Affaires étrangères d’Haïti au Chef de la Mission spéciale et
transmettant le Rapport
sur la «Application des résolutions CP/RES 806 (1303/02) et
CP/RES. 822 (1331/02), au 4 novembre 2002».................................. 21
ANNEXE C: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Chef de la Mission spéciale par les dirigeants
de la Convergence Démocratique (CD), qui présentent leur évaluation de la mise
en oeuvre de la résolution CP/RES. 822 par le
gouvernement....................................................... 59
ANNEXE D: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Président d’Haïti par cinq des entités qui
doivent nommer les membres du Conseil électoral provisoire conformément au
Projet d’accord initial (Révision 9 en date du 12 juin 2002), et dans laquelle
celles-ci demandent une prolongation de quinze jours du délai prévu pour la
nomination des membres du CEP..................... 67
Projet 10 -
22 novembre
PREMIER
RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADRESSÉ AU CONSEIL PERMANENT SUR LA MISE EN ŒUVRE
DE LA RÉSOLUTION
CP/RES.
822 (1331/02)
PREMIER
RAPPORT PRÉSENTÉ AU CONSEIL PERMANENT SUR
LA MISE EN
OEUVRE DE LA RÉSOLUTION 822
4
septembre – 4 novembre 2002
GÉNÉRALITÉS
En
août 2000, à l’’invitation du Gouvernement d’’Haïti, l’’OEA a accepté de faciliter
un processus de négociation et de dialogue entre les partis politiques haïtiens
et d’’autres intervenants politiques pour dénouer la
crise post-électorale provoquée par la contestation des élections législatives,
municipales et locales de mai 2000. Le
processus qui a duré près de deux ans a été entravé par de violents incidents
intervenus le 28 juillet 2001, le 3 décembre 2001 et de nouveau le 17 décembre 2001, date à laquelle
des individus lourdement armés ont attaqué le Palais national à
Port-au-Prince. Ces actes de violence
ont été suivis par des attaques notamment du siège du groupe parti de l’’opposition et des résidences
de ses dirigeants .
Le
16 janvier 2002, le Conseil permanent de l’’OEA a approuvé la résolutionrésolution CP/RES. 806 qui,
conformément aux dispositions du paragraphe 4, visait à créer un climat propice
à la reprise des négociations pour mettre fin à ce qui avait désormais pris l’’ampleur d’’une crise politique. Cette résolutionrésolution portait aussi la création d’’une Mission spéciale pour le renforcement de la
démocratie en Haïti.
Les
efforts déployés par l’’équipe de médiation de l’’OEA pour encourager une solution de la crise se
sont heurtés à des difficultés. Pendant
ce temps le pays faisait face à une détérioration de son climat de sécurité et
courait le risque d’’une catastrophe
humanitaire. Les exigences de la
situation ont abouti à la décision, inspirée par ces considérations pratiques,
de saisir le Conseil permanent de la question.
Le 4 septembre 2002, le Conseil permanent a approuvé la résolutionrésolution CP/RES. 822 qui comprend
des éléments du Projet d’’accord initial[1]/ et a offert une occasion au
Gouvernement d’’Haïti de créer un climat
plus sûr et propice à la tenue d’’élections crédibles en 2003
et de normaliser les relations du pays avec les institutions financières
internationales.
Les
paragraphes 3 à 8 de la résolutionrésolution traitent des obligations ou
engagements contractés par le Gouvernement d’’Haïti, concernant notamment: (a) l’’application des recommandations d’’une Commission d’’enquête sur les violents incidents intervenus dans
le pays le 17 décembre 2001 et des recommandations d’’un Conseil consultatif sur les réparations à payer
aux victimes des actes de violence; (b) le désarmement, (c) la mise en oeuvre
de la Résolutionrésolution CP/RES. 806 et (d) l’’établissement, en collaboration avec un certain
nombre d’’autres secteurs, d’’un Conseil électoral provisoire pour organiser et
gérer ““des élections législatives et locales libres,
équitables et techniquement réalisables, à une date en 2003 qui sera fixée par
le Conseil électoral provisoire (CEP) – auxquelles tous les partis politiques peuvent
participer librement et en toute sécurité””.
Les
paragraphes 9 à 16 traitent des obligations contractées par la Mission
spéciale, l’’OEA et la communauté
internationale au sens large, dont: (a) la fourniture d’’assistance technique au Gouvernement d’’Haïti dans des domaines variés; (b) la
normalisation des relations économiques avec les institutions financières
internationales; (c) le soutien et la surveillance de l’’application de la rRésolutionésolution ainsi que l’’établissement de rapports d’’activité.
L’’un des éléments essentiels de la rRésolutionésolution est la création d’’un Conseil électoral provisoire crédible, neutre et
indépendant. La raison de s’’attacher à créer cette institution repose sur la
conviction qu’’une nouvelle institution
constituée conformément à la formule décrite dans le Projet d’’accord initial offrirait l’’occasion de remédier aux graves imperfections qui
ont mis en question la crédibilité des élections législatives et locales de
2000.
Les
vastes consultations tenues sur la formation du CEP depuis l’’approbation de la rRésolutionésolution CP/RES. 822 ont abouti à un début de
convergence de vues sur l’’importance de créer cette
institution et la nécessité de mener une action sur un certain nombre de
questions clés en matière de sécurité, qui faciliterait la réalisation de cet
objectif. Cependant, dans la
pratique, depuis l’’adoption de la rRésolution CP/RES. 822 (1331/02) jusqu’’au 4 novembre le
Gouvernement a davantage fait porter sont attention sur la formation du CEP
et la question des réparations que sur ses obligations découlant d’’autres dispositions clés de la rRésolution, telles que la mise en oeuvre des
recommandations de la Commission d’’enquête, y compris dans les
cas où la Commission d’’enquête a fourni un cadre
juridique ou établi des preuves fondamentales permettant d’’aller de l’’avant.
Le
présent rapport fait le point sur la mise en oeuvreœuvre de la résolution de la Résolution 822 CP/RES. 822 (1331/02) pendant la période allant du
4 septembre au 4 novembre 2002. Le
texte des paragraphes et dispositions de la résolutionde la Résolution sont est en
italique. Le rapport comprend les
annexes suivantes:
Annexe A: Lettre
en date du 29 octobre adressée par le Premier Ministre à la Mission spéciale,
et réponse de la Mission datée du 31 octobre, concernant la fourniture
d’assistance technique à Haïti dans tous les domaines couverts par le mandat de
la Mission spéciale.
Annexe B: Lettre
datée du 4 novembre adressée par le Ministre des Affaires étrangères d’Haïti au
Chef de la Mission spéciale et transmettant le Rapport sur la «Application des résolutions CP/RES 806 (1303/02) et
CP/RES. 822 (1331/02), au 4 novembre 2002».
Annexe C: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Chef de la Mission spéciale par les dirigeants
de la Convergence Démocratique (CD), qui présentent leur évaluation de la mise
en oeuvre de la résolution CP/RES. 822 par le
gouvernement.
Annexe D: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Président d’Haïti par cinq des entités qui
doivent nommer les membres du Conseil électoral provisoire conformément au
Projet d’accord initial (Révision 9 en date du 12 juin 2002), et dans laquelle
celles-ci demandent une prolongation de quinze jours du délai prévu pour la
nomination des membres du CEP.
Annexe A: Lettre
en date du 29 octobre adressée par le Premier Ministre à la Mission spéciale,
et réponse de la Mission datée du 31 octobre, concernant la fourniture d’assistance
technique à Haïti dans tous les domaines couverts par le mandat de la Mission
spéciale.
Annexe B: Lettre
de transmission du Rapport ………., en date du 4 novembre, adressée par le
Ministre haïtien des affaires étrangères au Chef de la Mission spéciale.
Annexe C: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Chef de la Mission spéciale par les dirigeants
de la Convergence Démocratique (CD), qui présentent leur évaluation de la mise
en oeuvre de la Résolution 822 par le gouvernement.
Annexe D: Lettre
en date du 4 novembre adressée au Président d’Haïti par cinq des entités qui
doivent nommer les membres du Conseil électoral provisoire conformément au
Projet d’accord initial (Révision 9 en date du 12 juin 2002), et dans laquelle
celles-ci demandent une prolongation de quinze jours du délai prévu pour la
nomination des membres du CEP.
OBLIGATIONS/ENGAGEMENTS
DU GOUVERNEMENT D’’HAÏTI
La
rRésolution décrit de façon très détaillée un certain
nombre d’’engagements et d’’obligations fondamentaux contractés par le Gouvernement d’’Haïti.
Paragraphe
3. D’’accueillir l’’engagement exprimé par le Gouvernement d’’Haïti de donner suite aux recommandations de la
Commission d’’enquête, ainsi qu’’aux recommandations du Conseil consultatif sur les
réparations, comme le reflète l’’Accord signé par le Ministre
de la justice, les requérants et leurs représentants le 9 juillet 2002, et d’’appeler le Gouvernement d’’Haïti à concrétiser cet engagement dans les
meilleurs délais.
La
Commission d’’enquête a présenté son rapport le
20 juin 2002. L’’examen des différents éléments figure ci-dessous.
Réparations: aux termes de l’’accord conclu le 9 juillet entre le Ministre de la
justice d’’une part et les requérants
et leurs représentants d’’autre part, des réparations
pécuniaires ont été versées à M. Reynold Georges, dirigeant de ALAH, ancien
partenaire du MPSN (l’’un des partis membres de la
Convergence Démocratique) dans la coalition de l’’opposition et ont été offertes à Evans Paul,
dirigeant du KID, partenaire de coalition d’’Espace de Concertation (un autre parti membre de la
Convergence
DémocratiqueCD). Un
paiement partiel a également été effectué à M. Luc Mésadieu et au Pasteur
Sylvio Dieudonné, dirigeants de MOCHRENA (troisième parti membre de la Convergence DémocratiqueCD). La
Mission a été officieusement informée par le gouvernement que des pourparlers
sont en cours avec ce parti sur un certain nombre de revendications
supplémentaires. De même source, la
Mission a appris que des négociations ont été menées à bien avec Victor BenoitBenoît, dirigeant de KONAKOM
(quatrième parti membre de la Convergence DémocratiqueCD) en vue de satisfaire aux demandes de
dédommagement des pertes que lui-même et son parti ont subies.
Le
gouvernement indique qu’’au 4 novembre, un montant de
34 millions de gourdes (approximativement EU$963,719.00[2]) (équivalant à environ EU$ . Vérifier le taux de change) avait
été affecté au règlement des demandes de réparations de quatre des cinq partis
politiques et de leurs dirigeants, tous signataires de l’’accord du 9 juillet avec le
Ministre de la justice et qu’’un montant de EU$ 150 000 est prévu
pour l’’Institut français d’’Haïti.
Il
est décevant de constater toutefois que l’’affaire n’’est pas entièrement réglée. Des
négociations sont encore en cours avec l’’OPL qui a soumis une demande de réparations pour
toutes les victimes qui lui sont affiliées dans l’’ensemble du pays. Il
semble aussi qu’’au 4 novembre la situation n’’était pas encore complètement réglée avec KONAKOM. De
plus, il paraît qu’’il y a une trentaine d’’autres individus mentionnés dans le Rapport du
Conseil consultatif sur les réparations et que leur cas n’’a encore guère reçu d’’attention.
Le
gouvernement a proposé en termes vagues la création en date du 4 novembre d’’un Fonds pour les victimes. Pour assurer une plus grande transparence et
éviter d’’être accusé de manipuler le processus pour en tirer
un avantage politique, la Mission spéciale a recommandé au gouvernement qu’’un mécanisme soit élaboré pour traiter de la
question d’’une façon neutre et
approfondie, par exemple en confiant à un cabinet d’’experts comptables international réputé dans le règlement des demandes de
réparations sur la base des recommandations du Conseil consultatif sur les
réparations, dans un délai déterminé et court.
Paragraphe
4.a Publier,
dans les 60 jours de la réception du rapport de la Commission d’’enquête, un rapport du Ministre de la justice sur
les mesures qui auront été prises à l’’égard des personnes dont l’’implication dans les événements du 17 décembre 2001
et pendant les jours qui ont suivi aura été établie;
Le 11 septembre 2002, le Gouvernement d’’Haïti a publié un rapport qualifié de ““préliminaire”” par le Ministre de la justice. Il ressort de ce rapport que le gouvernement
avait fait très peu de chose pour s’’acquitter de ses
obligations. La Mission spéciale a
informé le Président d’’Haïti le 3 octobre que le
rapport était inadéquat. Le Président a
souligné qu’’il s’’agissait d’’un rapport préliminaire et que le Gouvernement
entendait bientôt y donner suite. La
Mission spéciale a souligné auprès du
Président l’’importance d’’une action sur ce front, à la fois en tant que
telle et en raison de l’’utilité d’’un CEP crédible.
Au début novembre, le Ministère de la justice a
publié un autre rapport (voir l’’Annexe B) qui a montré que d’’autres mesures avaient été prises depuis lors à
Port-au-Prince. Dans l’’ensemble, l’’action menée sur ce front a été lente et faible, en
particulier en dehors de Port-au-Prince, et aucun cas n’’a été complètement réglé.
Paragraphe
4b Renforcer sa politique et ses programmes de
désarmement, et dans cette perspective, inviter la communauté internationale à
fournir une collaboration active, par l’’intermédiaire de la Mission spéciale de l’’OEA, dans le cadre de l’’élaboration et de la mise en œuvre d’’un programme général de désarmement.
Le
3 octobre 2002, la Mission spéciale, tout en reconnaissant que la
responsabilité première du désarmement incombait au gouvernement, a proposé au
Président la création d’’une équipe mixte
(gouvernement/Mission spéciale) pour élaborer un Plan national de désarmement,
et procéder au désarmement national y afférent.
Depuis
lors, des efforts sont déployés en vue de faciliter un dialogue entre le
gouvernement et d’’autres secteurs de la
société haïtienne pour s’’attaquer à cette question
cruciale. Un séminaire sur le
désarmement a été réalisé par la
Mission spéciale les 28-29 octobre 2002 à Port-au-Prince, avec la coopération
et l’’assistance du PNUD, pour accroître la
sensibilisation aux effets de la prolifération des armes en Haïti et à la façon
dont la recrudescence de la violence qui en a résulté a contribué à l’’insécurité et au désordre dans le pays. Ce séminaire a aussi été l’’occasion pour les Haïtiens d’’entendre des experts internationaux qui ont géré
les opérations de désarmement dans d’’autres pays tels que le
Brésil, la Bosnie, l’’Albanie et El Salvador
parler des leçons apprises et de l’’expérience acquise dans ce
domaine. Les discussions ont
suscité un certain nombre de recommandations qui seront examinées au moment de
l’’élaboration du Plan national de désarmement pour
Haïti.
Le Rapport du gouvernement (Annexe B) en date du 4
novembre décrit les actions menées par le gouvernement dans ses campagnes
contre les armes illégales et le trafic de drogues. Étant donné que ce document a été reçu au moment où se terminait
la période sur laquelle portait la communication des données, la Mission spéciale n’’a pas été en mesure de procéder à une vérification
indépendante de l’’information figurant dans le
document sur la collecte des armes, y compris les fortes variations des
chiffres indiqués. En ce qui concerne
le sujet de la drogue, l’’information communiquée dans
le rapport est grosso modo conforme à l’’information obtenue par la Mission spéciale.
Paragraphe
4c. Mettre en oeuvre, dans l’’exercice le plus large du
pouvoir qui lui est conféré par la législation haïtienne, toutes les
recommandations relatives aux droits de la personne et à la presse, qui ont été
formulées dans le Rapport de la Commission d’’enquête au sujet des événements du 17 décembre 2001,
ainsi que toutes les autres recommandations formulées dans ce rapport qui,
intégralement ou en partie, lui sont adressées.
Le Gouvernement n’’a pas encore honoré ses vastes obligations en
application des dispositions susmentionnées.
Entre temps, la situation en matière de droits de
la personne pendant la période considérée a été mitigée. D’’une part, une manifestation
d’’étudiants a eu lieu à l’’Université d’’État le 19 septembre sur le thème de la gouvernance
sans incident et avec une présence policière appropriée, contrairement à ce qui
s’’était produit lors de tentatives précédentes. Il y a eu plusieurs signes de l’’appui accru du gouvernement au système de prison,
notamment à la question pressante des détenus en instance de jugement.
D’’autre part, le nombre des
disparitions, qui sont restées inexpliquées par la police, est préoccupant,
dont celles de dirigeants locaux à Martissant en septembre, de deux membres d’’un parti politique de l’’opposition en octobre et d’’un officier supérieur de police affecté à la
sécurité du Palais à la fin octobre, parmi d’’autres. Il
y a eu plusieurs cas notoires de difficulté concernant l’’application de la procédure d’’habeas corpus de la constitution, par exemple ceux de l’’ancien président Prosper Avril et de Rosemond Jean
(porte-parole des victimes dans le présent effondrement financier des caisses d’’épargne et de crédit), qui tous les deux étaient
encore en prison le 4 novembre 2002 malgré les protestations concernant leur détention
et les démarches juridiques accomplies en leur nom.
La liberté de la presse a continué d’’être un sujet de préoccupation pendant la période
de communication des données. L’’une des principales stations radiophoniques de
Port-au-Prince, Radio Kiskeya, a fermé ses portes pendant plusieurs jours à la
fin septembre suite à une information qualifiée de hautement crédible et selon
laquelle elle devait faire l’’objet d’’une attaque.
Il s’’est produit une grande
mobilisation de soutien, notamment des visites de personnalités du gouvernement,
et les menaces sont restées lettre morte.
D’’autres stations radiophoniques ont aussi été
menacées pendant cette période. Dans le
même temps, un débat a eu lieu avec notamment la participation du Président d’’Haïti sur le rôle et la responsabilité des
journalistes. À plusieurs occasions, la
Mission spéciale a vivement défendu la liberté d’’expression, comme l’’avait fait le Rapporteur spécial de l’’OEA le 4 septembre à la suite de la visite qu’’il avait effectuée dans le pays en août 2002.
Paragraphe 5a. Le rétablissement d’’un climat de sécurité;
Bien que cet engagement soit un élément essentiel,
explicite ou implicite, de chaque résolutionrésolution sur Haïti, depuis août
2000, la situation globale en matière de sécurité n’’a pas beaucoup changé au cours des derniers mois, y
compris depuis l’’adoption de la rRésolution 822ésolution CP/RES. 822 (1331/02). Par exemple, les chiffres mis à la disposition de la Mission par
la police indiquent que pendant la période allant de juin à septembre 2002, le
nombre total des affaires examinées est demeuré dans l’’ensemble stable (variant entre quelque 480 et 580
par mois), le nombre des assassinats a eu tendance à augmenter (passant à 38 ein septembre), celui des autres agressions et
enlèvements a diminué, mais le nombre des vols armés a resté stable.
Les problèmes proviennent: (a) des activités de
gangs et de groupes armés, de responsables et de particuliers, qui ont dans
certains cas des affiliations politiques; (b) de l’’accroissement du nombre des agents privés de
sécurité dû au sentiment généralisé que le gouvernement n’’est pas en mesure d’’assurer la sécurité et la protection de tous ses
citoyens; (c) du niveau élevé de délinquance causé par les conditions
socio-économiques; (d) de l’’impunité due aux carences du
système judiciaire; (e) de la faiblesse de la Police nationale haïtienne qui
est attribuée à des lacunes aux niveaux de la direction et de la gestion, à l’’insuffisance et à la formation inadéquate de la
main-d’’oeuvre, à la manipulation et à la corruption
politiques alléguées et au manque de matériel et d’’équipement.
Il s’’est produit un nombre élevé
d’’incidents graves au cours des derniers mois à
Port-au-Prince et dans la banlieue, ainsi que dans d’’autres villes et villages. La mise à feu de pneus et les affrontements
locaux, entraînant notamment la mort ou d’’autres perturbations, se répètent assez souvent
pour préoccuper à juste titre les citoyens ordinaires. D’’importantes confrontations
ont eu lieu à GonaivesGonaïves, à la Cité Soleil et à
Martissant. Des individus ont disparu
ou été menacés. La police n’’a pas réarrêtéréarrêté Amiot Métayer ni la plupart
des autres qui se sont échappés de prison avec lui le 2 août (voir le
paragraphe 6 ci-dessous sur l’’impunité).
Paragraphe 5b. La poursuite effective de toute personne, et
le licenciement, le cas échéant, de tout individu, auteur ou complice, dont la
participation aura été établie dans les actes de violence perpétrés le 17
décembre 2001 et les jours suivants;
Comme il est indiqué au paragraphe 4 (a) ci-dessus,
il n’’y a guère eu d’’action sur ce front. Le Bureau du Procureur de la République à Port-au-Prince a
cherché à obtenir de plus amples renseignements auprès du juge d’’instruction.
Le rapport du gouvernement en date du 4 novembre risquerait d’’amener le lecteur à penser que les lacunes de la
gestion de cette affaire peuvent provoquer de nouveaux retards à l’’avenir. En
dehors de Port-au-Prince, il n’’y a aucune activité digne d’’être mentionnée pendant la période de communication
des données.
Depuis l’’adoption de la résolution 822résolution CP/RES. 822, la Mission spéciale n’’a aucune raison de penser qu’’il y a eu des arrestations ou poursuites de
personnes mentionnées dans le rapport de la Commission d’’enquête pour avoir pris part aux actes de violence
du 17 décembre 2001 et des jours suivants.
Paragraphe
5c. La
réalisation d’’une enquête approfondie sur
tous les crimes politiquement motivés;
Une action partielle a été menée dans l’’affaire Brignol Lindor: la phase de l’’enquête est terminée et dix individus ont été
inculpés du crime. Cependant, les
représentants de Lindor ont fait appel du rapport d’’accusation du juge d’’instruction. À en juger par les progrès réalisés jusqu’’à présent, il semble que l’’affaire soit loin d’’être réglée.
Le juge d’’instruction, Bernard St-Vil, qui a été saisi de l’’affaire de Jean Dominique et Jean Claude
Louissaint, mène une procédure judiciaire depuis le 4 septembre et, comme il
est indiqué dans le rapport du Gouvernement du 4 novembre, il envisagerait de
terminer son enquête d’’ici à la fin de 2002. Cette affaire n’’est donc pas encore réglée deux ans et demi après
le meurtre du journaliste.[3]/
Sauf en ce qui concerne l’’affaire Marc André Diogène (député de la
circonscription de GonaiveGonaïves qui a appartenu au parti Fanmi Lavalas) dans
laquelle apparaissent certaines activités de la part du juge d’’instruction, rien ne permet d’’affirmer l’’existence d’’une action concrète depuis l’’adoption de la rRésolution 822ésolution CP/RES. 822 dans presque toutes les
affaires analogues relevant de cette catégorie, telles que celles qui figurent
sur la liste non exhaustive que les dirigeants de l’’opposition ont présentée au Président Aristide dans
un entretien face-à-face qui a eu lieu le 15 juin 2002 à la résidence du Nonce
apostolique,: Remy Darant, Mireille
Durocher Bertin, le Pasteur Antoine Leroy, Jacques Florival, le Député Jean
Hubert Feuillé, le Sénateur Yvon Toussaint, le Père Jean Pierre-Louis, le
Colonel Jean Lamy et le Colonel Max Mayard.
Cette liste a été transmise au Ministère de la justice le 17 juin 2002.
Paragraphe
5d. Les
réparations immédiates aux organisations et individus qui ont subi des dommages
comme résultat direct des actes de violence du 17 décembre 2001.
Cette
question a été examinée au paragraphe 3 ci-dessus de la résolutionrésolution.
Paragraphe 6. D'’exhorter le Gouvernement d'’Haïti à redoubler d'’efforts, en vue de créer les conditions favorables
à la tenue des élections en 2003, pour assurer un climat de sécurité et de
confiance selon les paramètres tracés au paragraphe 5 de la résolutionrésolution AG/RES. 1841 (XXXII-O/02),
en ayant présente à l’’esprit la nécessité de
renforcer une police et des institutions judiciaires indépendantes au titre de
ses efforts redoublés visant à combattre l’’impunité selon le prescrit du paragraphe 6 de la résolutionrésolution AG/RES. 1841 (XXXII-O/02).
En
ce qui concerne le climat de sécurité, voir le paragraphe 5.a.
Police: S’’agissant de la Police, voir
aussi le paragraphe 5.a. La Mission
spéciale apporte une importante contribution à la formation de la 14ième
Promotion des nouvelles recrues, qui devraient ajouter plus de 800 nouveaux
officiers aux effectifs de la Police nationale haïtienne. Cependant, il reste beaucoup à faire pour
améliorer l’’institution et lui permettre
de remédier au climat d’’insécurité qui s’’est détérioré sous l’’effet de la violence due en partie aux activités
des gangs et au trafic de drogues, ainsi qu’’au banditisme et à la criminalité dictés par des
motifs politiques. Certains de ces
problèmes sont apparus au cours des dernières semaines à Martissant, dans la
Cité Soleil, à GonaivesGonaïves, au Cap-HaitienCap-Haïtien et dans d’’autres parties du pays.
La
faiblesse de la police s’’est de nouveau manifestée
par son incapacité de prendre des mesures ou du moins de donner des
explications sur la disparition d’’un certain nombre de
personnes, ce qui inquiète considérablement la population.
Judiciaire: le Ministre de la justice
a démissionné le 25 septembre, apparemment en raison de diverses
difficultés. Les problèmes souvent
diagnostiqués du pouvoir judiciaire subsistent, malgré un plan de réforme
encourageant préparé par le dernier Ministre de la justice. Ils comprennent notamment le manque d’’indépendance du pouvoir judiciaire, l’’impunité, l’’accès limité au système de justice et l’’insuffisance de la formation et le manque de
ressources.
Impunité: l’’incidence de l’’impunité a été citée parmi les plus grandes
carences de l’’administration de la justice
en Haïti, en particulier en ce qui concerne un certain nombre de meurtres
notoires des dernières années, apparemment politiquement motivés (voir la liste
non exhaustive qui figure au paragraphe 5 (c) ci-dessus). La question a été exacerbée par l’’évasion violente de Amiot Metayer de la prison de
Gonaïives en août 2002.
La Commission d’’enquête a allégué qu’’il était le principal perpétrateur des actes de
violence du 17 décembre 2001. Celui-ci semble vivre
désormais tranquillement, mais ouvertement à GonaivesGonaïves, ce qui renforce l’’impression qu’’il existe dans la police des faiblesses constantes
et systématiques aggravées par le fait que les criminels notoires ne sont pas
inquiétés.
Paragraphe 7a. La formation d’’un Conseil électoral
provisoire (CEP) autonome, indépendant, crédible et neutre, au plus tard deux
mois après l’’adoption de la présente résolutionrésolution;
Aux
termes de la Partie IV du Projet d’’accord initial, dont il est
fait mention dans la résolution 822résolution CP/RES. 822, neuf entités haïtiennes
devaient chacune proposer un candidat à la nomination du Conseil électoral par
le Président de la République.
Apparemment
deux de ces entités – le parti au pouvoir, Fanmi Lavalas, et le pouvoir
judiciaire – ont envoyé au Président des noms, qui ne sont pas contestés dans
leurs rangs. Le grand groupeparti d’’opposition, Convergence Ddémocratique, prétend qu’’au 4 novembre le
gouvernement n’’avait pas honoré ses
obligations visées à la résolution 822résolution CP/RES. 822 et qu’’en conséquence, il ne présentait pas de candidat.
Le
groupe des autres partis politiques, non compris Fanmi Lavalas et Convergence DDémocratique, qui compte environ 60 à 80 partis
politiques, est très divisé: un sous-groupe a envoyé un nom, un autre se veut
le seul vrai représentant, mais dit que le moment n’’est pas venu. Un troisième groupe conteste la validité du
deuxième groupe et il se peut qu’’il y ait encore d’’autres divisions.
Les
autres cinq entités qui ont en général travaillé en collaboration au cours des
dernières semaines comprennent trois groupes religieux – Catholique,
Episcopalien et Protestant – le groupe des organisations non gouvernementales
(ONG) de défense des droits de la personne coordonné par Justice et Paix et les
milieux d’’affaires coordonnés par la
Chambre de commerce et d’’industrie de Haïti
(CCIH). Elles ont d’’abord insisté pour que le gouvernement demande à l’’Organisation des États Américains, par l’’intermédiaire de la Mission spéciale, une
assistance technique pour assurer la sécurité des élections et des opérations
de désarmement. Le gouvernement a
présenté cette demande le 29 octobre 2002 et la Mission spéciale a répondu affirmativement au
nom de l’’Organisation, mais les cinq entités cherchent à
obtenir des renseignements et des précisions complémentaires du gouvernement
avant de fournir des noms, qu’’elles disent avoir déjà
sélectionnés. À cette fin, étant donné
la proximité de la date butoir fixée au 4 novembre 2002, elles ont proposé dans
une lette en date du 4 novembre 2002 une prorogation de 15 jours du délai (voir
l’’Annexe D).
Le 4 novembre, des perspectives de nouvelles discussions se dessinaient.
Paragraphe
7b. L’’établissement par le CEP,
conformément aux dispositions de la législation haïtienne, et au plus tard 30
jours après la formation du CEP, d’’une Commission de garanties
électorales (CGE), qui sera constituée, entre autres, des représentants d’’un organe national de coordination formé sur la
base de l’’expérience acquise dans la
coordination des missions d’’observation des élections en
Haïti, et des organisations de la société civile, et qui aura pour témoins des
représentants des missions d’’observation des élections,
et de la Mission spéciale de l’’OEA pour le renforcement de
la démocratie en Haïti;
Attendre la formation du CEP.
Paragraphe
7c. La surveillance par le CEP des activités de la
police nationale en relation avec le processus électoral.
Attendre la formation du CEP.
Paragraphe
8. De reconnaître en outre l’’urgence de la formation du CEP conformément au
processus proposé par l’’OEA dans le Projet d’’Accord initial (Rev. 9) du 12 juin 2002 au plus
tard deux mois après l’’adoption de la présente résolutionrésolution.
Ce paragraphe va de pair
avec le paragraphe 9.
Pendant
la période allant du 3 au 21 octobre 2002, le Chef et le Chef adjoint de la
Mission spéciale ont tenu des réunions avec le Président Jean-Bertrand Aristide (3 octobre), des
représentants du
groupe de la
Convergence Ddémocratique (7 octobre), M. Maurice Lafortune,
Président de la Chambre de commerce et d’’industrie (10 octobre), le
Pasteur Edouard Paultre, Fédération Protestante d’’Haïti (11 octobre), Mgr. Jean Zaché Duracin, Chef
des Églises Anglicanes (11 octobre) et Maître Boniface Alexandre, Président de
la Cour de Cassation (14 octobre), le Père Jean Hanssens de Justice et Paix
(organisations de défense des droits de la personne) – 16 octobre- et les
autres partis politiques (21 octobre).
L’’objectif de ces réunions était d’’examiner le rôle de ces institutions dans la
formation du nouveau CEP, conformément à la formule convenue dans le Projet d’’accord initial (rRev.
9).
La délégation a insisté
auprès des représentants sur l’’importance de mettre en
place un CEP crédible pour gérer le processus électoral. Elle les a informés que le rôle principal de
la mise en oeuvre de la rRésolution 822ésolution CP/RES. 822 incombait au gouvernement,
mais eu égard au CEP les neufs institutions – les églises, FL, CD etc. avaient
un grand rôle à jouer. La Mission spéciale
prêtaient ses bons offices en tant que médiateur pour tenir des consultations
et leur accorder une aide dans le déroulement de leurs opérations internes afin
qu’’elles jouent le rôle critique qui leur était
confié.
La Mission a continué de s’’entretenir avec divers intervenants et institutions
jusqu’’au 4 novembre 2002.
OBLIGATIONS DE L’’OEA
Paragraphe
9. D’’offrir au Gouvernement d’’Haïti, aux partis politiques et à la société civile
l’’appui et l’’assistance technique de l’’Organisation des États Américains, qui sont
nécessaires pour faciliter le processus de formation du CEP et de préparation
de la tenue de ces élections.
À l’’exception du parti Fanmi
Lavalas et du pouvoir judiciaire, toutes les institutions désignées dans le
Projet d’’accord initial pour nommer des candidats au CEP se
sont déclarées très préoccupées par le climat d’’insécurité qui règne dans le pays et les
conséquences que cela peut entraîner pour la campagne électorale.
Ces préoccupations ont été exprimées dans deux
lettres adressées le 10 et le 26 octobre 2002 par les cinq institutions citées
au paragraphe 7 (a), au Président d’’Haïti et au Chef de la
Mission spéciale, respectivement.
Ces institutions ont indiqué qu’’elles avaient sélectionné leurs candidats au
Conseil électoral provisoire, mais qu’’avant de les présenter officiellement elles
invitaient le gouvernement à demander à l’’OEA une assistance technique à la mise en oeuvre
des dispositions des rRésolutionésolutions 806 et 822. Elles ont fait savoir que cette demande
était nécessaire pour avoir la garantie qu’’une assistance internationale serait obtenue pour
assurer la sécurité des élections et du désarmement.
Après des entretiens commencés à une date nettement
antérieure entre le gouvernement et la Mission spéciale en vue de remédier à la
lenteur des progrès de la coopération envisagée au moment de la création de la
Mission spéciale, soit en avril 2002, dans une lettre en date du 29 octobre
2002, le Premier Ministre a officiellement présenté une demande d’’assistance technique à l’’Organisation des États Américains dans tous les
domaines couverts par ces résolutionrésolutions, c’’est-à-dire les élections, y compris la sécurité des
élections, la professionnalisation de la police, le désarmement, la justice,
les droits de la personne et la gouvernance.
Le 31 octobre 2002, le Chef de la Mission spéciale a répondu
affirmativement à la demande d’’assistance technique du
Gouvernement d’’Haïti. Ces lettres constituent l’’Annexe A du présent rapport. La préparation du champ couvert par l’’assistance technique dans chaque domaine et la
création des commissions mixtes chargées du travail sont en cours.
Paragraphe
10. D’’encourager toutes les
parties concernées en Haïti à participer à tous les aspects pertinents de ces élections
et au processus électoral menant à ces élections.
À
maintes reprises, la Mission spéciale a encouragé toutes les parties
intéressées, des secteurs public et privé, à jouer pleinement leur rôle. Elle a souligné que personne n’’était exclu et que tous doivent participer pour
assurer un processus crédible.
À
la fin octobre, le Groupe d’’amis du Secrétaire général
de l’’OEA pour Haïti a eu des entretiens avec le
Président Aristide pour insister sur la nécessité de prendre des mesures au
titre des obligations du gouvernement découlant de la résolution 822résolution CP/RES. 822 pour faciliter la formation
d’’un CEP crédible d’’ici au 4 novembre, préparant ainsi la voie à la
tenue d’’élections satisfaisantes en 2003. Le
Président a saisi l’’occasion pour souligner l’’importance de la reprise de l’’aide internationale à Haïti, pour l’’aider à honorer ses engagements en application de
la rRésolution 822.
Paragraphe
11. D’’appuyer la normalisation de
la coopération économique entre le Gouvernement d’’Haïti et les institutions financières
internationales, et d’’exhorter ces parties à
surmonter les obstacles techniques et financiers qui entravent cette
normalisation.
En
application du paragraphe 11 de la résolution 822résolution CP/RES. 822, des entretiens ont eu lieu
entre Haïti et en particulier la Banque interaméricaine de développement (BID),
qui a envoyé une mission en Haïti, le Fonds monétaire international (FMI) et la
Banque mondiale. Des consultations informelles
entre donateurs ont été fixées par la Banque mondiale au 9 décembre 2002 à
Washington, D.C.
Le
Gouvernement d’’Haïti a critiqué la
communauté internationale qui n’’a pas, selon lui, répondu
plus activement ou assez rapidement aux besoins d’’Haïti. Il
convient de noter qu’’il existe de sérieux problèmes
concernant la capacité d’’absorption du pays et les
préoccupations suscitées parmi les donateurs par l’’emploi et l’’affectation des ressources, auxquelles il faut
remédier. La rRésolution 822ésolution CP/RES. 822 exhorte tous les intéressés
à résoudre ces problèmes, et il est donc impératif que les IFI coopèrent plus
étroitement avec le Gouvernement d’’Haïti pour trouver des
moyens novateurs de surmonter les obstacles techniques et permettre une reprise
des flux multilatéraux.
Le 30 septembre 2002, la
délégation haïtienne à l’’Assemblée annuelle du FMI et
de la Banque mondiale a eu des entretiens avec le Vice-président pour l’’Amérique latine et les Caraïbes ainsi qu’’avec le Directeur de département géographique pour lesdes Caraïbes.
À cette occasion, la Banque a informé la délégation qu’’une reprise des dons et
prêts de l’’IDA sera subordonnée au
règlement des arriérés. La Banque a
encouragé le gouvernement de conclure un accord avec le FMI sur un programme
dont l’’exécution sera suivie par les services du
Fonds. Sur la demande du gouvernement,
la Banque mondiale a convenu d’’envoyer une mission en
Haïti, à une date qui doit être précisée, pour examiner les priorités du
gouvernement en matière de développement, tenir des consultations avec les
autorités sur la stratégie d’’aide transitoire proposée
par la Banque et avoir un échange de vues sur les formules possibles de
règlement des arriérés.
La Banque mondiale a tenu
des pourparlers avec le FMI et la BID pour évaluer les possibilités d’’établir un plan coordonné et global pour le
règlement des arriérés. La Banque
mondiale présidera une réunion informelle de donateurs à Washington, D.C. au début décembre
2002. À cette réunion, les bailleurs de
fonds devraient normalement examiner l’’évolution de la situation en Haïti et déterminer s’’il est possible d’’organiser une réunion du Groupe consultatif au
début de 2003.
En plus de l’’information fournie dans le
document sous la cote CP/doc. 3643/02
corr. 1 du 28 août 2002 concernant
la Banque interaméricaine de développement, la Banque a indiqué que sur la base
de la rRésolution 822ésolution CP/RES. 822, elle a reçu instruction de
son Conseil des gouverneurs de procéder aux commencer les travaux techniques nécessaires avec le Gouvernement
d’’Haïti en vue de réactiver
ses prêts. Tandis que le présent
rapport était en cours de préparation, la deuxième mission technique de la
Banque à destination d’’Haïti était organisée. Elle est prévue pour la troisième semaine de
novembre.
Paragraphe
12. De réaffirmer les mandats du Secrétaire
général, et de la Mission spéciale de l’’OEA conformément aux résolutionrésolutions AG/RES. 1841 (XXXII-O/02),
AG/RES. 1831 (XXXI-O/01), et CP/RES. 806 (1303/02) corr. 1, et de charger le
Secrétaire général de renforcer davantage la Mission spéciale de l’’OEA en Haïti pour qu’’elle soit en mesure d’’appuyer et de surveiller la mise en œuvre de la
présente résolutionrésolution et de toutes les autres résolutionrésolutions pertinentes de l’’OEA ainsi que de tous les engagements du
Gouvernement d’’Haïti, et en même temps de
faire rapport sur cette mise en œuvre, selon le prescrit de ces résolutionrésolutions et conformément à l’’accord intervenu entre le Gouvernement d’’Haïti et l’’OEA au sujet de la Mission spéciale pour le
renforcement de la démocratie en Haïti.
Ces engagements sont les suivants:
a.
Renforcement des
institutions démocratiques, y compris des partis politiques, de façon à
garantir un régime plural de partis politiques;
b.
Formation d’’un nouveau Conseil électoral provisoire (CEP),
conformément au processus proposé par l’’OEA dans le Projet d’’Accord Initial (Rrev. 9) du 12 juin 2002 et réalisation de toutes les
activités du CEP;
c.
Établissement par le CEP d’’une Commission de garanties
électorales (CGE);
d.
Élaboration et mise en œuvre
d’’un programme général de désarmement;
e.
Promotion d’’un Dialogue National et encouragement d’’un consensus entre le Gouvernement d’’Haïti, tous les partis politiques et la société
civile haïtienne;
f.
Professionnalisation d’’une institution indépendante de police; élaboration
d’’un plan de sécurité, et création d’’un climat de sécurité pour les élections de 2003;
Le
Secrétariat général de l’’OEA a établi un programme de
travail pour la Mission spéciale qui comprend une description de ses besoins en
ressources jusqu’’au début de l’’automne 2003, c’’est-à-dire après les élections présumées et compte
tenu des résolutionrésolutions 806 et 822. Ce document facilitera la tâche du
Secrétaire général consistant à renforcer la Mission, lui permettre de s’’acquitter plus efficacement des responsabilités que
lui a conférées la rRésolutionésolution 806 et accroître sa
capacité d’’assumer et d’’honorer les engagements supplémentaires qui lui
incombent du fait de la rRésolution 822ésolution CP/RES. 822 dans des domaines de fond,
ainsi que la responsabilité de coordonner et de surveiller les élections et de
faire rapport sur celles-ci comme il est stipulé au paragraphe 13 ci-dessous de
la résolutionrésolution.
Paragraphe
13. La Mission spéciale de l’’OEA aura également pour
attributions:
a.
D’’appuyer et de surveiller la fourniture, par la
communauté internationale et l’’OEA, de l’’assistance technique dans le cadre des élections
avant et après la tenue des comices de 2003, ainsi que le déploiement d’’une mission d’’observation des élections pour observer tous les
aspects du processus électoral et en même temps de faire rapport sur la
fourniture de cette assistance et sur le déploiement de cette mission;
b.
De coordonner les efforts
que déploie la communauté internationale pour apporter une assistance technique
et une assistance financière dans le cadre des élections, dans les domaines
notamment de la planification électorale, de l’’assistance technique, de la sécurité et de l’’observation des élections en 2003.
En
préparation des élections, la Mission spéciale a tenu des consultations avec
notamment: le PNUD à New York et à Port-au-Prince; l’’Unité pour la promotion de la démocratie au siège
de l’’OEA; et des organismes non gouvernementaux dont la
Fondation internationale pour les systèmes électoraux et l’’Institut démocratique national. Il est prévu qu’’une fois le CEP constitué, une équipe d’’experts se joindra à la Mission spéciale pour
coopérer avec Haïti à l’’évaluation des besoins en
matière d’’assistance technique et
financière et d’’observation des élections.
La
Mission prépare également une série de réunions d’’information et de propositions à présenter au CEP,
une fois qu’’il sera constitué, pour l’’aider à s’’acquitter rapidement de ses fonctions de
surveillance et de prise de décisions.
Paragraphe
14. D’’appeler le Secrétaire
général à maintenir son engagement de poursuivre ses efforts en vue de dénouer
la crise politique en Haïti, à suivre l’’évolution de la situation, et à soumettre au
Conseil permanent tous les deux mois des rapports détaillés sur la mise en
œuvre de la présente résolutionrésolution.
Le
Secrétaire général et le Secrétaire général adjoint ont suivi de près la
situation en Haïti et ont prêté leur assistance autant que de besoin. En soumettant le présent rapport le
Secrétaire général s’’acquitte de ses
responsabilités visées au paragraphe 14 de la résolutionrésolution.
Non seulement le Secrétaire général, mais aussi le
Secrétaire général adjoint sont restés en contact régulier avec la Mission
permanente d’’Haïti auprès de l’’OEA et, par l’’intermédiaire de la Mission spéciale, se sont
engagés dans un dialogue avec les principaux intervenants en Haïti pour
apporter une solution à la fois aux difficultés politiques du pays et aux
problèmes susmentionnés dans le présent rapport. Ils ont aussi continué d’’avoir des entretiens périodiques avec des membres
du Groupe d’’amis du Secrétaire général
de l’’OEA pour Haïti à Washington, D.C. En outre, le Secrétaire général adjoint a
maintenu des relations avec la diaspora haïtienne de la région de Washington,
D.C. à l’’occasion de conférences. Un contact régulier a également été maintenu avec la Division des
affaires politiques du Secrétariat des Nations Unies sur l’’évolution de la situation en Haïti.
OBLIGATIONS
DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE AU SENS LARGE
Paragraphe
15. D’’appeler la communauté
internationale à apporter, de toute urgence, des fonds additionnels à la
Mission spéciale de l’’OEA pour aider à financer
ses programmes économiques, sociaux et de renforcement institutionnel en faveur
d’’Haïti, la mettant ainsi en mesure de s’’acquitter des responsabilités qui lui incombent en
vertu de la présente résolutionrésolution.
Après
l’’adoption de la rRésolution
822, les États-Unis ont apporté une contribution de EU$1 000 000 à la
Mission spéciale pour faciliter ses travaux dans le domaine de la
sécurité. Ils ont annoncé une autre
contribution de $1 million.
Le
document concernant les ressources mentionné au paragraphe 12 de la résolutionrésolution servira de base pour lancer
un appel aux États membres et aux observateurs afin d’’obtenir des fonds additionnels aux fins indiquées.
Paragraphe
16. D’’appeler également la
communauté internationale à fournir un appui technique et un appui financier
pour les élections de 2003, tout particulièrement au moyen de l’’observation de la formation et des opérations du
CEP avant les élections; des opérations post-électorales, et des élections
proprement dites.
La
Mission spéciale a amorcé un processus de consultations dans le cadre de ses
fonctions de coordination visées au présent paragraphe. Les résultats et conclusions de l’’équipe d’’évaluation mentionnés au
paragraphe 13 de la résolutionrésolution seront incorporés dans l’’appel lancé à la communauté internationale pour
obtenir de l’’aide en exécution de ce
mandat.
CONCLUSION
Étant
donné le degré de méfiance mutuelle qui existe entre les divers intervenants
politiques haïtiens, la résolution 822résolution CP/RES. 822 (1331/02) leur offre une occasion de
dénouer la crise politique notamment en coopérant à la création d’’un Conseil électoral provisoire. Celui-ci serait en soi une réalisation
importante et il servirait à renforcer la démocratie en Haïti. Il faut espérer que les principaux acteurs
feront progresser ce processus en allant au-delà de leurs positions
personnelles rigides pour développer la coopération et stabiliser la situation
politique selon des conditions qui permettront de mettre fin à la fragmentation
et à l’’immobilisme politique dont Haïti est victime depuis
trop longtemps. Il est encourageant de
constater que les contacts entre les diverses parties intéressées se
poursuivent et de toute évidence il faut espérer que ces contacts permettront
de former un CEP crédible dans les limites de la prolongation de 15 jours.
Si
une suite lui est donnée dans les prochaines semaines, la demande d’’assistance technique de l’’OEA présentée par le Premier Ministre à la Mission
spéciale le 29 octobre dans tous les domaines d’’activités de la Mission spéciale couverts par le
mandat, y compris le désarmement et la sécurité des élections, devrait ouvrir
la voie à des progrès plus rapides et permettre de rassurer davantage le public
dans la phase préalable aux élections.
Le
Gouvernement d’’Haïti a critiqué la
communauté internationale qui, selon lui, n’’a pas répondu plus activement ou rapidement aux
besoins d’’Haïti. Cependant,
il existe de graves problèmes liés à la capacité d’’absorption du pays et aux préoccupations suscitées
parmi les bailleurs de fonds par l’’emploi et l’’affectation des ressources, auxquelles il faut
remédier. Dans le même temps, la résolution 822résolution CP/RES. 822 exhorte tous les intéressés
à résoudre ces problèmes, et les IFI doivent coopérer plus étroitement avec le
Gouvernement d’’Haïti pour trouver des
moyens novateurs de surmonter les obstacles techniques et permettre la reprise
des flux multilatéraux.
La
sécurité est la clé du progrès et elle est, en particulier, une condition sine qua non de la crédibilité des
élections qui auront lieu l’’an prochain. Il faudra un travail considérable pour
renforcer la Police nationale haïtienne et l’’aider à devenir une pierre de voûte professionnelle
et impartiale de la règle de droit et des institutions démocratiques d’’Haïti. L’’élaboration et la mise en oeuvre d’’un programme national de désarmement, accompagnées
d’’emblée de mesures de renforcement de la confiance,
contribueront à la création d’’un climat sûr et propice à la tenue des ‘élections crédibles et au développement
social, économique et politiqueet à une situation sociale, économique et politique
crédibles. À supposer que des progrès suffisants soient
réalisés dans l’’application des autres
dispositions de la résolution 822résolution CP/RES. 822 (1331/02), la communauté
internationale devra répondre très prochainement aux besoins importants de
ressources dans le cadre des élections et de la sécurité dans le courant de
2003.
http://scm.oas.org/pdfs/2002/cp10545f.pdf
ANNEXE A
Lettre en date du 29 octobre adressée par le
Premier Ministre à la Mission spéciale, et réponse de la Mission datée du 31
octobre, concernant la fourniture d’assistance technique à Haïti dans tous les
domaines couverts par le mandat de la Mission spéciale
ANNEXE B
Lettre datée
du 4 novembre adressée par le Ministre des Affaires étrangères d’Haïti au Chef
de la Mission spéciale et transmettant le Rapport sur la «Application des
résolutions CP/RES 806 (1303/02) et CP/RES. 822 (1331/02), au 4 novembre 2002»
ANNEXES[4]/
1. Tableau des valeurs décaissées dans le cadre des réparations aux
victimes
2. Correspondance du Premier Ministre haïtien, Monsieur Yvon Neptune,
en date du 29 octobre 2002, au Chef de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti,
l’Ambassadeur David Lee, relative à une demande d’assistance technique en
matière de sécurité électorale.
3. Tableau affichant la baisse du taux d’insécurité dans la zone
métropolitaine pour les mois de juin à septembre 2002
4. Bilan des armes saisies dans le cadre de l’Opération Désarmement
5. Bilan des armes et munitions saisies dans le cadre de l’Opération
de Désarmement en cours.
6. Bilan des saisies de drogue effectuées par la PNH. Période 1999-2002
7. Lois et Arrêtés relatifs au contrôle et à la répression du trafic
illicite de la drogue
8. Dossier Brignol Lindor (Petit-Goâve) ― Actions judiciaires
entreprises
9. Dossier Jean Dominique ― Actions judiciaires entreprises
ANNEXE C
Lettre en
date du 4 novembre adressée au Chef de la Mission spéciale par les dirigeants
de la Convergence Démocratique (CD), qui présentent leur évaluation de la mise
en oeuvre de la résolution CP/RES. 822 par le gouvernement
ANNEXE D
Lettre en
date du 4 novembre adressée au Président d’Haïti par cinq des entités qui
doivent nommer les membres du Conseil électoral provisoire conformément au
Projet d’accord initial (Révision 9 en date du 12 juin 2002), et dans laquelle
celles-ci demandent une prolongation de quinze jours du délai prévu pour la
nomination des membres du CEP
Page 71-72
ANNEXE A
RÉpubliQUE D’HaÏti
Le Premier Ministre
PM/YN/mgc/2776
Port-au-Prince,
29 octobre 2002
Monsieur David Lee
Chef de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti
Bureau de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti
Monsieur le Chef de mission,
Je vous
remercie du projet de programme de travail et d’évaluation des besoins de
ressources pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil permanent de l’OEA
CP/RES. 806 et CP/RES. 822, que vous avez présenté à votre homologue haïtien au
cours de la réunion qui s’est tenue dans mon bureau le 25 octobre dernier.
Conformément
à cette réunion et compte tenu de l’échange de vues qui a eu lieu entre les
deux parties, je suis heureux de vous informer que le Gouvernement souhaite
recevoir une assistance technique de l’OEA dans les domaines indiqués
ci-dessous, dont le champ couvert détaillé sera défini pour chaque secteur au
sein des commissions mixtes:
Établissement d’une force de police professionnelle
Justice
Droits de la personne
Bonne gouvernance
Élections, y compris la sécurité des élections
Désarmement
Je vous pris d’agréer, Monsieur le Chef de mission,
les assurances de ma haute considération.
Yvon Neptune
MISSION SPÉCIALE DE L’OEA POUR LE RENFORCEMENT DE
LA DÉMOCRATIE EN HAÏTI
31 rue Pacot, Port-au-Prince, Haïti Tél:
245-5437; 244-6695; 244-6696; Fax 244-6697
MSH/ADM/113/02
Port-au-Prince, 31 octobre 2002
Monsieur Yvon Neptune
Premier Ministre
Cabinet du Premier Ministre
Monsieur le Premier Ministre,
J’ai l’honneur
d’accuser réception de votre lettre en date du 29 octobre 2002, qui est rédigée
en ces termes:
“Monsieur le Chef de mission,
Je vous
remercie du projet de programme de travail et d’évaluation des besoins de
ressources pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil permanent de l’OEA
CP/RES. 806 et CP/RES. 822, que vous avez présenté à votre homologue haïtien au
cours de la réunion qui s’est tenue dans mon bureau le 25 octobre dernier.
Conformément
à cette réunion et compte tenu de l’échange de vues qui a eu lieu entre les
deux parties, je suis heureux de vous informer que le Gouvernement souhaite
recevoir une assistance technique de l’OEA dans les domaines indiqués
ci-dessous, dont le champ couvert détaillé sera défini pour chaque secteur au
sein des commissions mixtes:
Établissement d’une force de police professionnelle
Justice
Droits de la personne
Bonne gouvernance
Élections, y compris la sécurité des élections
Désarmement
Je vous pris d’agréer, Monsieur le Chef de mission,
les assurances de ma haute considération.
Yvon Neptune”
Au nom de la
Mission spéciale de l’OEA pour le renforcement de la démocratie en Haïti, j’ai
l’honneur de confirmer notre réponse affirmative à votre demande officielle d’assistance
technique.
Je vous prie
d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, les assurances de ma très haute
considération.
David Lee
Chef de la
Mission spéciale de l’OEA en Haïti
Représentant
du Secrétaire général de l’OEA
ANNEXE B
(Lettre de transmission du Rapport ….en date du 4
novembre adressée par le Ministre des affaires étrangères d’Haïti au Chef de la
Mission spéciale de l’OEA.
NB: Le Rapport en question est en cours de
traduction)
ANNEXE C
(Lettre en date du 4 novembre adressée au Chef de
la mission spéciale par les dirigeants de la Convergence Démocratique et
contenant leur évaluation de la mise en œuvre de la résolution CP/RES. 822 par
le Gouvernement d’Haïti ….NB: à
traduire)
Democratic Convergence, 2002-11-05
CONVERGENCE DÉMOCRATIQUE
DÉCLARATION
4 Novembre 2002, l’heure du bilan et de la vérité
sur la Résolution 822 de l’OEA
Rappel : Deux années de négociations sous les
auspices de l’OEA et avec la facilitation de l’Initiative de la Société Civile,
n’ont pas permis au pouvoir Lavalas et à la Convergence Démocratique de trouver
un consensus même suffisant sur la base d’un accord politique. Huit (8) mois
après le vote de la Résolution 806, la Résolution 822 votée le 4 septembre 2002
par le Conseil Permanent de l’OEA, mit fin au processus de négociations.
Sur la base de cette dernière, le Conseil Permanent
a recommandé et le gouvernement Lavalas a accepté :
de poursuivre les individus impliqués dans les actes criminels
perpétrés le 17 décembre 2001.
de mener des enquêtes approfondies sur les crimes à motivation
politique.
de dédommager les victimes des violences du 17 décembre.
Ces trois points essentiels pour la Convergence
démocratique figuraient déjà dans la Résolution 806, votée le 15 juin 2002.
Nous disions, le gouvernement Lavalas a accepté:
de présenter un rapport détaillé sur ce qui a été recommandé par la
Résolution 806
de procéder à un désarmement général
de respecter la liberté d’expression, les droits individuels, les
droits de réunion
de créer un climat de sécurité susceptible de rendre possible la
tenue de bonnes élections
de respecter tous les engagements pris antérieurement dans le cadre
de l’Organisation des Etats Américains.
de mettre sur pied un Conseil Electoral Provisoire suivant la
formule prévue dans l’Accord initial
d’organiser des élections durant l’année 2003.
Ce 4 novembre 2002, où en sommes-nous ?
1. Aucune poursuite n’est exercée jusqu’à l’heure
où nous parlons, contre les individus impliqués dans les actes criminels du 17
décembre, individus identifiés par la Commission d’Enquête Indépendante de l’OEA
(cf. rapport de la CEI).
2. A propos de l’enquête approfondie sur les
crimes à motivation politique, nous avons soumis en juin de cette année une
dizaine de cas exemplaires et connus, à l’Ambassadeur Einaudi.
Pratiquement rien n’est fait. Si pour l’assassinat du journaliste Brignol
Lindor une ordonnance d’arrêt a été prononcée contre une dizaine de personnes,
M. Bony, le maire Lavalas de Petit Goave qui avait lancé l’appel au meurtre a
été soigneusement épargné. D’ailleurs, on a fait tant et si bien que la
majorité des bandits ont eu le temps de se mettre à couvert. Ce qui n’est un
secret pour personne.
3. S’agissant du dossier Jean Dominique, c’est
le calme plat. Ne parlons pas des cas du Père Jean Pierre-Louis, ni d’Yvon
Toussaint, de Mireille Durocher Bertin, de Max Mayard et du Pasteur Leroy. Pour
ne citer que ceux-là.
4. Le dossier des réparations est loin de trouver
une solution comme certains veulent le faire croire. Environ 70 cas ont été
traités par le Conseil Consultatif pour les Réparations.
En fait, combien de victimes ont été dédommagées? Les responsables lavalassiens
ont beaucoup parlé sur cette question mais dans la réalité c’est du faire
semblant et du dilatoire.
5. Le rapport que le gouvernement devait
envoyer à l’OEA, baptisé pompeusement “rapport préliminaire” par ses
concepteurs, montre, s’il en était besoin, que le gouvernement n’a absolument
rien fait. C’est l’opinion du Conseil Permanent de l’OEA. Ce rapport n’a aucune
substance.
6. Le désarmement. Ces derniers jours, le
gouvernement a orchestré toute une propagande sur cette question.
A part les ennuis causés aux automobilistes, aux écoliers et étudiants bloqués
dans les embouteillages, ou des mauvais traitements infligés à quelques
habitants de la Cité Soleil et de Carrefour, le bilan de ces opérations laisse
les citoyens très sceptiques. Le gouvernement semble plus intéressé à désarmer
les citoyens munis de permis de port d’arme, qu’à rechercher les armes
illégales, si nous interprétons bien les déclarations du porte-parole de la
Police. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les choses se passent
ainsi, quand on sait que c’est à celui qui a armé qu’il revient de désarmer,
quand on sait que le pouvoir Lavalas fonde sa survie sur les violences que ses
partisans exercent contre l’opposition.
7. En matière de respect de la liberté d’expression,
des libertés individuelles, de la liberté d’association, de réunion, ce
gouvernement s’érige en véritable fossoyeur. Nous n’avons qu’à énumérer
quelques cas connus de tout le monde :
L’affaire du journaliste Jackie Cantave
L’arrestation et l’emprisonnement arbitraires du porte-parole des
victimes des sociétaires des coopératives, M. Jean Rosemond, ce malgré les
vives protestations de sa famille et de tous les secteurs de la.nation.
Les péripéties du Professeur Josué Merilien
Les arrestations arbitraires des membres du KID, membre de la
Convergence, malgré les démarches du côté de la police et les protestations de
la classe politique.
Fin septembre, les participants à une réunion de la Convergence ont
été attaqués par les partisans de Fanmi Lavalas, à Cerca Carvajal.
Le 8 octobre, les mêmes individus interrompirent brutalement à
nouveau à Cerca Carvajal, une autre réunion de la Convergence.
A Liancourt, on assiste au même comportement des membres de Fanmi
Lavalas chaque fois que les membres de la Convergence veulent se réunir.
La date fixée dans la Résolution 822 pour la
formation du CEP arrive à échéance aujourd’hui, 4 novembre. La Convergence Démocratique
normalement devrait envoyer un représentant. Après avoir pris toutes les
dispositions en vue de choisir et designer son représentant, elle s’est vue
dans l’obligation d’y mettre un point d’arrêt.
En effet, les élections pour être crédibles,
doivent se dérouler dans un environnement politique compétitif. Fort de cette
conviction, le Conseil de l’OEA a fait des recommandations au gouvernement de
facto qui s’est engagé à les mettre en application. Malheureusement force est
de constater que le pouvoir Lavalas a réservé à la Résolution 822, le même sort
qu’à la 806.
Comment raisonnablement s’imaginer qu’on puisse
organiser de vraies élections dans le pays :
-lorsque le pouvoir envoie des délinquants à sa
solde piller et incendier les siéges des parties politiques de l’opposition,
les maisons de leurs dirigeants.
-lorsque les responsables des actes criminels
commis lors des violences du 17 décembre 2001, continuent de jouir de l’impunité.
- lorsque le gouvernement se refuse à dédommager
les victimes en dépit des engagements pris.
- lorsque les partisans de M. Aristide
attaquent les militants de l’opposition, interrompent brutalement leurs
réunions.
- lorsque des membres de la Police arrêtent et
jettent en prison de la façon la plus arbitraire, des membres de la
Convergence.
- lorsque les armes de tous calibres
continuent à proliférer dans le pays et que rien de sérieux n’est fait pour les
récupérer.
- lorsque les quartiers les plus peuplés de
la capitale et de quelques grandes villes de province sont interdits à toute
expression de l’opposition par des voyous armés.
- lorsque les libertés individuelles, la liberté d’expression
sont foulées aux pieds.
Monsieur Jean Bertrand Aristide et Fanmi Lavalas veulent une fois de plus
rééditer le coup d’Etat électoral de l’année 2000.
Nous de la Convergence Démocratique, croyons
inopportun, dans les conditions actuelles, de designer notre représentant au
CEP. A partir de ce moment, le 4 novembre n’est plus une date butoir.
La Résolution 822 constitue, à notre entendement et
à celui de tous les vrais démocrates, un paquet, un ensemble ordonné, agencé en
vue d’obtenir des résultats déterminés à savoir : créer un environnement
politiquement compétitif pour l’organisation de vraies élections.
Tel n’est pas le cas pour le moment. La Convergence
Démocratique, face à cette situation déclare ouvertement son refus de
cautionner la politique de non-droit, pratiquée par le régime Lavalas. A cette
étape cruciale dans la vie politique du peuple haïtien, la Convergence
Démocratique invite tous les secteurs qui doivent designer des représentants, à
bien faire attention à ne pas se rendre complices, d’une politique de
faux-semblant, de non-respect des engagements et de corruption.
Merci
Pour la Convergence Démocratique,
Serge Gilles
Port-au-Prince, le 4 novembre 2002.
ANNEXE D
Port-au-Prince, 4 novembre 2002
Monsieur Jean Bertrand Aristide
Président de la République d’Haïti
Palais national
Monsieur le Président,
Les
institutions soussignées, qui en vertu de la résolution CP/RES. 822 (1331/02)
du Conseil permanent de l’OEA et du Projet d’accord initial (Rev. 9) ont été
investies du mandat de choisir un membre du Conseil électoral permanent (CEP)
et d’en coordonner la sélection, ont l’honneur d’indiquer qu’elles ont mené à
bien la sélection du ou des représentant(s) de leur secteur pour le CEP. Elles entendent s’acquitter de leur devoir d’état
et contribuer à la tenue des prochaines élections.
Elles ont
été informées de la lettre que le Premier Ministre a adressée en date du 29
octobre 2002 au Chef de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti pour demander,
notamment, une assistance technique
dans les domaines suivants:
Professionnalisation de la police,
Sécurité électorale, et
Désarmement.
Selon elles,
il s’agit d’une approche positive qui devrait créer des conditions propices à
la tenue d’élections crédibles dans un climat de sécurité.
Cependant,
les institutions soussignées estiment que certaines clarifications sont
justifiées avant qu’elles ne puissent officiellement communiquer le nom des
personnes choisies, même si cela doit retarder la mise en place du CEP d’une
quinzaine de jours.
Cette
prolongation de 15 jours donnera le temps nécessaire pour déterminer le champ
couvert par l’assistance technique concernant la professionnalisation de la
police, la sécurité des élections et le désarmement et le communiquer aux
partis politiques et à la société civile en vue d’obtenir leurs commentaires.
Dans le
domaine de la sécurité, les institutions estiment que le Gouvernement, quant à
lui, doit faire clairement savoir qu’il est disposé à contribuer à la sécurité
de l’ensemble de ses citoyens en prenant des mesures pour assurer que les
membres du Parlement et les autorités localement élues ne seront plus escortés
par des civils munis d’armes militaires – pratique qui est interdite par la
Constitution et la législation haïtiennes.
Ces mesures
sont indispensables pour rétablir la confiance dans la population et permettre
aux institutions de participer à la formation du CEP.
Les
signataires tiennent à réaffirmer leur désir de coopérer avec le Gouvernement à
la tenue d’élections justes et crédibles
Les
institutions soussignées vous prient, Monsieur le Président de la République, d’agréer
les assurances de leur très haute considération.
Pour la
Conférence Pour la Fédération
des Évêques
d’Haïti protestante d’Haïti
Pour l’Église
épiscopalienne Pour Justice et Paix
d’Haïti
Pour la Chambre de commerce et
d’industrie haïtienne
cc: Mission
spéciale de l’OEA en Haïti
La presse
Draft 8 Nov 15
FIRST REPORT TO THE PERMANENT
COUNCIL ON
THE IMPLEMENTATION OF
RESOLUTION 822
September 4 – November 4, 2002
BACKGROUND
In August 2000, at the
invitation of the Government of Haiti, the OAS agreed to facilitate a process
of negotiation/dialogue among Haitian political parties and other political
actors to resolve a post-electoral crisis caused by contested legislative,
municipal and local elections in May 2000.
The process which continued over almost two years was impeded by violent
incidents on July 28, 2001, on December 3, 2001, and again on December 17, 2001
when heavily armed individuals attacked the National Palace in Port-au-Prince
followed by attacks on the headquarters of the opposition and the residences of
its leadership and others.
On January 16, 2002 the
Permanent Council of the OAS approved CP/RES.806 which aimed in paragraph 4 to
foster a climate conducive to the resumption of the negotiations to end what by
that time had broadened into a political crisis. The Resolution also established a Special Mission to Strengthen
Democracy in Haiti.
The OAS mediating team
experienced difficulties in its efforts to encourage a solution to the
crisis. Meanwhile the country faced a
deterioration in the climate of security and a possible humanitarian
disaster. The exigencies of the
situation led to a decision, based on those practical considerations, to refer
the matter to the Permanent Council. On
September 4, 2002 the Council approved CP/RES.822 which encapsulated elements
of the Draft Initial Accord [5] and gave an opening to the
Government of Haiti to establish a more secure and enabling environment to hold
credible elections in 2003 and to normalize the country’s relations with the
international financial institutions.
Paragraphs 3 to 8 of the
Resolution relate to obligations or commitments assumed by the Government of
Haiti, regarding inter alia: (a)
implementation of the recommendations of a Commission of Inquiry into the
violent incidents in the country on December 17, 2001 and the recommendations
of an Advisory Council on Reparations for victims of the violence; (b)
disarmament, (c) implementation of Resolution 806 and (d) establishment, in
collaboration with a number of other sectors, of a credible Provisional
Electoral Council to organize and manage “free, fair and technically feasible
legislative and local elections, on a date in 2003 to be established by the
Provisional Electoral Council (CEP) in which all political parties can
participate freely and securely”.
Paragraphs 9 – 16 relate to
obligations assumed by the Special Mission, the OAS and the wider international
community, including: (a) provision of technical assistance to the Government
of Haiti in a range of areas; (b) normalization of economic relations with the
international financial institutions and (c) supporting, monitoring and
reporting on the implementation of the Resolution.
An essential constituent of
the Resolution is the creation of a credible, neutral and independent
Provisional Electoral Council. The
basis for the focus on that institution lay in the belief that a new one formed
in accordance with the formula outlined in the Draft Initial Accord would offer
the opportunity to overcome the serious deficiencies which called into question
the credibility of the legislative and local elections of 2000.
The extensive consultations on
the formation of the CEP since approval of Resolution 822 yielded an emerging
coincidence of views on the importance of constituting the institution and a
need to take action on a number of key issues relating to security that would
facilitate the achievement of this objective.
However, as a matter of practice, up to November 4 the Government has
focused most of its attention since the adoption of Resolution 822 on the
formation of the CEP and the matter of reparations, rather than also on its
obligations in relation to other key provisions of the Resolution, such as
implementation of the recommendations of the Commission of Inquiry, including
in cases where the Commission of Inquiry provided the legal basis or laid some
evidential foundation to proceed.
This report provides the status
of the implementation of Resolution 822 over the period September 4 – November
4, 2002. The italicized portions quote
the paragraphs and provisions of the Resolution. It includes the following annexes:
Annex A: Letter dated October
29 from the Prime Minister to the Special Mission, and the Mission’s October 31
response, regarding the provision of technical assistance to Haiti in all areas
of the mandate of the Special Mission.
Annex B: Letter dated November
4 from the Minister of Foreign Affairs of Haiti to the Head of the special
Mission, transmitting a Report ……….
Annex C: Letter dated November
4 to the Head of the Special Mission from the leaders of the Convergence
Démocratique, providing their assessment of the implementation of Resolution
822 by the government.
Annex D: Letter dated November
4, requesting a fifteen day extension in the time frame for naming the
Provisional Electoral Council, to the President of Haiti from five of the
entities which are to name members of that Council in accordance with the Draft
Initial Accord (Revision 9 dated June 12, 2002).
OBLIGATIONS/COMMITMENTS
OF THE GOVERNMENT OF HAITI
The Resolution outlines with
much specificity, a number of fundamental commitments and obligations assumed
by the Government of Haiti.
3. To welcome the Government of Haiti’s expressed
commitment to implement the recommendations of the Commission of Inquiry as
well as the recommendations of the Advisory Council on Reparations, as
reflected in the Accord signed by the Minister of Justice, Claimants and their
Representatives on July 9, 2002, and to call on the Government of Haiti to do
so as soon as possible.
The Commission of Inquiry presented its report on June
20, 2002. Discussion of individual
elements is provided in the specific sections below.
Reparations: On the basis of the July 9
agreement between the Minister of Justice and the Claimants and their
Representatives, reparations have been paid to Mr. Reynold Georges, leader of
ALAH, a former coalition partner of MPSN (a constituent of Convergence
Démocratique) and were offered to Evans Paul, leader of KID, a coalition
partner of Espace de Concertation (another constituent of CD). Payment has also been made to Mr. Luc
Mésadieu and Pastor Sylvio Dieudonné, leaders of MOCHRENA (a third constituent
of CD). The Mission has been advised by
the Government, informally, that discussions are ongoing with that party on a
number of additional claims. The same government
source informed the Mission that negotiations have been completed with Victor
Benoit, leader of KONAKOM (a fourth constituent of CD) to settle claims in
relation to losses suffered by himself and his party.
The government reports that as
of November 4, 34 million gourdes (approximately US$ check exchange rate) have been
allocated to satisfy the claims of four of the five political parties and their
leaders, all signatory of the July 9 agreement with the Minister of Justice and
that US$ 150,000 is available for the French Institute of Haiti.
Disappointingly, however, the
matter is not wholly resolved.
Negotiations are still ongoing with the OPL which has submitted a claim
for all the victims affiliated to it throughout the country. Moreover, there appear to be some thirty
other individuals mainly outside Port-au-Prince whowho are
listed in the Report of the Advisory Council on Reparations and whose cases
have not yet received much attention.
The Government has proposed in
unspecified terms as of November 4, the creation of a Fund for the
victims. To ensure greater transparency
and to avoid any charges of manipulation of the process for political
advantage, the Special Mission has suggested to the government that a mechanism
could be devised to handle the matter neutrally and at arms length, for example
by assigning it to a reputable international accounting firm to settle claims
on the basis of the recommendations of the Advisory Council on Reparations,
within a specified, short, time frame.
4a. To
publish within 60 days of receipt of the Commission of Inquiry Report a report
by the Minister of Justice on actions taken with respect to persons found to be
implicated in the events of December 17, 2001 and subsequent days;
On September
11, 2002 the Government of Haiti published a report characterized as
“preliminary” from the Minister of Justice.
The report demonstrated that very little had been done to carry out the
Government’s obligations. The Special
Mission advised the President of Haiti on October 3 that the Report was
inadequate. The President emphasized
that it was preliminary and that the Government intended to follow up soon.
At the
beginning of November, the Ministry of Justice published another report (see
Annex B) which demonstrated that some further steps have been taken since then, mainly in Port-au-Prince. Overall, action on this front has been slow
and weak, especially outside Port au Prince, and no cases have been concluded.
4b. To strengthen its disarmament policies and
programs and, in this regard, invite the active cooperation of the International
Community, through the OAS Special Mission, in the development and
implementation of a comprehensive disarmament program;
On October 3, 2002 the Special
Mission, while recognizing that the primary responsibility on disarmament
rested with the government, proposed to the President the creation of a mixed
team (Government/Special Mission) to devise a National Plan on Disarmament, and
to implement the resulting national disarmament programme.
Since then, efforts have been
underway to facilitate a dialogue between the Government and other sectors of the Haitian society to
deal with this critical issue. A seminar on disarmament was conducted by the
Special Mission on October 28-29, 2002 in Port-au-Prince, with the cooperation
and assistance of the UNDP, to raise awareness of the effects of the
proliferation of arms in Haiti and how the attendant rise in violence
contributed to insecurity and lawlessness in the country. The event also provided an opportunity for Haitians
to hear lessons learned and experiences from international experts who have
managed disarmament programmes in other countries such as Brazil, Bosnia,
Albania and El Salvador. A number of
recommendations emanated from the discussions which will be considered when
developing a National Disarmament Plan for Haiti.
The November
4 Report of the Government (Annex B) outlines actions taken by the government
in its campaigns against illegal arms and against drug trafficking. As receipt of this document coincided with
the end of the reporting period, the Mission has not been able to conduct an
independent verification of the information reported in the documentdocument regarding collection
of arms , including the sharp variations in the numbers reported. The report regarding drug matters broadly coincides with
information available to the Mission.
4c. To
implement, to the fullest extent of its lawful authority, all the
Recommendations on Human Rights and the Press set forth in the Report of the
Commission of Inquiry into the Events of December 17, 2001, and all other
Recommendations in the Report that are, in whole or in part, directed to it.
The
Government has not yet discharged its extensive obligations under this
provision.
Meanwhile,
the human rights picture over the period has been mixed. On the one hand, a September 19 student
demonstration over governance at the State University took place without
incident and with appropriate police accompaniment, contrary to earlier
attempts. There were several signs of
increased government support for the prison system, including the pressing
issue of pre-trial detainees.
On the other
hand, there were a worrying number of disappearances, so far unexplained by the
police, including local leaders in Martissant in September, two members of an
opposition political party in October, and a senior police officer from the
Palace security detail in late October, among others. There have been several high profile cases of difficulty over
exercise of the habeas corpus provision of the constitutionlegal code,
e.g. former president Prosper Avril and Rosemond Jean (spokesman for victims in
the ongoing savings and loan cooperatives financial crash), both of whom
remained in prison as of November 4 despite protests regarding their detention and legal
efforts on their behalf.
Concern over
press freedom continued during the reporting period. A leading radio station in Port au Prince, Radio Kiskeya, in late
September shut down for several days due to what it called highly credible
information that the station would be attacked. There was a large mobilization of support, including visits by
government leaders, and the threats did not materialize. Other radio stations were also threatened
during that period. At the same time,
there has been a debate involving the President of Haiti among others, as to
the role and
responsibility of journalists in their reporting with regard to threats and
similar issues. The Special Mission
spoke out on several occas