AG/RES. 1411 (XXVI-O/96)
LE CONTINENT AMERICAIN, ZONE DEBARRASSEE DE
MINES TERRESTRES ANTIPERSONNEL
(Résolution adoptée à la huitième séance plénière tenue le 7 juin
1996)
L'ASSEMBLEE GENERALE,
PRENANT NOTE du rapport du Secrétariat général sur le programme de
déminage en Amérique centrale (CP/doc.2664/95) et du rapport additionnel sur la même
question (CP/doc.2664/95 add. 1);
NOTANT AVEC UNE VIVE INQUIETUDE que selon ces rapports, il existe
encore environ 170 000 mines terrestres antipersonnel en Amérique centrale
réparties comme suit: 100 000 au Nicaragua, 35 000 au Guatemala, 30 000 au Honduras et 5
000 au Costa Rica, et que d'après certaines sources il en existe également dans d'autres
régions du continent;
PREOCCUPEE PAR LE FAIT que ces mines terrestres antipersonnel font
constamment des victimes innocentes parmi les enfants et les adultes en Amérique latine,
et qu'elles détruisent le patrimoine économique des habitants des zones rurales et
entravent le développement normal de la société en général;
CONSCIENTE que des millions de dollars et de vastes ressources,
humaines et technologiques, doivent être affectées au déminage des zones touchées en
Amérique latine, et que les fonds disponibles pour mener à bien cette tâche urgente
sont limités;
RAPPELANT ses résolutions AG/RES. 1299 (XXIV-O/94), AG/RES. 1335
(XXV-O/95) et AG/RES. 1343 (XXV-O/95) concernant les mines terrestres antipersonnel;
RAPPELANT AUSSI les résolutions 48/75 K, du 16 décembre 1993, 49/75
D, du 15 décembre 1994, et 50/70 O, du 12 décembre 1995 de l'Assemblée générale des
Nations Unies qui, entre autres, ont exhorté les Etats à convenir d'un moratoire sur
l'exportation des mines terrestres antipersonnel lesquelles posent de graves dangers pour
la population civile; ont invité instamment les Etats à respecter ce moratoire, ainsi
que les résolutions 49/75 D, du 15 décembre 1994, et 50/70, du 12 décembre 1995
adoptées également par l'Assemblée générale des Nations Unies, qui entre autres
recommandations, ont fixé au nombre des buts de la communauté internationale celui de
l'élimination éventuelle des mines terrestres antipersonnel;
RAPPELANT AVEC SATISFACTION que 20 pays membres de l'Organisation des
Etats Américains ont parrainé la résolution des Nations Unies 50/70 du 12 décembre
1995 appuyant un moratoire sur l'exportation des mines terrestres antipersonnel, et
appelant à l'élimination éventuelle des mines terrestres antipersonnel;
RAPPELANT les résolutions 49/79 et 50/74 de l'Assemblée générale
des Nations Unies concernant la Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi
de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets
traumatiques excessifs, ou comme frappant sans discrimination; et notant que la
Conférence des Parties est convenue de renforcer le Protocole II à cette convention;
RECONNAISSANTE de l'aide apportée aux activités d'enlèvement des
mines antipersonnel en Amérique centrale par le Secrétariat général de l'OEA et Les
pays membres, sur une base individuelle, ainsi que par les institutions internationales;
ASPIRANT à ce que les Etats membres touchés par le fléau des mines
antipersonnel en soient débarrassés définitivement après l'achèvement des opérations
de déminage, et que les nations de notre continent puissent orienter tous leurs efforts,
humains et financiers, vers le développement des pays, la démocratie et la solidarité
continentale;
EXPRIMANT sa plus grande satisfaction pour le nombre croissant d'Etats
membres de l'OEA qui ont déclaré leur volonté de ne pas s'adonner à la production, au
transfert et à l'utilisation des mines terrestres antipersonnel;
ACCUEILLANT AVEC SATISFACTION le moratoire relatif à l'exportation des
mines terrestres antipersonnel qui a déjà été déclaré par certains pays,
DECIDE:
1. De fixer comme objectif l'élimination globale des mines terrestres
antipersonnel et de faire du continent américain une Zone exempte de mines terrestres
antipersonnel.
2. D'appeler les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à
déclarer qu'ils mettront en oeuvre dans les plus brefs délais possibles des moratoires
portant sur la production, l'emploi et le transfert de toutes les mines terrestres
antipersonnel sur le continent américain, et qu'ils informeront le Secrétaire général
de l'adoption de cette mesure.
3. D'exhorter les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à devenir
parties à la Convention des Nations Unies de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de
l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant
des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, et à ses
Protocoles, spécialement le Protocole II, et d'inviter instamment les Etats membres qui
sont déjà parties à cette Convention à ratifier le Protocole II amendé dans les
meilleurs délais; et de demander aux Etats membres d'en aviser le Secrétaire général
lorsqu'ils l'auront fait.
4. De demander au Conseil permanent de dresser, par l'intermédiaire de
la Commission sur la sécurité continentale, avec l'appui du Secrétariat général, et
à titre de mesure d'encouragement de la confiance et de la sécurité, un registre
intégré et complet des mines terrestres antipersonnel en se fondant sur les informations
que fourniront annuellement les Etats membres au sujet du nombre approximatif des mines
terrestres antipersonnel dont ils disposent dans leurs arsenaux; du nombre de mines
terrestres antipersonnel qui ont été enlevées pendant l'année écoulée; de leurs
plans d'enlèvement des mines terrestres antipersonnel restantes, et de toute autre
information pertinente.
5. D'appeler les Etats membres à appliquer, en attendant la
réalisation des objectifs visés au paragraphe 1 du dispositif de la présente
résolution, d'autres mesures pour mettre un frein à la dissémination des mines
terrestres antipersonnel, ainsi que pour le contrôle des arsenaux, et d'encourager les
Etats membres à promulguer, le cas échéant, des lois internes pour interdire la
possession privée et le transfert des mines terrestres antipersonnel, et de faire rapport
au Secrétaire général quand ils auront pris ces mesures.
6. De demander au Conseil permanent de présenter, par l'intermédiaire
de sa Commission sur la sécurité continentale, et avec l'appui du Secrétariat
général, des rapports annuels à l'Assemblée générale sur toutes les questions qui
ont été traitées dans la présente résolution.