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OEA/Ser.G
CP/doc.3643/02
27 août 2002
Original: anglais
RAPPORT PRÉSENTÉ PAR LE SECRÉTAIRE
GÉNÉRAL POUR DONNER SUITE AU DOCUMENT CP/INF.4724/02
ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS
Washington,
D.C.
le 20 août 2002
Monsieur le
Président,
J’ai l’honneur de me référer à la note du 6 août 2002 que m’a adressée
le Représentant permanent adjoint des États-Unis près l’OEA, et à la note qu’a
adressée à Votre Excellence le Représentant permanent adjoint de cet État le 7
août 2002, et qui ont été diffusés sous le couvert du document CP/INF.4724/02.
Je vous prie de bien vouloir trouver en annexe à la présente, en vue de
sa distribution au Conseil permanent, un rapport qui fournit les renseignements
sollicités.
Je saisis cette occasion pour vous renouveler, Monsieur le Président,
les assurances de ma plus haute considération.
César
Gaviria
Secrétaire
général
Son
Excellence
Monsieur
l’Ambassadeur Roger Noriega
Président du
Conseil permanent
de l’Organisation des États Américains
Washington,
D.C.
RAPPORT PRÉSENTÉ PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
POUR DONNER SUITE AU DOCUMENT CP/INF.4724/02
II. MISE EN OEUVRE DE LA
RÉSOLUTION CP/RES. 806 (1303/02) corr. 1
ENGAGEMENTS ASSUMÉS
PAR LE GOUVERNEMENT D’HAÏTI AUX TERMES DE LA RÉSOLUTION CP/RES.806
c. 4(c): «La réalisation d’une enquête
approfondie sur tous les crimes politiquement motivés»
iii. Les bons offices du SecrÉtaire gÉNÉral auprÈs
des Institutions financiÈres internationales
A. La Banque interaméricaine de
développement
IV. RÔLE DE LA MISSION SPÉCIALE
DE L’OEA POUR LE RENFORCEMENT DE LA DÉMOCRATIE EN HAÏTI
ANNEXE II: LETTRE DATÉE DU 16 AOÛT 2002 ÉMANÉE
DU REPRÉSENTANT PERMANENT D’HAÏTI
ANNEXE
II-A: LETTRE DATÉE DU 19 AOÛT
2002, ÉMANÉE DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES D’HAÏTI
ANNEXE
II-A: LETTRE DATÉE DU 19 AOÛT
2002, ÉMANÉE DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES D’HAÏTI
ANNEXE
IV: CP/RES. 806 – ENGAGEMENTS ET SUITES PERTINENTES
RAPPORT PRÉSENTÉ PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
POUR DONNER SUITE AU DOCUMENT CP/INF.4724/02
Par le document CP/doc.3632/02 daté du 31 juillet 2002, la Mission
permanente d’Haïti a soumis au Président du Conseil permanent un projet de
résolution en vue de son examen lors d’une séance ordinaire du Conseil prévue
le 31 juillet 2002. Ce projet de résolution a été renvoyé pour examen à la Commission générale du Conseil permanent
lors de sa séance du 2 août 2002.
Dans le document CP/INF.4724/02 daté du 7 août 2002 (faisant l’objet de
l’Annexe I), la Mission permanente des États-Unis d’Amérique a adressé une
demande d’éclaircissements au Secrétaire général sur trois questions visées
dans le projet de résolution soumis par la Délégation d’Haïti.
Le présent rapport fait donc le point sur:
·
Le
Projet d’Accord initial en cours de négociation depuis avril 2001;
·
La mise
en oeuvre de la résolution CP/RES. 806 (1303/02) corr. 1; et
·
La
mission de bons offices entreprise par le Secrétaire général auprès des
institutions financières internationales, conformément à la résolution AG/RES.
1841 (XXXII-O/02)
La deuxième de ces trois questions, à savoir l’évaluation de la mise en
œuvre de la résolution CP/RES. 806, pose des problèmes complexes de fait et de
jugement qui ont de profondes répercussions sur l’orientation à prendre. Le
Secrétariat répond à cette requête au mieux de ses capacités, mais tient à
préciser que l’OEA ne dispose pas actuellement des moyens nécessaires sur le
terrain en Haïti pour répondre de façon plus détaillée à tous les aspects de
cette demande qui pourraient être jugés pertinents. C’est pourquoi le présent
rapport offre en conclusion certaines considérations sur le rôle de la Mission
spéciale de l’OEA pour le renforcement de la démocratie en Haïti (Mission
spéciale).
Le présent rapport doit être considéré comme faisant suite au rapport CP/doc.3625/02
corr. 3, «Sixième rapport de la Mission de l’Organisation des États Américains
en Haïti» (ci-après dénommé le Sixième rapport) ainsi qu’au précédent
document CP/doc.3609/02 corr. 1, “Situation en Haïti: Rapport du Secrétaire
général sur l’application des résolutions CP/RES. 806 (1303/02) corr. 1 et
AG/RES. 1831 (XXXI-O/01)” en date du 21 mai 2002.
La demande d’éclaircissements émanée de la
Mission des États-Unis au sujet du Projet d’Accord initial (Rev.9) fait l’objet
de l’Annexe I au présent rapport. La
section pertinente de cette requête est conçue comme suit:
“Projet d’Accord initial de l’OEA : Aux termes de la lettre du 9 juillet du Président
Aristide, ‘le parti Fanmi Lavalas a
déjà accepté l’Accord (le Projet initial de l’OEA) et s’est engagée à le
signer’. Nous notons toutefois que l’Accord figurant à l’Annexe I du document
du Gouvernement d’Haïti est spécifiquement intitulé « Contre-proposition
de Fanmi Lavalas au Projet d’Accord
initial , rev. 9 du 12 juin 2002 ». La Délégation d’Haïti a soumis un
projet de résolution félicitant le Gouvernement d’Haïti de son approbation de
l’Accord, mais elle n’indique pas clairement si cette approbation porte sur une
approbation de la contre-proposition de Fanmi
Lavalas, qui, nous croyons comprendre, diffère sensiblement de la
proposition de compromis de l’OEA, ou sur une approbation du Projet d’Accord
initial de l’OEA proprement dit. S’il s’agit de ce dernier, il nous paraît
essentiel que cela soit indiqué clairement par écrit, tant par le Gouvernement
d’Haïti que par l’OEA. S’il s’agit de la première, il importe que le
Secrétariat lève cette ambiguïté et souligne toutes les contradictions entre la
contre-proposition de Fanmi Lavalas
et le Projet d’Accord initial de l’OEA.
Comme indiqué dans le Sixième rapport, la version Rev. 9 du
Projet d’Accord initial a été présentée aux partis politiques, Fanmi Lavalas et Convergence Démocratique, le 12 juin 2002.
Fanmi Lavalas a répondu par écrit le 15 juin 2002,
en suggérant deux modifications et un ajout.
Le changement clé était peut-être que la contre-proposition de Fanmi Lavalas introduisait une procédure
générale tirée de la Constitution d’Haïti, laquelle remplace le Calendrier des
départs identifié dans la révision 9, la proposition de compromis de
l’OEA. En fonction de son application,
le Calendrier des départs, particulièrement en ce qui a trait aux autorités
territoriales, pourrait exercer un important effet sur le déroulement de la
campagne électorale. La contre-proposition
a ensuite été annexée à la lettre plus détaillée datée du 9 juillet, émanée du
Président Aristide, qui a apporté à titre de complément aux conditions
acceptées dans le Projet d’Accord initial, (y compris les dispositions
relatives à la constitution d’un Conseil électoral provisoire, et à la sécurité
pendant les élections), toute un éventail d’autres engagements sur les droits
de la personne, les libertés de la presse, et le désarmement.
En réponse à la demande d’éclaircissements, le Gouvernement d’Haïti
affirme, entre autres, qu’il se considère comme le garant des points convenus
dans le Projet d’Accord initial. La
réponse du Gouvernement met en relief la nécessité de respecter l’impact de
tout accord sur la constitutionnalité et la stabilité des institutions
haïtiennes.
Les réponses de la Convergence
démocratique concernant le Projet d’Accord initial (Rev. 9) sont beaucoup
plus nombreuses. Leur position initiale, qui a été énoncée le 11 juillet 2002,
est reproduite dans le Sixième rapport.
Par la suite, à l’issue d’un premier échange de correspondance avec le
Président du Conseil permanent (CP/INF. 4712/02), pendant la période allant du
23 au 26 juillet 2002, la Convergence
a écrit de nouveau au Président du Conseil permanent le 30 juillet 2002 et
lui a présenté une Proposition modifiée datée du 29 juillet 2002, en réponse au
Projet d’Accord initial, rev. 9. Bien
qu’un certain progrès soit enregistré, les modifications proposées par la Convergence Démocratique ont remis en
question les élections du 26 novembre 2000 qui n’ont jamais été le sujet d’un
mandat de l’OEA ou du Sommet des Amériques.
Le texte du Projet d’Accord initial, rev. 9, ainsi que les positions du
Gouvernement d’Haïti, la proposition modifiée du 29 juillet émanée de la Convergence démocratique, et les
commentaires du Secrétariat sont présentés dans un tableau comparatif qui
figure en annexe au présent rapport (Annexe III).
II. MISE EN OEUVRE DE LA RÉSOLUTION CP/RES.
806 (1303/02) corr. 1
La résolution CP/RES. 806 (1303/02) corr. 1 contient un certain nombre
d’engagements pris par le Gouvernement d’Haïti (voir les par. 4 et 12); par le
Gouvernement d’Haïti et l’Opposition (voir les par. 2 et 7); par le
Gouvernement d’Haïti et l’OEA (voir le par. 3); par l’OEA (voir les par. 8, 9,
10, 11 et 14) et par la Communauté internationale (voir les par. 6 et 13). Le
tableau de l’Annexe IV énumère tous les engagements, l’état des suites qui y
ont été données, et l’identification de la source des informations dans les
documents de l’OEA.
L’attention est également attirée sur un document diffusé sur la
demande de la Mission permanente d’Haïti sous la cote CP/INF.4720/02 corr. 1,
intitulé: «Mesures prises par le Gouvernement d’Haïti en application des
résolutions 806, 1841 et 1831 de l’OEA (au 18 juillet 2002)».
L’efficacité de l’action menée par le Gouvernement d’Haïti pour tenir
les engagements qu’il a pris aux termes de la résolution CP/RES. 806 est un
sujet de discorde entre l’opposition et le Gouvernement.
·
L’opposition
prétend que le Gouvernement n’a pris que des mesures symboliques, et que ce
Gouvernement devrait être changé pour rassurer les acteurs de sa volonté
de créer un climat de sécurité propice à un règlement par consensus de la crise
politique et électorale actuelle.
·
Le
Gouvernement précise qu’il est pleinement décidé à assurer l’application de la
résolution CP/RES. 806, qu’il est en train de la faire appliquer et que sa
pleine application demandera à la fois du temps et des ressources.
·
Les
négociateurs de l’OEA et de la CARICOM et le Groupe des Amis en Haïti organisé
par le Secrétaire général ont souligné avec persistance l’importance de
l’application intégrale de la résolution CP/RES. 806, mais ils ont évité de
faire de cette application intégrale une condition préalable à la conclusion de
l’Accord initial.
La Section II a) ci-dessous décrit l’état actualisé, déterminé par le
Secrétariat, de la mise en œuvre de la résolution par le Gouvernement d’Haïti,
trace les grandes lignes des actions menées, et indique les questions qui sont
un obstacle à cette application et qui pourraient être considérées comme des
questions encore en suspens. Comme il a été indiqué précédemment, il faut
comprendre que cette mise à jour n’est ni pleinement complète ni clairement
indicative de ce qu’il reste à faire.
ENGAGEMENTS
ASSUMÉS PAR LE GOUVERNEMENT D’HAÏTI AUX TERMES DE LA RÉSOLUTION CP/RES.806
a. 4(a): “La réalisation
d’une enquête approfondie, indépendante sur les événements liés au 17 décembre
2001.”
Mesures prises
·
Dans sa
note datée du 9 juillet, le Gouvernement haïtien s’est déclaré prêt à appliquer
les recommandations formulées dans ce rapport.
b. 4(b): «La poursuite de
toute personne et le licenciement, le cas échéant, de tout individu dont la
complicité aura été établie dans les actes de violence perpétrés le
17 décembre et les jours suivants;»
·
Le
Gouvernement d’Haïti a informé que le 9 juillet 2002, il a présenté le Rapport
complet de la Commission d’enquête sur les événements du 17 décembre 2001 au
Ministre de la justice, avec pour instructions d’étudier soigneusement ce
rapport, d’enquêter sur toutes les allégations d’activité criminelle liée aux
événements du 17 décembre 2001, et de mettre en état d’arrestation et de
poursuivre toutes les personnes jugées responsables d’activités criminelles.
·
Par
ailleurs, le Gouvernement d’Haïti a informé qu’il a chargé le Ministre de la
justice de publier un rapport dans un délai de 60 jours, indiquant toutes les
mesures prises à cet égard.
·
D’après
les dernières informations reçues, des progrès semblent avoir été accomplis
dans le déroulement de l’enquête judiciaire sur les événements du
17 décembre 2001, et le dossier judiciaire a été déféré au Parquet par le
juge d’instruction, en vue du passage à l’étape suivante de la procédure
judiciaire, l’élaboration du « réquisitoire définitif» par le Parquet.
·
Le 14
août 2002, M. Reynold Georges, dirigeant de l’ALAH (l’une des composantes de la
Convergence démocratique) a informé la Mission spéciale que les
autorités judiciaires avaient procédé à l’arrestation de M. Gardy Registre, le
principal suspect dans l’incendie du siège de l’ALAH, le 17 décembre 2001.
Mesures restant à prendre
·
Au 16
août 2002, des enquêtes avaient été menées, mais aucune poursuite n’avait été engagée
contre les individus officiellement accusés d’avoir participé aux événements du
17 décembre 2001.
·
Le
Secrétariat ne peut pas confirmer l’affirmation du Gouvernement selon laquelle
une équipe de trois juges d’instruction aurait été nommée pour enquêter sur les
événements du 17 décembre. D’après les informations dont dispose le
Secrétariat, un seul juge d’instruction, Bernard Saint-Vil, a été affecté à
cette enquête judiciaire. Il n’est pas possible, à ce stade, d’évaluer
l’ampleur et la qualité de l’enquête judiciaire effectuée jusqu’ici.
·
Selon
les allégations de la Commission d’enquête, Amiot Métayer, alias le «Cubain»,
est le principal auteur des actes de violence commis le 17 décembre 2001 dans
la ville de Gonaïves. Le 3 juillet
2002, celui-ci a été arrêté par la police haïtienne et incarcéré. D’après M. Marcel Jean, le Juge
d’instruction de Gonaïves, M. Métayer a été arrêté parce qu’il aurait participé
à la destruction par le feu de plusieurs maisons dans le quartier Jubilée des
Gonaïves le 12 mai 2002, acte sans rapport avec les événements du 17 décembre
2001. Le 2 août 2002, des supporters de
M. Métayer ont détruit les murs de la prison où il se trouvait, et l’ont
libéré. Ils ont également détruit par le feu plusieurs édifices publics, y compris
le Palais de justice des Gonaïves.
·
Le même
juge d’instruction, Bernard Saint-Vil, est affecté aux événements du
17 décembre 2001, aux meurtres de Jean Dominique et Jean-Claude
Louissaint, et (à l’instar d’autres juges haïtiens) à de nombreuses autres
affaires, ce qui introduit la question de l’efficacité du travail de ce juge,
étant donné l’ampleur de son volume de travail.