2/14/2012
English Español Português

 
 

Action contre les mines antipersonnel

 

Rapports

 

OEA/Ser.G
CP/doc.2664/95
30 novembre 1995
Original: espagnol

RAPPORT DU SECRETARIAT GENERAL SUR LE
PROGRAMME DE DEMINAGE EN AMERIQUE CENTRALE

Le programme de déminage en Amérique centrale a ses origines dans la requête, individuelle et collective, de collaboration faite à l'OEA en 1992 par les pays de la région où ont été enterrées des mines. Le programme est exécuté avec la collaboration et les conseils techniques de l'Organisation interaméricaine de défense.

Les déminage est une tâche extrêmement urgente et importante étant donné ses implications: Les terrains minés sont une menace constante pour la sécurité des citoyens et causent fréquemment des tragédies individuelles et familiales; les mines empêchent d'utiliser de vastes zones de culture fertiles; elles entravent le développement socio-économique, la création de nouveaux emplois et l'intégration frontalière. Tout ceci a un effet et un impact négatifs sur les gouvernements démocratiques de la région.

(On estime qu'il reste encore quelque 170 000 mines en Amérique centrale dont environ 100 000 au Nicaragua, 30 000 au Honduras, 5 000 au Costa Rica et 35 000 au Guatemala).

Ce problème a une telle importance dans la région que le Secrétaire général de l'OEA, M. César Gaviria, a réaffirmé qu'il ne fallait pas *lésiner sur les efforts jusqu'à ce que l'on ait éliminé du sol des Amériques le dernier explosif+.

L'Unité pour la démocratie de l'OEA et l'Organisation interaméricaine de défense se sont consacrées ensemble à résoudre ce problème en collaboration avec le Nicaragua, le Honduras, le Costa Rica (et bientôt le Guatemala), qui ont leur propres programmes et projets de déminage. L'objectif de cette collaboration a toujours été d'aider les pays d'Amérique centrale à développer leur capacité opérationnelle de déminage sur leur territoire.

Ce programme de coopération entre l'OEA et l'Organisation interaméricaine de défense en matière de déminage a débuté au Nicaragua en 1993 par un cours de mise à niveau technique à l'intention d'instructeurs, qui a été suivi d'un programme d'entraînement pour les sapeurs de l'armée nicaraguayenne. Ces effectifs ont procédé à des déminages jusqu'à la fin de l'année mais ont dû interrompre leurs travaux en raison du manque de crédits. (Le gouvernement nicaragayen et le Secrétariat général ont entrepris des démarches pour obtenir ce financement de la communauté internationale).

Ce projet bénéficie actuellement de la collaboration de pays membres tels que l'Argentine, le Brésil, la Colombie, le Chili, le Pérou, l'Uruguay, les Etats-Unis ainsi que d'autres pays dont l'Allemagne, l'Espagne, la France, la Hollande, le Japon et la Suède.

--- Le programme de déminage au Honduras a débuté en 1993 par une première phase de mise à niveau des instructeurs et superviseurs. Cette phase a été suivie d'une phase d'entraînement des sapeurs de l'armée nationale du Honduras.

--- En mars 1995, sur les instructions du Secrétaire général, le Programme de déminage a été intégré aux activités spéciales de l'Unité pour la promotion de la démocratie, comme l'indique le document intitulé *Une Nouvelle vision de l'OEA+.

--- En avril de cette année, a eu lieu une mission de l'UPD et de l'OID au Honduras qui était chargée d'évaluer l'état d'avancement du programme de formation des sapeurs de l'armée hondurienne.

--- Plus tard, au cours du même mois, le Coordinateur du Programme de déminage de l'UPD a assisté à la IXe Réunion de la Commission de sécurité d'Amérique centrale qui s'est tenue à Managua (Nicaragua). La Commission et les pays concernés par le problème des mines ont réitéré leur demande de collaboration à l'OEA, notamment pour qu'elle coordonne les efforts visant à réaliser une présentation régionale sur le problème du déminage et les besoins de financement, au siège de l'OEA, ainsi que pendant la Conférence internationale sur le déminage organisée par les Nations Unies à Genève en juillet 1995.

Pendant son séjour à Managua, le Coordinateur du Programme de déminage de l'UPD a également analysé avec les autorités de l'armée nicaraguayenne le projet de déminage de ce pays et ses besoins de financement.

--- En juin 1995, la XXVe Assemblée générale en Haïti, dans sa résolution sur le *Programme de déminage+ (AG/doc.3284/95), a relancé son appel aux Etats membres et observateurs de l'OEA, ainsi qu'à la communauté internationale pour qu'elle continue d'appuyer les travaux de déminage des Etats centraméricains qui en ont besoin.

--- L'UPD a organisé le 19 juin, à la demande des Etats membres, une réunion pour les bailleurs de fonds potentiels qui s'est tenue au siège de l'OEA, afin de les informer des progrès et des besoins de financement du Programme de déminage pour l'Amérique centrale, notamment des projets au Nicaragua, au Honduras et au Costa Rica. A cette occasion, les responsables ont également coordonné avec les représentants des pays d'Amérique centrale la présentation du Programme de déminage en Amérique centrale à la Conférence internationale sur le déminage organisée par les Nations Unies à Genève. Seuls les pays de la région ont participé à cette Conférence et y ont fait des exposés.

--- A la Conférence de Genève qui a eu lieu du 5 au 7 juillet avec la collaboration de l'OID et en coordination avec les représentants des pays centraméricains, la délégation de l'UPD et de l'OID a fait une présentation audio-visuelle sur le Programme de déminage en Amérique centrale au cours d'une séance spéciale organisée à cet effet. Des séminaires spécialisés ont eu lieu pendant la Conférence ainsi que des réunions individuelles avec les bailleurs de fonds potentiels (Allemagne, Espagne, Italie, Japon, Russie, Suède, Suisse, Commission européenne).

Il convient de souligner que le Dr. José B. Pallais, Vice-Ministre des Relations extérieures du Nicaragua qui représentait les pays d'Amérique centrale affectés par les mines, a exposé la situation et les besoins de l'Amérique centrale dans le domaine du déminage, pendant la séance spéciale puis pendant la plénière;

Quelque 20 millions de dollars d'offres de contributions au Fonds volontaire de déminage des Nations Unies ainsi qu'environ 60 millions en assistance technique, équipement, matériel et services ont été obtenus.

--- En raison de l'urgence et de l'importance de faire progresser rapidement les travaux de déminage, le Secrétaire général de l'OEA a envoyé le 20 juin une lettre au Secrétaire général des Nations Unies en lui demandant d'examiner le financement du Programme de déminage en Amérique latine dans le cadre du Fonds volontaire créé à cette fin.

--- Le Secrétaire général a également envoyé à la même date une lettre aux bailleurs de fonds potentiels (pour la plupart des pays observateurs) leur demandant leur collaboration pour le Programme de déminage en Amérique centrale.

--- Au début d'août, le Coordinateur du Programme et les responsables de l'OID se sont rendus sur le site du projet de déminage au Honduras afin de mettre au point les derniers détails organisationnels et logistiques du lancement des opérations de déminage proprement dites (Troisième phase).

--- A milieu du même mois, il a été convenu avec le gouvernement et les Forces armées du Honduras que la troisième phase commencerait dès le début de septembre et durerait six mois, étant donné les limitations budgétaires du projet.

Il convient de souligner que le projet du Honduras bénéficie du soutien et de l'appui, en termes de financement, de matériel et d'assistance technique, des gouvernements du Brésil, de la Colombie, des Etats-Unis ainsi que du gouvernement hondurien sans lesquels il ne pourrait exécuter la troisième phase de ce projet.

--- Au début du mois d'août également, à la demande du gouvernement du Nicaragua, le Coordinateur du Programme et des responsables de l'OID se sont rendus dans ce pays pour analyser avec ses autorités la requête de supervision du projet de déminage des environs de l'usine hydroélectrique d'Amérique centrale. Sans déminage on ne pourra mener à bien les études de factibilité pour l'expansion de la centrale. L'ENEL (Entreprise nicaraguayenne d'électricité) assumera les coûts de ce déminage réalisé par l'armée nicaraguayenne et supervisé par L'UPD/OID.

L'UPD attend un dernier courrier du gouvernement du Nicaragua pour organiser et envoyer la Mission de supervision requise.

--- Fin août, à la demande du gouvernement du Guatemala, a eu lieu une mission de l'UPD et de l'OID aux fins de mettre le Comité de déminage de ce pays au courant des projets de déminage au Honduras et au Nicaragua.

--- Le 28 septembre, au siège du IXe régiment d'infanterie du Honduras, à Jamastran, a eu lieu une cérémonie officielle publique pour marquer le début des opérations de déminage. Y assistaient le Président de la République, le Dr. Carlos Roberto Reina, la Représentante permanente du Honduras près l'OEA, l'Ambassadrice Marlene Villela de Talbot, le Vice-ministre des relations extérieures, le Dr. Roberto Arita et les plus hautes autorités militaires du pays, ainsi que des représentants du corps diplomatique en poste au Honduras. La Coordinatrice du Programme de déminage et le Directeur du bureau de l'OEA au Honduras représentaient l'OEA; le Directeur de l'état-major et le Chef du Comité de déminage représentaient l'OID. Les autorités civiles et militaires honduriennes ont remercié chaleureusement l'OEA de sa collaboration.

Le 26 octobre 1995

 

OEA/Ser.G
CP/doc.2664/95 add. 1
22 janvier 1996
Original: espagnol

 RAPPORT ADDITIONNEL DU SECRETARIAT GENERAL SUR LE
PROGRAMME DE DEMINAGE EN AMERIQUE CENTRALE

Les opérations de déminage au Honduras, qui ont commencé en octobre 1995 dans la zone frontalière qu'il partage avec le Nicaragua, se poursuivent sans problèmes majeurs et sans accidents graves. Ces opérations sont effectuées par un détachement de 120 soldats et officiels honduriens sous la supervision de 14 officiels brésiliens et colombiens.

En dépit des mauvaises conditions existant sur le terrain (densité de la végétation et climat), et de la monotonie, ainsi que de la délicatesse et des risques de cette tâche, et malgré le fait qu'il n'existe aucun plan ni aucune information précise sur la position des mines (étant donné qu'elles ont été posées par des forces irrégulières), ce qui rend encore plus difficile l'opération de déminage, les participants accomplissent leur mission avec discipline, bonne humeur et une attitude positive.

Les observations suivantes peuvent être formulées sur les opérations effectuées au Honduras: a) quelque 25 000 mètres carrés ont été nettoyés; b) plus de 3 000 engins ont été dégagés (qui ont dû être traités comme des mines lorsqu'ils ont été dépistés); c) 50 mines ont été désactivées.

Il est important de souligner que ces résultats ont ravivé la confiance des agriculteurs de cette zone, et l'on rapporte que quelque 100 familles préparent actuellement leurs terres pour les semailles.

Il convient aussi de mentionner que dans le cadre de ce programme, les forces armées honduriennes réalisent un vaste et important programme d'éducation préventive sur les dangers que posent les zones minées pour la population qui y vit.

Il est cependant nécessaire de mettre également en relief que le programme dispose de fonds limités et qu'en l'absence d'un financement additionnel, les opérations de déminage au Honduras prendraient fin en mars 1996.

Dans ce contexte, les pays centraméricains et le Secrétariat général de l'OEA ont entrepris des démarches, en collaboration avec l'Organisation interaméricaine de défense (OID), au moyen de lettres adressées à des donneurs potentiels ou de réunions avec eux, notamment avec le Programme de déminage du Sous-secrétariat aux questions humanitaires des Nations Unies, pour obtenir des fonds permettant de poursuivre le Programme de déminage au Honduras et au Nicaragua et pour commencer les travaux au Costa Rica et éventuellement au Guatemala.

En ce qui a trait au programme de coopération OEA/OID pour le déminage du Nicaragua qui a été suspendu en décembre 1993 pour des raisons financières, une mission UPD/OID s'est rendue sur place en août 1995 pour analyser la requête du gouvernement de ce pays concernant la supervision et la vérification des tâches de déminage de l'Usine hydroélectrique centraméricaine. La mission UPD/OID attend actuellement une lettre du Gouvernement nicaraguayen pour commencer les travaux de supervision et de vérification sollicités.

De même, une lettre du Gouvernement du Costa Rica confirmant l'autorisation d'une visite de coordination et de planification des travaux de déminage dans ce pays est encore en suspens.

Enfin, il convient de mentionner qu'un membre du Comité de déminage de l'OID s'est rendu au Guatemala, sur la demande de ce pays, pour mettre les autorités concernées au courant des expériences acquises par la mission OEA/OID au Nicaragua et au Honduras, et des pourparlers sont en cours en vue d'une demande officielle de collaboration.

Le 18 janvier 1996

 

 
 

 

 


Copyright © 2012 Tous droits réservés. Organisation des États Américains